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Château du Brossais (Saint-Gravé)

Dossier IA00008769 réalisé en 1979

Fiche

  • Logis, vue générale sud-est
    Logis, vue générale sud-est
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • parc
    • communs
    • jardin potager
    • colombier
    • enclos
    • vivier
    • puits
    • portail
    • orangerie
    • étang
    • écurie
    • ferme

SYNTHESE

Quoique composite, l’édifice reprend le plan en équerre des grands manoirs bretons médiévaux, l’accent étant mis sur la tour d’angle dont le décor gothique flamboyant et une partie des pierres sont remployées du premier manoir. L’insertion de nombreux blasons qui participent de cette imagerie médiévale assoie la légitimité de ces familles.

Sous une apparence de régularité, le château du Brossais, la plus importante seigneurie de Saint-Gravé, révèle une structure complexe qui résulte des nombreuses campagnes de travaux qui ont accompagné son développement, la plus remarquable étant l’aile sud, basse, composée de salons en enfilade. Les traces de son évolution, de grand manoir médiéval au château historiciste du 19e siècle en passant par le classique plan du château 17e siècle à cour close limitée par un pavillon et sans doute la chapelle sont encore perceptibles.

Le château se développe dans un vaste domaine enclos de murs qui au nord de l’édifice forme un parc parcouru d’allées et qui abrite à l’ouest un vivier dont le fond est dallé. L’entrée à l’est est marquée par deux piliers en calcaire arborant deux blasons surmontés d’une couronne aujourd’hui peu lisibles, sans doute Chassonville et Cornulier ce qui les dateraient de la fin du 18e siècle. Cette entrée jouxte la ferme du château.

L’allée qui allait autrefois de la ferme à la pièce d’eau dénommée « étang du petit parc » sur le plan cadastral du 19e siècle a disparu au profit d’un chemin plus au sud. Il mène à l’entrée de la cour par le sud ; celle-ci était fermée, sans doute depuis le 17e siècle ou 18e siècle et jusque dans la 2e moitié du 19e siècle par une clôture avec grille avec entrée limitée par des piliers, probablement contemporains de ceux fermant le domaine à l’est. L’édifice est encadré par les communs à l’ouest, le jardin enclos à l’est au nord de la pièce d’eau.

Le château présente un plan en équerre dont les différents volumes sont bien individualisés au niveau des toitures et qui représente les diverses étapes de la construction : en émergent dans l’angle, la tour reconstruite au 19e siècle et à l’est le pavillon, également de la 2e moitié du 19e siècle. L’édifice se compose d’un corps central à un étage carré orienté au sud, accosté d’un pavillon à deux étages du 19e siècle à l’est, et prolongé vers l’ouest d’un corps du 17e siècle identifié par son toit à croupes, fortement masqué par l’aile de retour sans étage construite à la fin du 18e siècle se prolongeant vers le sud par les écuries.

Le corps central est enduit à rez-de-chaussée relativement bas, étage carré et étage en surcroît. Simple en profondeur, il est éclairé au nord et au sud. Les ouvertures de granite en arc segmentaire sont disposées en travées ordonnancées au sud ; au nord, les ouvertures sont plus simples, à linteau de bois échancré et seules deux lucarnes de bois à croupe débordante soulignent les travées externes. Le calcaire n’est employé qu’au niveau de la corniche au sud.

L’accent est mis sur la tour qui prolonge le corps central : elle est construite en pierre de taille remployée d’une tour du manoir médiéval disparu, même si la plupart des ouvertures et fleurons datent de sa reconstruction en 1854, à l’exception peut-être de la lucarne. Deux blasons avec les armes de Chassonville / La Boissière et la Boissière / Audren de Kerdrel sont insérés sur les pans obliques de la tour ; bien qu’elle ait l’apparence d’une tour d’escalier, cette dernière ne sert que d’entrée au château, l’escalier étant rejeté à l’arrière-plan et construit dans la 2e moitié 19e siècle (sans doute en même temps que la tour) dans une "dent creuse" figurant sur le plan cadastral de 1825, entre le corps central et le pavillon 17e siècle : la reprise est bien visible sur l’élévation nord.

