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Château, Lannouan (Landévant)

Dossier IA56007580 réalisé en 2010

Fiche

Sur le plan cadastral de 1837, le château apparaît dans un environnement très structuré par des allées droites, dont l'une, nommée le mail, conduit directement au bourg, parallèllement à l'ancienne route de Baud, (aujourd'hui D33) avant la création de la D24.

Au nord, une large avenue coupée par l'avenue de Talvern délimitée au sud par le mur d'enclos du château, s'élargissait après l'entrée jusqu'à la seconde avenue de Talvern, se termine par un espace en hémicycle dans la perpspective du grand corps de logis neuf. La cour fermée carrée était limitée par un mur à l'est, incluant un petit bâtiment carré, peut-être la chapelle. Au sud, le grand logis avec pavillons en retour, à l'est un grand corps de logis qui pouvait être l'ancien manoir. A l'ouest de ce dernier, la ferme ou des communs se développaient également sur une cour carré enclose. L'orangerie (parcelle 623) construite à l'ouest du logis fait partie d'un petit jardin : un mur de clôture pouvait la relier au pavillon du grand logis. De grandes allées limitaient l'espace à l'est et à l'ouest, délimitant un jardin ('le grand jardin') puis un bois de futaie. On remarque encore au sud une allée oblique, une fontaine et un lavoir qui alimentait un ancien étang, nommé herbier en 1837, peut-être un ancien vivier.

Le corps de logis principal peut remonter à la 2e moitié du 18e siècle. Cependant, il est aujourd'hui difficile de restituer son état d'origine : en effet, le plan de 1837 met en évidence l'irrégularité de la façade nord, les pavillons latéraux de taille différente positionnés de manière non symétriques par rapport à l'axe de la composition ; celui de l'est, plus long, était adossé au mur de la cour. L'avant-corps polygonal au sud couronné d'un campanile sans doute érigé au 19e siècle, avec sa travée centrale identifiée par un petit fronton, semble la seule partie qui n'a pas été modifée depuis 1837. Elle était encadrée probablement par trois travées.

Les travaux de la 2e moitié ou du milieu du 19e siècle ont consisté en une régularisation de l'édifice : les avant-corps latérauxs sont sans doute reconstruits (ou au moins celui de l'est) et complétés de nouveaux pavillons. La façade sud comprend alors treize travées, l'avant-corps polygonal au centre non modifié structuré de pilastres, fronton, bandeaux et base en pierre de taille. L'impression de longueur de la façade est accentuée par un soulignement horizontal de bandeaux et base en granite et corniche en calcaire.

La façade nord est plus structurée, par les ressauts des pavillons latéraux et au centre de l'élévation par les trois travées médianes bordées de pilastres colossaux et couronnées d'un fronton triangulaire avec oculus qui pouvait arborer les armes des Perrien.

On remarquera que les lucarnes sont en bois, sauf pour 5 d'entre elles, en calcaire : sur l'élévation sud, les deux lucarnes à fronton curviligne et volutes sont du 18e siècle ; elles sont identiques à celles arborées façade nord des pavillons latéraux, sans doute remployées du premier édifice à cet endroit. La 5e est d'un type très différent, à ouverture en plein cintre de type néo-classique et se trouve au centre de l'élévation est du pavillon est. Elle devait avoir un pendant identique à l'ouest. Le fait qu'elle soit peu visible peut justifier qu'elle soit d'un modèle différent.

L'ordonnancement était cependant rompu par un gros pavillon carré de cinq travées sur chaque côté, en retrait de la façade au sud, côté ouest. Ce pavillon en partie détruit (étage) en 1944 est aujourd'hui englobé dans de nouvelles construction basses, comprenant les garages et la piscine.

La cour a disparu, la plupart des murs et des avenues également au profit d'un vaste parc. Sur "l'avenue de la grande prairie" sont construits à la fin du 19e siècle des communs, écuries, remises et combles pour le fourrage. Enduite, leur façade est côté château est structurée par deux avant-corps latéraux, chaque travée limitée par des pilastres en granite gris à bossages. Si les ouvertures du rez-de-chaussée reprennent la forme en arc segmentaire et matériaux de celles du château, il n'en est pas de même des portes du hautes du comble, en brique, qui indique une date après 1860. Les deux élévations est et ouest sont sensiblement identiques, à l'exception des ouvertures de remises réservées à la façade est.

L'élévation ouest des communs donne sur la cour de la ferme, dont l'accès est limité par un grille portée par deux piliers en granite. Devant ces communs, un puits en pierre de taille leur est sans doute contemporain.

La ferme édifiée sur une parcelle triangulaire occupée par une fûtaie en 1837, a été reconstruite sans doute au milieu du 19e siècle lors de la transformation du château. Elle consiste en un grand corps à étage, dont le logis à l'est comprend trois travées, tandis que les dépendances en alignement à double grenier ont une élévation irrégulière. Certaines ouvertures sont agrandies ou crées au 20e siècle dans l'étable. Les trois fenêtres de grenier sont traitées comme les fenêtres du logis.

