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Château de La Roche-Montbourcher (Cuguen)

Dossier IA35016158 réalisé en 2001

Fiche

Parties constituantes non étudiées donjon, enceinte, basse-cour, fossé, moulin, digue
Dénominations château
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Combourg
Hydrographies Ruisseau du Montay à la Fosse Poisson
Adresse Commune : Cuguen
Lieu-dit : la Roche
Cadastre : 1826 D1 276-282 1999 WK 54, WL 2, 3
Assis sur le rebord d'un plateau rocheux dominant par un talus escarpé une étroite et longue vallée au sud, le site de la forteresse de la Roche est celui d'un éperon barré artificiellement par le creusement de fossés au nord. Le château se composait d'un réduit défensif de plan trapézoïdal verrouillé par un donjon au nord, qui protège le logis seigneurial disparu dont les arrachements sont visibles sur la tour du Chesne, et d'une basse-cour s'étendant à l'est sur un vaste rectangle ceinturé de levées de terre ponctuées à chaque angle par des bases de tours circulaires. Le chemin d'accès originel venant de l'ouest devait contourner l'ensemble par le nord, franchir les fossés de la basse-cour. De là, le visiteur empruntait le pont-levis jetté sur le fossé sec séparant le bayle de la haute-cour probablement entourée de murailles. Pièce maîtresse du dispositif de défense, le donjon quadrangulaire est l'élément le mieux conservé sinon le plus intéressant du château. Constuit sur le roc qui lui a valu son nom, ce monument à lui seul est soigneusement appareillé en granite extrait sur place comme le suggèrent les excavations voisines. Il mesure 10,70 de côté et s'élevait vraissemblablement sur cinq niveaux en comptant le cul de basse fosse rempli des gravats du couronnement, le rez-de-chaussée percé de meurtrières et l'hypothétique terrasse sommitale. Le logis seigneurial primitif occupait les pièces du premier au troisième étage, éclairées chacune par de petites fenêtres à banquettes ou coussièges, chauffées par une cheminée et pourvues de latrines en encorbellement sur les douves côté ouest. L'absence d'escalier dans l'épaisseur des murs épaix de 2,80 mètres à la base laisse penser que des escaliers de bois permettaient la communication entre les niveaux. Seul accès au donjon, la porte percée au premier étage sur la face sud était munie d'un pont-levis, selon une disposition archaïque qui n'est pas sans rapeller les ouvrages romans. Pourtant, la modénature de baies et des cheminées correspondent aux usages de la seconde moitié du XIVe siècle assure Christophe Amiot à qui nous devont l'essentiel de cet analyse. L'hypothèse la plus vraissemblable avance cet auteur, attribue la construction du donjon à Jean de Montbourcher, sénéchal du Limousin pour Charles de Blois qui possède la Roche entre 1330 et 1370. Plus tardif peut être sont le logis seigneurial disparu ainsi que la tour du Chesne, (re)construit dans la première moitié du XVe siècle par Bertrand II de Montbourcher alors chambellan du duc Jean V, qui procède à une restauration du château donné comme ruiné en 1429. Forteresse de second rang, la Roche s'inscrit dans la ligne de défense des marches orientales de Bretagne, entre Dol et Saint-Aubin-du-Cormier, places ducales. L'épisode malheureux de guerres de la Ligue, sans doute la seule épreuve du feu que le monument eut à subir, lui est fatal : capitaine des Royaux, Saint-Luc met le siège devant la Roche tenu par les ligueurs en 1590. Pris et pillé, le château est démantelé par une ordonnance de 1595 et abandonné par la suite. Site d'un intérêt majeur pour le pays, qui mériterait une mise en valeur.
Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Murs terre
granite
moellon
pierre de taille
États conservations vestiges, désaffecté

Données complémentaires architecture IP35

HYPOI sans objet
HYPOE éclaté
MURS1 terre ; granite ; moellon ; pierre de taille
SCLE1 13e siècle ; 14e siècle ; 15e siècle ; 16e siècle
IAUT sans objet
ICHR typicum
IESP typicum région ou pays
ICONTX intégré
SEL sélection requise
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections inscrit MH, 1995/08/08
Précisions sur la protection

Inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en date du 08/08/1995.