Du pavillon nord-ouest, seule une travée est visible en façade aux ouvertures refaites en arc segmentaire comme les autres ouvertures ; cependant, les autres élévations montrent un traitement très différent en accord avec une datation du milieu ou de la 2e moitié du 17e siècle ; le rez-de-chaussée faiblement éclairé a un usage de cellier est surmonté d’un haut étage éclairé de fenêtres en pignon et au nord et coiffé d’un toit à croupes. Deux souches de cheminées, l’une sur le gouttereau nord, la seconde au pignon est montre l’emplacement des pièces à feu.

L’aile de retour se compose principalement de salons de réception en enfilade : si, comme le corps principal, elle est enduite avec ouvertures de même forme, elle ne possède pas d’étage carré. Les fenêtres sont disposées irrégulièrement, plus rapprochées au nord qu’au sud de la porte. La porte est surmontée d’un fronton semi-circulaire orné de deux blasons, Chassonville et Le Cornulier, tenus par des lions et surmontés d’une couronne comtale, ce qui date la construction de cette aile du mariage de Daniel de Chassonville et Jeanne de Cornulier en 1788 : ce mariage prestigieux incita dit-on le beau-père Le Cornulier, président à mortier du Parlement, à faire bâtir cette nouvelle aile pour sa fille. La partie nord est doublée d’un appentis ouvert de grandes fenêtres à usage de cellier ou office. L’aile se prolonge par les écuries : l’unité écurie-partie habitée est soulignée par un traitement identique des fenêtres et lucarnes, donnant l'illusion d'un très grand corps de logis. Le pignon sud s’ouvre d’une grande porte charretière qui accède à l’espace des écuries, divisé par des colonnes de bois et des stalles également en bois.

A l’est, le corps principal est augmenté dans la 2e moitié du 19e siècle d’un grand pavillon homogène à structure complexe : double en profondeur, il se compose de deux parties en ressaut sur le corps principal ; sur cour, il présente deux étages carrés avec une couverture polygonale sur plan carré, à l’arrière un seul étage ouvert d’une croupe. Une tour en oriel couverte d’un toit conique réunit les deux parties ; seules les façades sud et est sont enduites, la façade nord étant en moellon comme le reste du bâtiment. Les élévations à travées sont ouvertes de baies en arc segmentaire en granite, au contraire des ouvertures des élévations sur cour, en calcaire (à l’exception de celles de la tour).

Les dépendances ou communs se développent autour d’une cour secondaire à l’ouest du logis. Ils se composent d’un alignement à l’ouest et d’un bâtiment au sud. Dans l’alignement, chaque extrémité est occupée par un logis à étage à pièce unique surmonté d’un comble habitable encadrant des dépendances plus basses à comble à surcroît. Une reprise bien visible entre la dernière étable (?) et le logis nord montre que ce dernier a été rajouté pour créer cette symétrie. Les ouvertures sont en granite, sauf pour les portes des étables à linteau de bois.

La dépendance au sud a un étage carré ; sa façade principale à trois travées est orientée au nord. Elle comporte au rez-de-chaussée une cheminée de four dont le cul de four saille sur la façade sud peu éclairée (C. Toscer).

Parties constituantes non étudiées parc, communs, jardin potager, colombier, enclos, vivier, puits, portail, orangerie, étang, écurie, ferme
Dénominations château
Aire d'étude et canton Bretagne - Rochefort-en-Terre
Adresse Commune : Saint-Gravé
Lieu-dit : le Brossais
Cadastre : 1936 C2 239

Siège d'un fief important depuis le 14e siècle, la propriété est vendue comme bien national à la Révolution, puis rachetée par ses anciens possesseurs à la Restauration, qui s'attachent, au cours du siècle, à reconstituer le domaine et à transformer le château. Celui-ci est restauré et agrandi : la tour d'escalier, dans l'angle, est reconstruite en 1854 et un pavillon rectangulaire ajouté à l'ouest du corps de logis en 1892 (E. Lauranceau).