Un chenil est construit à la fin du 19e siècle à l'entrée de la ferme à l'ouest ; il consiste en un petit bâtiment carré enduit couvert en bâtière.

En dépit de l'épisode révolutionnaire, l'état de fortune de la famille de Perrien semble s'être amélioré au cours du 19e siècle. C'est ce qui a permis que les nombreuses modifications intervenues au milieu du 19e siècle dans la composition du château transforment un premier édifice dont les caractériques architecturales portent la marque du 18e siècle (ouvertures en arc segmentaire, forte structuration des façades par pilastres et bandeaux, travées centrales regroupées sous un fronton), en un grand château de type classique avec un environnement très différent de celui du 18e siècle. A l'orangerie du 18e siècle sont ajoutés de remarquables communs, la ferme isolée dans sa propre cour, ainsi que le chenil. On ignore malheureusement les architectes ayant dessiné tant le bâtiment d'origine que ses modifications.

L'allée bordée de talus reliant le château au bourg indique le fort lien de l'édifice avec sa commune : les Perrien ont donné plusieurs maires de Landévant au 19e siècle et ont eu une forte influence sur son développement : mairie, école, traverse du bourg.

Parties constituantes non étudiées allée, parc, communs, puits, écurie, ferme, orangerie, chenil, portail, fossé
Dénominations château
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Pluvigner
Adresse Commune : Landévant
Lieu-dit : Lannouan
Cadastre : 1837 E3 624, 623, 623bis, 625, 608, 605, 606, 622 ; 2010 E 474, 448, 449, 446, 447, 468, 469, 470, 471, 475

La métairie de Lannouan est signalée exempte dans l'enquête sur les exempts du fouage de 1448. Hervé de Lannouan, seigneur du lieu paraît à la montre de 1464 : avec cent livres de rente, c'est la seconde seigneurie ou sieurie de la paroisse après le Val. Cette terre passa ensuite aux du Garo de Kermeno par alliance au début du 16e siècle. Cependant d'après P. Robino, les du Garo sont liés aux Lannoan, dès le 14e siècle par transaction et alliances. La terre est acquise en 1702 par Jérôme de Perrien, originaire du diocèse de Tréguier et époux de Jeanne Eudo de Kerohel ; il n'est pas certain que cette date marque le début de la reconstruction du château, car peu de temps s'écoule entre l'acquisition et la mort de Jérôme de Perrien ; de plus, le plan cadastral de 1837 montre un grand corps de logis orienté au sud-ouest nord-est relié au château actuel par le pavillon sud-ouest qui n'existe plus et qui pourrait être l'ancien manoir. Lors de l'inventaire après décès de Jérôme de Perrien en 1705, le château est décrit avec salon, cuisine, chambre haute et quatre autres chambres, complété d'écuries et de greniers. Au milieu du 18e siècle, Charles de Perrien épouse Bonne de Kerboudel de la Courpéan, seule héritière de ses parents : peut-on supposer que l'argent de l'héritage a servi à construire le château ? A la Révolution, le château reste dans la famille de Perrien et le plan cadastral de 1837 fait apparaître une physionomie assez différente d'aujourd"hui : si le corps principal avec son avancée centrale et les pavillons sont bien en place, ces derniers ont été complétés par de nouveaux pavillons en avancée vers le nord après 1840 et d'un nouveau corps en retrait sur la façade sud côté ouest ; c'est sans doute à cette époque que le grand corps en retour est détruit : il s'agit sans doute d'une refonte complète du château avec création d'un parc à l'anglaise qui fait disparaître les jardins et la cour enclos, de même qu'un petit bâtiment carré à l'entrée de la cour (plan cadastral) qui pourrait être la chapelle, ainsi que la ferme ou communs à l'ouest. Cette campagne comprend peut-être aussi la construction de communs édifiés en retrait, tandis qu'une nouvelle ferme est construite à l'ouest derrière ces communs sur une parcelle de bois de fûtaie cernée d'allées sur le cadastre ancien. Le château a subi de grands dégâts durant la seconde Guerre mondiale : incendié, il ne reste plus que deux cheminées du 18e siècle ; le grand corps construit à l'ouest dans la 2e moitié du 19e siècle est détruit, remplacé par un garage et un corps bas en avancée au sud. La plupart des décors repris au 19e siècle ont disparu. La chapelle signalée par Le Méné a disparu peut-être au même moment. L'orangerie qui remonte au 18e siècle est détruite pendant la guerre puis remontée partiellement et agrandie dans la 2e moitié du 20e siècle. La ferme est construite au milieu du 19e siècle sur l'emplacement d'une parcelle de bois de futaie cernée d'allées sur le plan cadastral ancien.