Annexes

  • Les seigneurs du Plessix et de la Roche :

    Eudon L'Espine, cité vers 1160 comme bienfaiteur de l'église de Cuguen

    Hamon L'Espine, fait prisonnier à Dol en 1173

    Geffroy L'Espine, qualifié de chevalier en 1190, prend part en 1205 aux Etats de Vannes

    Geffroy L'Espine, cité comme croisé en 1248

    Guillaume (alias Eudon) L'Espine

    Julienne L'Espine, fille du précédent, épouse Guillaume Ier, sire de Montbourcher en Vignoc (évêché de Rennes), et lui apporte en dot la seigneurie de La Roche

    Geffroy Ier deMontbourcher, leurs fils, se croise en 1271 avec le duc Jean Ier le Roux

    Guillaume II deMontbourcher, son fils, épouse vers 1310 Anceline du Pinel qui lui apporte en dot sa terre éponyme située à Argentré

    Geffroy II de Montbourcher, son fils ; mort en 1130

    Jean de Montbourcher, son fils. Capitaine de Nantes en 1345, puis sénéchal du limousin en 1359 pour Charles de Blois. Compagnon du connétable Du Guesclin, cet homme de guerre est sans doute le constructeur probable du donjon de la Roche

    Louis de Montbourcher, son fils, mort sans postérité après 1381.

    Guillaume III de Montbourcher, frère du précédent

    Bertrand Ier de Montbourcher, son fils, épouse Roberte de Coursenier. Grand écuyer de Bretagne en 1400, puis chambellan du duc Jean IV, il dut séjourner à La Roche, mais semble lui avoir préféré sa terre de Ravalay, paroisse de Meral en Craonnais (évêché d'Angers), dans le pays de son épouse. Roberte ne devait guère goûter la Roche, car elle avait laissé venir en ruine la forteresse précise une charte.

    Bertrand II de Montbourcher, leur fils, rend aveux en 1461 et 1471 au baron de Combour pour sa seigneurie de la Roche.

    Guillaume IV ou Guyon de Montbourcher, son fils, épouse Françoise Thierry. Celle-ci est la fille de Julien, seigneur du Boisorcant en Noyal (évêché de Rennes), argentier d'Anne de Bretagne, et anobli par la duchesse en 1500.

    Pierre Thierry, seigneur du Patis, manoir situé en Noyal-sur-Vilaine. En 1495, il fait l'acquisition pour 3700 écus d'or la seigneurie de la Roche vendue par le précédent, sans doute son beau-frère.

    Michel Thierry, probable frère du précédent, époux de Marguerite Boivin, dame de La Prévalaye. Il rend aveu pour la Roche en 1503.

    François Ier Thierry, leur fils ; mort en 1549, épouse Marguerite d'Acigné

    Julien Thierry, leur fils, épouse Esther du Bouschet, fille du seigneur de Sourches. Capitaine de Rennes, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel ; mort en 1610. En 1590, son château de la Roche est pris et pillé à la suite d'un siège mené par le capitaine ligueur Saint-Luc, lequel ordonne le démantelement de la forteresse en 1595 et prévoit le versement de 4000 écus au sieur de La Prévalaye en dédomagement.

    Franois II Thierry, leur fils, épouse en 1618 Renée Raoul, fille du seigneur de la Guibourgère. Conseiller au Parlement, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel.

    Pierre Thierry, leur fils, épouse Jeanne Avril. Conseiller au Parlement.

    Franois III Thierry, leur fils, épouse en 1675 Catherine Des Nos. Conseiller au Parlement ; mort en 1700

    Franois-Hyacinthe Thierry, leur fils, épouse Perrine de la Roche-Macé. Capitaine des vaisseaux du Roi et chevalier de Saint-Louis

    Pierre-Bernardin Thierry, leur fils, qualifié de marqui de La Prévalaye, épouse en 1642 Marie-Jeanne Robien. Chef d'escadre, commandeur de Saint-Louis ; mort en 1786

    Pierre-Dymas Thierry, leur fils, épouse successivement Julie de Geoffrion, puis Adélaïde de Robien. Contre-amiral, mort à La Prévalaye en 1816, il fut le dernier seigneur de la Roche.95.

  • 20013518175NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien. Section D dite de la Roche, 1ère feuille, échelle 1/2.500 Levée par Mr Ramier. 1826 A.D 35 P.

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    t. 1, p. 465-466
  • AMIOT, Christophe. Le château de la Roche-Montbourcher in Mémoires de la Société d'histoire et d'Archéologie de Bretagne, t. LXXI, Rennes, 1994.

    p. 381-409
  • GUILLOTIN DE CORSON. La grande seigneurie de Haute-Bretagne. 1ère éd. 1997. Rééd. Le Livre d'Histoire, 1999. Paris, 4 vol.

    t. 1, p. 397-400

Liens web