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Château, Le Bois Guy (Parigné)

Dossier IA35130993 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations château
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Parigné
Lieu-dit : Le Bois Guy

Les traces les plus anciennes concernant Le Bois-Guy remontent à 1531. La seigneurie possède alors, outre le domaine et le moulin, onze métairies. Elle dispose du droit de basse justice et relève de la baronnie de Fougères.

Au 17e siècle, est édifié un grand château sur deux niveaux, flanqué aux extrémités de deux tours circulaires, il s’agit d’une fort belle construction de style Louis XIV, insérée entre une chapelle plus ancienne et une tour puissante, reste d’un édifice antérieur, sans doute du 15ème ou 16ème siècle qui fit place au château actuel. L'ancien manoir est aménagé en ferme.

Le général Aimé de Bois-Guy, propriétaire, s'est illustré dans la chouannerie du pays de Fougères.

La seigneurie du Boisguy avait autrefois une certaine importante, ses mouvances s’étendaient sur treize paroisses, couvrant une superficie de 2.915 journaux de terre, soit environ 1.500 hectares. Malgré cette importance, le Boisguy n’était pas la terre seigneuriale de la paroisse de Parigné ; cette qualité seigneuriale était dévolue à la vieille seigneurie des Acres qui pouvait exercer un droit de haute justice au bourg de Parigné et qui fut unie, au 17ème siècle, à la terre de Saint-Brice. Les seigneurs du Boisguy possédaient des droits dans l'église de Parigné, notamment ceux de bancs et d’enfeu. D'ailleurs, on voit encore dans l’église de Parigné une pierre tombale appartenant à René de Gaulay, seigneur du Boisguy, inhumé dans l’église en 1561, comme en témoigne le texte qui y est gravé : « Cy-gist noble et puissant seigneur René de Gaulay, seigneur du Boisguy 1561 ».

Au milieu du 15ème siècle, le Boisguy appartenait aux Pichot. Il passa ensuite par alliance dans la famille de Gaulay, seigneur de Bois-Lebon. Cette famille était en possession du Bois-Guy dès 1513, elle en resta propriétaire jusqu’au début du 18ème siècle.

Ce fut en effet en 1703 que l’héritier bénéficiaire des de Gaulay, M. Martin, seigneur de Bouillon, vendit pour 22.000 livres, la seigneurie du Boisguy à M. Picquet, seigneur de Melesse et greffier en chef des États de Bretagne. Il en prit le nom comme cela était souvent l’usage et ce fut ainsi que fut créée la branche des Picquet du Boisguy. Après la Révolution, ruinée par les guerres de la Chouannerie, Madame du Boisguy vendit ses biens (la Bécannière en 1803 et le Boisguy en 1804) et s’en alla rejoindre son fils à Paris. Le Boisguy fut alors acquis par un certain Dubuat dont la fille épousa, en 1830, Henri-Charles d’Estanger qui fut maire de Parigné. Les d’Estanger vendirent le Boisguy à Maître Chevreult, notaire à Fougères.

Le château du Boisguy a bien failli disparaître par suite de son abandon. Le château, posé dans un cadre grandiose avec une grande cour d’honneur, des douves - encore en partie visibles - et une ceinture de bois de haute futaie et d’étangs, occupait alors 108 hectares.

La chapelle qui semble remonter au 15ème siècle, conserve un beau petit retable du 18ème siècle.

Le château était la résidence de campagne de la famille d’Aimé Picquet du Boisguy (1726-1839). Aimé Picquet du Boisguy a treize ans quand la Révolution s’enflamme. D’après son beau-frère le colonel de Pontbriand, il a partagé très tôt l’idéal de La Rouërie, ami de la famille, chef de la Conjuration bretonne ; lors de la révolte de la Saint-Joseph qui éclate le 19 mars 1793 à Landéan ,il prend la tête de l’insurrection chouanne : il a alors quinze ans. Il dirige en redoutable tacticien une longue guerre d’embuscades dans les pays de Fougères et Vitré. En 1796, le comte de Puisaye qui tente de fédérer la Chouannerie le nomme général de l’armée de Rennes et Fougères. Longtemps irréductible, il ne cesse les hostilités qu'en 1800 mais il refuse de pactiser avec le Premier Consul qui lui offre d’entrer dans l’armée impériale. Avec le retour de Louis XVIII en 1815, il reprend un commandement militaire à Mézières dans les Ardennes et à Reims pendant la période du sacre de Charles X mais, par fidélité aux Bourbons, il refuse de reconnaître la Monarchie de Juillet en 1830.