Période(s) Principale : 15e siècle , (détruit)
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Corps de logis principal enduit à un étage carré sur sous-sol. Elévation nord principale avec pavillons en retour, travées centrales réunies sous un fronton triangulaire. Elévation sud à treize travées avec avant-corps central polygonal. Couverture en ardoise avec noue et croupe. Sur les deux élévations, les travées centrales sont ponctuées au niveau de la toiture par des amortissements en forme de balustres. Les lucarnes sont différentes : la plupart sont en bois à fronton cintré à l'est, mais cinq d'entre elles sur les pavillons et sur l'avant-corps sont en calcaire. Communs enduits à avant-corps latéraux sur l'élévation est couverts d'une demi-croupe et noue pour l'articulation avec la toiture principale. Les ouvertures sont en granite gris et en brique (comble), le soubassement en pierre de taille de granite gris. Un bandeau de brique sépare les deux niveaux. La ferme est en moellon enduit à un étage ou double grenier selon que l'on soit dans le logis à l'est ou la dépendance à l'est. Un grand portail à grilles en fer forgé donne accès au château : il est situé latéralement et on y accède par l'ancienne avenue de Talvern, interrompue. Il coupe un fossé creusé le long du mur d'enclos.

Murs granite
enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
croupe
noue
croupe polygonale
demi-croupe
ruellée
Escaliers
Techniques sculpture
Représentations volute balustre quadrilobe
Précision représentations

Lucarnes à ailes sur les deux façades nord des pavillons latéraux et sur les pans obliques du corps polygonal sur l'élévation sud. Lucarne de type néoclassique au centre de l'élévation est du pavillon est. Amortissements en forme de balustres au niveau des frontons, élévations nord et sud. Battants en bois des portes de remises ornés de quadrilobes.

Dans un environnement très préservé, le château de Lannouan montre comment à partir d'un petit édifice du 18e siècle contraint dans son développement par une ancienne construction, on aboutit au 19e siècle à un grand château, les augmentations réutilisant la même modénature dans les ouvertures, sauf pour les lucarnes des corps latéraux, d'inspiration très néo-classiques.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • AD Morbihan, 3P1586. Landévant, cadastre ancien.1844-1912. Matrices cadastrales des propriétés foncières bâties et non bâties.

    Lannouan

    Numéros de parcelles du cadastre ancien, nom et identification

    624 Lannouan : sol, bâtiment, cour, déport

    625 jardin du colombier : jardin

    622 le grand jardin : jardin

    620, 621 le bois : Bois futaie (620 : 7ha, 621 : 1,5 ha)

    607 verger : courtil

    609 les trois cornes : bois fûtaie

    623 Lannouan : bâtiment

    623bis le petit jardin : jardin

    608 avenue de Talvern : avenue

    610 avenue de la Grande Prairie : avenue

    604 avenue de Talvern : avenue

    605, 606 avant-cour : bois futaie

    603 avenue du château : avenue

    612 le semis d´arbres verts : bois futaie (fontaine et lavoir ? non mentionnés)

    613 ancien étang : herbier

    596 avenue du Bout Moustoir : avenue

    617 le défrichement : terre

    618 le défrichement : lande

    582, 583, 584 l´ancien défrichement : 2,5 ha dont 0,5 ha de pâture, 0,5ha de lande et 1,5 ha de terre

    Les grande et petite fermes de Talvern appartiennent aux Perrien, dont, pour la petite ferme, 1ha1/2 de futaie

    G26 : bois de pins

    G190 le mail : avenue.

  • 20095606074NUCB : Archives communales de Landévant

    20095606162NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques, base Mémoire, Sap10_67l01916_p.jpeg.

    20095606160NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques, base Mémoire, Sap10_67l01915_p.jpeg.

    20095606161NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques, base Mémoire, Sap10_67l01917_p.jpeg.

    20105601664Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 097_56_69_bande_09/3A. Landévant.Talvern.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Landévant. Plans cadastraux, 1837.

  • A. D. Morbihan. Série 3P. Cadastre. Landévant. 3P 1586. 1844-1912. Matrices cadastrales des propriétés foncières bâties et non bâties.

  • A. D. Morbihan. Fonds Galles. 2J 1-6 : Dictionnaire des terres nobles du diocèse de Vannes.

Documents figurés
  • Ministère de la Culture. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Archives photographiques. Clichés pris entre 1900 et 1920 par Gustave William Lemaire : sap10_67l01915_p.jpeg, sap10_67l01916_p, sap10_67l01917_p.jpeg.

Bibliographie
  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne, Yves Floch, 1991.

    p. 106
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 274-277
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 392
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 829
Périodiques
  • ROBINO, Pierre. Landévant et Landaul. Société d´Histoire et d´archéologie du pays de Lorient. Bulletin n°37. 2008-2009.

    107-108