La famille du Brossay, en la personne de Guillaume, possesseur du fief à la fin du 14e siècle, donne son nom à la seigneurie, localisée dans les réformations au village de Tréhomar. Lors de la réformation de 1427 sont signalés au Brossay, le sieur du Brossay et Pierre Eder, sans qu’il soit possible de distinguer s’il s’agit d’une même et unique personne. A la montre de 1464 est mentionné Jean Eder avec 200 livres de revenu, excusé car « faisant partie de la garde du duc ». Son successeur nommé à la montre suivante en 1481, Gilles du Matz, est maître d’hôtel du Duc. Cet important personnage de l’entourage ducal est sans doute à l’origine d’un grand manoir dont il ne reste rien à l’exception des pierres de taille en remploi qui constituent la tour octogonale construite en 1846.

La famille du Matz reste en possession du domaine du Brossais, jusqu’à la vente du domaine en 1680 à Daniel du Moulin. Cet achat constitue le départ d’une série de grands travaux ; la structure du corps central est entièrement reprise, avec modification des hauteurs des niveaux, beaucoup plus bas au rez-de-chaussée (pièces de services) qu’à l’étage (pièces de réception). Un pavillon à étage est construit dans l’angle nord-ouest. Le colombier pourrait remonter à cette période.

Il n’est pas certain que le mariage de l’héritière Thérèse du Moulin avec Jean Charles Le Maillé de Chassonville ait été l’occasion de nouveaux travaux. En revanche, à la génération suivante, le mariage en 1788 (ou 1775 ?) de Daniel de Chassonville avec Jeanne de Cornulier, fille du président à mortier du Parlement de Bretagne Thomas de Cornulier, est le prétexte à la construction de l’aile en retour sud du château, reliant le corps principal à un pavillon existant au sud, aile composée de salons de réception et doublé dans sa partie nord d’un appentis à usage de cellier ; les armes en alliance de Chassonville et Cornulier figurent au fronton de la porte d’entrée de cette aile. Il est probable que de cette époque datent la reprise des ouvertures du corps principal, des ouvertures sud du pavillon nord-ouest et de l’écurie, l’aménagement du jardin avec la construction de l’orangerie et de l’escalier en fer à cheval, la fermeture de la cour. Les communs semblent également remonter à cette période, peut-être en remplacement de l’ancienne métairie.

La chapelle dont on ignore la date de construction disparaît avant 1837, car elle ne figure plus sur le plan cadastral à cette date.

Une importante campagne de travaux intervient au milieu du 19e siècle. La tour est reconstruite en 1846, devenant l’entrée du logis, tandis qu’un nouveau corps de bâtiment abritant l’escalier à l’arrière de la tour relie le corps principal au pavillon érigé à la fin du 17e siècle. Sur la tour sont insérés les blasons en alliance des familles propriétaires, de Chassonville et de La Boissière au milieu du 19e siècle, de la Boissière/Audren de Kerdrel dans la seconde moitié du 19e siècle. Le pavillon est aurait été construit vers 1854, bien qu’il semble un peu plus tardif. La digue de l’étang est construite en 1842. Avant la fin du 19e siècle, de nombreux aménagements intérieurs sont repris (renforcement des poutres au rez-de-chaussée par l’ajout de colonnes de fonte, dallage de la salle) ; la clôture de la cour fermée par muret, piliers d’entrée et grille disparaît vers 1850, l’horizon formant alors un vaste parc à l’anglaise ; on ajoute également une serre ou jardin d’hiver à l’arrière de l’aile sud en prolongement de l’appentis existant. Les logis des communs sont surélevés, le logement de garde à l’entrée ouest construit (C. Toscer).

Période(s) Principale : 17e siècle, 4e quart 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates 1846, daté par tradition orale
Auteur(s) Personnalité : Du Matz Gilles, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Du Moulin Daniel, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Le Mallié de Chassonville Daniel, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Cornulier de Jeanne Pauline, commanditaire, attribution par travaux historiques

Le château est entouré d’un parc boisé au nord, entièrement enclos de murs qui comprend un vivier et un colombier, la ferme à l’est et un logis de gardien à l’ouest. L’entrée à l’est est marquée par deux piliers en calcaire arborant deux blasons en partie illisibles (au nord), et surmontés d’un lion couché. Cette entrée jouxte la ferme du château.