Période(s) Principale : 17e siècle
Secondaire : 15e siècle

Un dessin de F. Poulain, publié dans l’ouvrage de Paul Banéat montre un aspect très intéressant du château dans sa partie qui n’existe plus. On distingue une petite galerie construite entre la tour qui n’a pas été reconstruite et le pignon de la partie du logis principal non reconstruit non plus qui jouxtait la vieille tour.

Flanqué de deux grosses tourelles d’angle surmontées de corniches sur modillons et toit en dôme, le corps de logis, aujourd’hui en partie reconstruit, présente des fenêtres à lancis et à crochets surmontés d’un toit à la Mansard, percé de belles gerbières à frontons alternativement triangulaires et arrondis. Une autre tour s'élève derrière le château.

Il manque une partie de l’étage du pavillon central et la tour qui faisait le pendant à celle restaurée et qui était écroulée. Ainsi les 1er et 2ème étages ont fait place à une terrasse entourée d’une balustrade de pierre et la tour de droite ne conserve plus que sa base.

La chapelle du Bois-Guy est accolée à la tour du château, la seule encore en place. Les boiseries originelles du chœur, datant du 17e siècle, ont été retrouvées et remises en place.

La cour est fermée sur un côté par les anciens communs, de la même époque que le château ; ils ont conservé leur toit à la Mansard, les fenêtres surmontées d’oculus ou de triangles, et des gerbières ouvragées. Les dépendances du château sont constituées d'un seul corps de bâtiment, encadré aux extrémités par deux pavillons rectangulaires en avancée. L'ordonnance régulière de la façade est caractéristique de l'esprit classique au goût du jour à la fin du 17e siècle.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise

Annexes

  • Archives municipales de la ville de Fougères – CC1.

    Un document fort intéressant est conservé aux Archives municipales de Fougères : le relevé des déclarations faites par les propriétaires de terres en la baronnie de Fougères, dans lequel ont été transcrits les aveux des seigneurs locaux avec cet avantage de faire connaître par le menu les rentes féodales qui étaient dues. Pour ce qui concerne la paroisse de Parigné, nous retrouvons dans ce document les déclarations des possesseurs du Boisguy et bien d’autres encore.

    « Déclaration du 6e Janvier 1680 fournie par Messire Georges de Gaullay, seigneur du Boisguy, propriétaire, mari et procureur de dame Guyonne Becdelièvre, son épouse, propriétaire, de ladite terre et seigneurie du Boisguy, consistant en :

    « Le château et domaine noble du Boisguy composé de salles basses et hautes, offices, caves, celliers, chambres, grenier, premier, second et trois(ièmes)(étages), cour, écuries, étables, tours et tourelles, chapelle, maison de retenue, pressoir, jardins, grandes douves, fossés et murailles, deux métairies, granges, étables, cours, hébrégement, jardins, vergers, bois de haute futaie, taillis, garennes, prairies, étangs, retenues d’eau, et autres dépendances, contenant le tout ensemble par grand six vingt journaux (120 journaux) de

    terre.>>

  • « Fougères, les environs » - 1861 - page 122.

    L’historien François Depasse écrit en 1861[1] :

    « Tel qu’il subsiste, le château Louis XIV est encore à visiter. L’extérieur donne l’idée d’une habitation prévue pour la défense, car les deux tours à mâchicoulis qui flanquent le

    bâtiment principal ne sont certes pas de simples objets de décoration. L’intérieur dénote en revanche un souci complet du luxe et du confortable. Pièces vastes, bien éclairées, parquets soignés, plafonds décorés, boiseries de chêne sculptées avec art, le logis n’est point banal. Si l’on remarque une chapelle, on y trouve aussi une salle de théâtre. Les dépendances sont à l’avenant. Ce château dépend aujourd’hui d’une ferme importante ; il n’est plus habité depuis longtemps ».

Références documentaires

Documents figurés
  • Fonds Lagrée - Carte postale ancienne - Collection G. B. : 215 - Parigné - Château du Bois-Guy (côté Sud).

  • Environs de Fougères - Le château de Bois Guy en Parigné. Carte postale collection particulière Yves Grassien.

  • Carte postale. Châteaux de Bretagne (Collection E. Hamonit). 1504. Le Bois Guy en Parigné (Environs de Fougères). Collection particulière Yves Grassien

  • Carte postale. Collection particulière Yves Grassien

  • Fonds Lagrée - Carte postale ancienne - Collection G. B. : 214 - Parigné - Château du Bois-Guy (côté Nord).

  • 164. Pays de Fougères. Parigné Château du Bois Gui (côté nord) - Carte postale collection particulière Yves Grassien

  • Parigné - château du Bois Guy : plan du rez-de-chaussée. Dessin.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Parigné - château de Bois Guy : plan du premier étage. Dessin.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • ORAIN, Adolphe. Géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine. Rennes : imp. A. Le Roy, 1882.