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Château, Le Hac (Le Quiou)

Dossier IA00004857 réalisé en 1986

Fiche

La distribution du logis de Hac est caractéristique des résidences seigneuriales d’un rang supérieur qui adoptent en Bretagne au cours du 15e siècle le modèle royal français transmis par la cour des ducs. Toutes les pièces comportent des cheminées qui quoique simples témoignent d’une grande qualité d’exécution.Les éléments de modénature correspondent parfaitement avec la date livrée par la campagne de dendrochronologie qui situe la construction de l’édifice vers le milieu du 15e siècle ; sur la porte principale, les bases « en flacons », ici traitées avec une certaine raideur ancrées sans un glacis, les colonnes et les chapiteaux des cheminées ; les portes en accolades de l’escalier font probablement partie des premiers emplois d’une forme qui connaîtra un large succès en Bretagne pour durer jusque vers le milieu du siècle suivant., L’emplacement de la chapelle domestique diffère des dispositions du grand logis ducal de Suscinio, du château de la Roche-Jagu ou encore de Tonquédec où dans les deux cas, la chapelle ouvre sur la grande salle du premier étage. Au Hac, la situation de la chapelle domestique au dernier étage de la demeure est révélatrice du prestige attaché à l’étage de comble, auquel la charpente en fausse voûte conférait une solennité toute seigneuriale.

Parties constituantes non étudiées communs, chapelle, moulin
Dénominations château
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Quiou (Le)
Lieu-dit : le Hac
Cadastre : 1983 A4 582

La terre de Hac passe au début du 15e siècle des mains de la famille du même nom dans celle des Hingant par le mariage de Charles Hingant avec l´héritière de la seigneurie. Le grand logis actuel construit dans les années 1440-1448 pour Jean Hingant, chambellan et familier du duc de Bretagne, a peut-être remployé dans sa partie est les fondations d´une ancienne « maison-tour » du 14e siècle. D´importants travaux au début du 17e siècle ont concerné le changement de la plupart des poutres des étages. Après être passé par héritage dans la maison de Rieux, le château fut vendu en 1686 à la famille de Lopriac, date à laquelle la charpente du toit principal fut presque entièrement refaite et les fenêtres du premier étage agrandies. Le château est vendu en 1770 à Yves Reslou de la Tisonnais, avocat à la cour, conseiller du roi et procureur de la sénéchaussée de Dinan, également acquéreur du château du Lattay en Guenroc. L´édifice semble avoir été transformé en métairie à cette date. Des photographies de la fin du 19e siècle montrent un logis comme fossilisé dont les étages sont transformés en greniers et les grandes fenêtres obturées ou réduites . L´édifice, inscrit à l´Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926, est sauvé de la ruine par une importante restauration entreprise entre 1927 et 1936 par la famille Paillard. Des jardins de style médiéval sont créés au nord du logis entre 1980 et 1990.

Période(s) Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 16e siècle

Le manoir du Hac est un édifice presque entièrement bâti en calcaire des Faluns, à l´exception des baies taillées dans le granite de Languédias. Ce grand logis à trois pièces dont le plan est repris de manière quasi identique sur trois niveaux est distribué par un large escalier en vis situé dans la principale de ses cinq tours, au milieu de la façade sud. Le logis est articulé en deux parties, l´une à l´est de plan carré et formant saillie vers le sud qui pourrait être le vestige d´un édifice antérieur, l´autre deux fois plus longue à l´ouest. Quoi qu´il en soit l´ensemble actuel constitue un tout homogène et présente à chacun des trois niveaux d´habitation l´association d´une grande salle, suivie d´une suite de chambres, c´est-à-dire d´une chambre de parement ou salle privée, puis d´une chambre de retrait, accompagnée de garde-robes et de latrines situées dans la tour sud-est. Le plan dans son état actuel, ne comporte pas de cuisine mais il est très probable que cette dernière aujourd´hui disparue se trouvait dans un corps en appentis situé derrière la grande salle. Dans le mur nord une porte dont l´arrière-voussure est aujourd´hui visible de l´extérieur, ainsi qu´une ligne de corbelets de pierre destinés à supporter une sablière de charpente, semble confirmer cette hypothèse. Sur les cinq tours, celles du nord-ouest et celle du sud-est abritent des latrines affectées respectivement aux salles du premier et du second étage ainsi qu´au blocs de chambres. La tour située au milieu de la façade arrière, au droit du refend séparant les grandes salles des chambres, abrite au troisième et dernier niveau une chapelle domestique qui ouvre sur la salle supérieure. L´agrandissement des fenêtres de l´étage au 17e siècle n´a guère altéré la pureté de l´architecture d´origine. Celles du rez-de-chaussée, ainsi que l´ancienne unique porte d´accès ont conservé leur aspect d´origine à forte mouluration. Les lucarnes ont conservé leur aspect initial à hauts pignons flanqués de pinacles. Le rez-de-chaussée La salle basse est directement accessible par une large porte en arc brisé d´origine. Le seuil de cette porte, en granite, est solidaire des bases des piédroits et présente un glacis prononcé destiné à rejeter les eaux de ruissellement. L´ébrasement intérieur droit plus profond que celui de gauche correspond à l´avancée du massif de l´escalier, particularité qui se retrouve aux étages supérieurs. Cette salle est chauffée par une unique et très vaste cheminée. Dans le mur nord, l´arrière-voussure d´une porte d´origine indique que cette dernière devait ouvrir sur une pièce aujourd´hui disparue. Le cellier comporte deux accès, révélateurs de l´usage des pièces : l´un dans le mur de refend depuis la salle basse, l´autre depuis le départ de l´escalier, qui le met en relation directe avec l´étage. L´accès à la première suite de chambre située au dessus du cellier se fait également par l´escalier. Dans l´épaisseur du mur de refend, du côté de la première chambre, un regard ou judas de surveillance accompagné d´un coussiège permettait d´observer l´activité et le passage dans la grande salle le plus souvent ouverte. La chambre de parement communique avec la chambre privée par une porte étroite en arc brisé dont les proportions ont été modifiées. Des latrines sont situées dans la tour d´angle sud-est. Le premier étage La salle du premier étage comportait initialement deux cheminées : l´une qui subsiste dans le pignon ouest, l´autre située dans la partie est du mur gouttereau nord a été remplacée par une fenêtre au 17e siècle, date à laquelle les autres fenêtres de la pièce ont été également refaites plus hautes que celles d´origine mais avec des ébrasements moins ouverts. Le second étage Selon une mode qui se répand au cours du 15e siècle dans les résidences seigneuriales de quelque importance, le dernier étage est un étage de comble en surcroît largement éclairé par de grandes lucarnes passantes. Cette salle a conservé ses deux cheminées d´origine, l´une dans le pignon ouest, l´autre dans le mur gouttereau nord. Une chapelle domestique ouvre sur la salle haute au sommet de la tour médiane postérieure et son autel est légèrement désaxé pour augmenter la visibilité depuis la salle lors de la célébration des offices. Un hagioscope permettait également de suivre l´office depuis la chambre seigneuriale voisine.

Murs falun
granite
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble, sous-sol
Couvertures toit à longs pans
toit polygonal
pignon découvert
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour
Typologies tour d'escalier antérieure, cour fermée, trois pièces par étage
États conservations restauré
Techniques vitrail
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1993/09/09

Annexes

  • 20102211539NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    19802204644ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    19802204641ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    19802203086ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    19802203088ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor

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