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Château de Plouër (Plouër-sur-Rance)

Dossier IA22132473 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Le château de Plouër-sur-Rance présente un ensemble peu perturbé, assez caractéristique d'un important domaine. Grand logis, chapelle, parterres, avant-cour, perspectives, communs, ferme, écuries, pigeonnier, l'ensemble étant séparé par un savant jeu de fossés et de pièces d'eau. Le château présente beaucoup d'éléments d'origine ; en particulier des menuiseries de fenêtres et des ouvrages en plomb ornant les toitures.

Dénominations château
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance
Lieu-dit : Plouër

Le Château de Plouër fut reconstruit, au début du 18e siècle, sur l’emplacement du vieux Château de Saint-Paul, après le rachat du comté de Plouër, en 1695, par Pierre de la Haye. L'ancien château avait probablement été ruiné en partie lors des guerres de la Ligue. Joseph de La Haye (1665-1723) transforma complètement l'ancienne forteresse de Saint-Paul, siège du comté de Plouër et détruisit tout son système de défense, entre 1713 et 1720 pour y substituer un château Louis XIII agrémenté de parterres à la française et de perspectives qu'on appela le château de Plouër.

Le château de Saint-Paul existait encore en 1683 avec ses douves et ponts-levis, ses tours et bâtiments entourant une cour, ses importants jardins et dépendances. Mais les comtes de Plouër n’y résidaient plus, depuis plusieurs générations. Le comté de Plouër était surtout un investissement prestigieux et une dignité confirmée par le roi en 1698, 1708, 1747... Après sa mort et le règlement de sa succession, une partie de sa fortune aurait contribué à édifier un ensemble moderne, à la française, réutilisant, dit-on, des éléments anciens.

La chapelle, édifiée à partir de 1708, grâce à l’évêque et à la ville de Saint-Malo, fut fondée en 1719.

Période(s) Principale : 2e moitié 17e siècle, 18e siècle

Château entouré de douves autrefois traversées par un pont-levis avec des dépendances. Sur des fondations de différentes époques, l'édifice est rectangulaire mais courbe, avec des pavillons aux extrémités et une seule aile en retour sur cour.

Parti général :

Pour se démarquer du manoir qu’elles remplacent, les nouvelles maisons de plaisance du Pays de Dinan adoptent le parti des grands châteaux français, progressivement élaboré depuis le 16ème siècle. On remarque ici l’importance des espaces extérieurs, le château s’entoure d’espaces de prestige, de distribution, d’agrément, dont les grandes lignes sont cour, avant-cour, jardin et terrasses, organisés sur un axe. On peut distinguer une rabine, des douves franchies par un pont, une plateforme maçonnée pour la cour, une grille entre deux piliers, une cour avec le bâtiment des communs à gauche, la chapelle à droite à l’extérieur de l’enclos.

L'édifice est un rectangle allongé, avec pavillons d’angle plus hauts que le corps de bâtiment, un étage noble plus important, des hautes toitures, un axe central, mais pas de symétrie, sauf côté jardin. L’axe central, c’est celui de la porte d’entrée, portant les armoiries familiales, discrètement marqué par une grande lucarne ornée à la Chesnaye-Taniot, une sorte de fronton-lucarne. La porte du château de Plouër reprend le dessin maniériste de celle de Couellan, (vers 1620). La partie central du château présente une maçonnerie plus ancienne et pourrait correpsondre à l'ancien château de Saint-Pol.

La partie arrière du château ouvre sur un jardin et un étang. On y descend par un escalier en fer à cheval, partant du logis. Le château, côté jardin, garde alors sa situation dominante traditionnelle. Jeux de niveaux à emmarchements, terrasses, aménagent le site naturel. Les pièces de l'étage noble sont lambrissées et ont des cheminées dans le style du 18e siècle.

Le rejet des dépendances :

La partie agricole, constitutive du manoir, est placée hors de l’espace du château, sur le côté à proximité.

Murs granite moellon
Toit ardoise

Compte tenu de l'extrême homogénéité du château, de ses communs et abords, la question d'un classement général est à poser.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections inscrit MH, 1964/06/15
Précisions sur la protection

Façades et couvertures ; douves ; sol de la cour ; le pavillon d'entrée (cad. E 18, 19, 20, 20bis, 23, 24) : inscription par arrêté du 15 juin 1964.