Le château présente un plan en équerre formé de volumes de différentes hauteurs. Les élévations antérieures sont enduites, à l’exception de la tour en pierre de taille. Les élévations à travées sont percées d’ouvertures en granite ou calcaire, sur un, deux ou trois niveaux selon que l’on soit dans l’aile de retour, le corps principal ou le pavillon est. Les couvertures en ardoise sont à longs pans, à croupes pour les pavillons nord-ouest et est. On relève des blasons en alliance de différentes époques : sur la porte de l’aile sud, blasons en alliance Chassonville et Cornulier, sur la tour, Chassonville / La Boissière et La Boissière / Audren de Kerdrel.

Les bâtiments des communs à l’ouest construits en moellon de schiste et couverts d’ardoises se composent d’un alignement à l’est et d’un bâtiment abritant le four au sud. L’alignement comprend deux logis à étage encadrant des parties basses à usage d’étable.

Murs granite moellon enduit
pierre de taille
moellon sans chaîne en pierre de taille
calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Étages comble à surcroît, 1 étage carré, 2 étages carrés, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée, élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
croupe
noue
toit polygonal
toit conique
appentis
croupe ronde
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour, en charpente
escalier isolé : escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
Typologies agrandissement, restauration. Historiciste
Techniques sculpture
Représentations armoiries, lion, couronne, volute
Précision représentations

La représentaion figurée consiste essentiellement en blasons. Sur les piliers d'entrée couronnés de lions, figurent deux blasons très érodés dont les armes n'ont pas été identifiées. Sur le fronton de l'aile sud du logis, deux blasons ovales en alliance des familles Chassonville et Cornulier portés par deux lions issant et sommé d'une couronne comtale (?). Sur la tour, blason apposés sur les pans sud-ouest et sud-est :armes en alliance Chassonville la Boissière et la Boissière Audren de Kerdrel, les deux surmontés d'une couronne.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Laigue :

    Réformation de 1427 : « Le manoir et hébergement du Broucay entien appartenant à messire Pierre Eder et ses filles enfans ouquel asses près et adjacent y a métayrie entienne et les y demourants sont francs et exempts. »

    Montre du 8 septembre 1464 : « IIcts livres Jehan Eder excusé pour ce qu´il est de la garde du Duc. »

    Montre du 21 avril 1477 : « IIcts livres Gilles du Mas seigneur du Brossé de la maison du Duc. »

    Montre du 4 septembre 1481 : « Gilles du Mas Maistre d´Hostel de la maison du Duc. »

    Réformation de 1514 : « La demoiselle du Broucsay tient noblement la métairie de la Ripviere, dont en lad. Métairie demoure ung nommé Guillaume Gaultier.

    Item une aultre métairie nommée Le Vaulochet, dont en lad. métairie demoure ung nommé Pierre Richart.

    Item une aultre nommée Trino, dont en lad. métairie demoure ung nommé Pierre Filheul.

    Et les III métairies devant dittes tinses de lad. Damoiselle noblement à cause dud. Manoir du Broucsay. »

    Réformation de 1536 : « Le Brossay à Jacques du Maz ».

  • Enquête topographique de 1979 :

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Morbihan. Série P. 3P 260. Plan cadastral 1840. Tableau d'assemblage et feuilles par sections.

    Archives départementales du Morbihan : 3P 260
Bibliographie
  • LAIGUE, René, comte de. La noblesse bretonne aux XVe et XVIe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Vannes, 1902, rééd. Versailles : Mémoires & Documents, 2001.

    p. 701-706 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire historique, archéologique et touristique des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne : Yves Floch, 1991.

    p. 226-227
  • Le patrimoine des communes du Morbihan. Paris : Flohic éditions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 1065
(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Monuments historiques ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Ducouret Jean-Pierre - Lauranceau Elise - Toscer Catherine - Menant Marie-Dominique