Annexes

  • Liste des propriétaires successifs

    Les premiers seigneurs connus sont les Plouër, dont Robert Brecel, cité dans une charte de 1095, de même que son fils Hingand de Plouër. Catherine de Plouër épouse en 1490 Amaury II de La Moussaye, et la terre de Plouër est érigée en comté par Henri III en 1575, au profit de la famille Gouyon-La-Moussaye.

    Charles-Auguste de Gouyon (1647-1729), comte de Gacé, maréchal de France en 1708, achète le comté de Plouër en 1684 et le revend en 1695 à Pierre de la Haye.

    Pierre de la Haye (1650-1703) comte de Plouër par lettres patentes de Louis XIV (Versailles - juillet 1698), incorporant la seigneurie de Rigourdaine en Plouër au Comté. Il épousa en 1694 Françoise Grout de la Villejacquin, et fut un des plus riches armateurs de Saint Malo.

    Joseph de La Haye (1665-1723) comte de Plouër par lettres patentes de Louis XIV (Versailles - janvier 1708) seigneur de la Briantais, Paramé, Saint-Ydeuc. Neveu du précédent. Marié en premières noces à sa cousine Juliennes, Thérèse Séré De Lorvinière (+ 1712) et en second lieu à Magdeleine, Prudence de Montbourcher, fille d'un Président des Enquêtes au Parlement de Bretagne. Joseph de La Haye transforma complètement l'ancienne forteresse en château Louis XIII.

    Jean,Charles, Pierre de La Haye (1718-1795) comte de Plouër par lettres patentes de Louis XV (Fontainebleau - novembre 1747) seigneur de Paramé, Saint-Ydeuc, Trémereuc, chevalier de Saint-Louis. Marié à Saint-Malo le 4 avril 1747 à Françoise de Contades, fille du marquis de Contades, maréchal de France et de Nicole Magon de la Lande. Madame de Plouër fut l'amie d'Appoline de Bédée dame de Châteaubriand et la marraine de Chateaubriand (1768).

    Victor, Joseph, Jean de La Haye (1758-1823) comte de Plouër, colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis. marié en 1786 à Julie, Charlotte, Perrine de La Bourdonnaye de Montluc, fille du marquis de Montluc, conseiller au Parlement de Bretagne, incarcéré à la Bastille en 1788 avec les parlementaires bretons.

    Hippolyte de La Haye (1787-1861) comte de Plouër. Participa sous l'Empire à plusieurs campagnes au 25ème Régiment de chasseurs à cheval. Décoré de la légion d'honneur sur le champ de bataille de la Moskowa (campagne de Russie 1812). Lieutenant-colonel au 1er régiment de cuirassiers de la Garde Royale de Charles X. Chevalier de Saint-Louis. Il décline l'offre que lui fit le duc d'Angoulême d'épouser la comtesse d'Issoudun, l'une des deux filles du duc de Berry et d'Aury Brown et mourut célibataire au château de Plouër le 26 septembre 1861, léguant sa terre de Plouër à l'une de ses nièces.

    Marie de La Haye de Plouër (1836-1918) épousa son cousin Germain Hippolyte Magon de la Villehuchet, chef d'escadron d'artillerie de la garde impériale de la légion d'honneur, mort au siège de Sedan le 7 septembre 1870, à 40 ans.

    René Magon de la Villehuchet (1870-1914) chef d'escadron au 50ème Régiment d'Artilelrie. Chevalier de la légion d'honneur. Mort pour la France à Beaurains près d'Arras le 3 octobre 1914, âgé de 44 ans. il épousa en 1896 Anne Pinezon du Sel des Monts (+1956). Le château appartient à leurs descendants.

Références documentaires

Bibliographie
  • Mémoires de Charles Gouyon Baron de la Moussaye, Perrin et Cie, Libraires-Editeurs, Paris, 1901.

Périodiques
  • Le Carrouge, n°1 à 92, revue de l'association Le Carrouge, Plouër-sur-Rance.

    Bibliothèque municipale de Dinan

Liens web