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Château de la Rivière-Bintinaye (Tréfumel)

Dossier IA22017214 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Le projet initial daté de 1773 est dessiné par le commandeur Louis de Brilhac. Ce dernier issu d´une famille de parlementaires, propose ses talents d´architecte à sa parenté et à une clientèle d´amis et conçoit les plans de plusieurs hôtels particuliers et châteaux bretons (Voir annexe). De la comparaison de ses différents projets conservés aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine, ressort une grande homogénéité. Louis de Brilhac adopte un parti architectural d´une harmonieuse simplicité où l´on reconnaît sa prédilection pour les avant-corps centraux couronnés d´un fronton triangulaire flanqué par des œil de bœuf. L´élévation qu´il propose du côté de la cour et du parc demeure en partie exécutée. La distribution dénote un nouveau mode de vie correspondant davantage à une maison de villégiature tournée vers la nature et le paysage.

Parties constituantes non étudiées parc, ferme, orangerie, communs, colombier, faisanderie, grotte de Lourdes
Dénominations château
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Tréfumel

Il est possible qu´à l´origine un site de motte ait existé au nord du parc comme semble l´indiquer, sur le cadastre de 1833, le tracé semi-circulaire de l´ancienne route communale qui devait vraisemblablement le contourner. Le toponyme de la Rivière indique probablement la proximité d´un ancien cours de la Rance ; le cours actuel étant distant du site de plus de 800 mètres. La présence dans le site du Marais tout proche de plusieurs cours d´eau encore figurés sur le cadastre ancien confirmerait cette hypothèse. Les vestiges de l´ancien manoir conservé jusque dans les années 1950 en faisaient remonter la construction au 15e siècle et 16e siècle. Des photographies anciennes font apparaître les vestiges d´un logis bas accosté d´un pavillon à étage dont la porte surmontée d´un arc en accolade est encore gothique tandis que la corniche, la lucarne et la souche de cheminée sculptée présentaient les caractéristiques du 17e siècle que l´on retrouve notamment dans les belles maisons rurales du bourg. La terre de la Rivière passe probablement au 15e siècle entre les mains de la famille Hingant. Jean Hingant, seigneur de Hac, sur la paroisse du Quiou, chambellan de Jean V de Bretagne, personnage riche et influent, constructeur de l´actuel château de Hac eut différents conflits avec le baron de Coëtquen, en raison des terres qu´il possédait sur Tréfumel, paroisse dont le seigneur de Coëtquen était suzerain. Ces éléments développés par Michael Jones dans sa notice historique sur le château de Hac justifient la présence d´une dalle funéraire du 15 e siècle aux armes des Hingant dans l´église de Tréfumel. La terre de la Rivière était détenue des le milieu du 17e siècle par la famille de la Bintinaye, anciennement possessionnée dans la paroisse de Toussaints à Rennes. César de la Bintinaye acquiert le 17 mai 1656 par sa femme Claude de la Mettrie, la terre et seigneurie noble de la Rivière en Tréfumel. Une des deux cloches conservées actuellement dans l´église sainte Agnès datée de 1662 porte le nom de sa marraine Claude-Marie de la Bintinaye. Le château actuel qui était contigu au manoir jusqu´au milieu du 20e siècle est une reconstruction inachevée de la deuxième moitié du 18e siècle. Commandé par Gilles-François de la Bintinaye, vicomte de Rougé, greffier en chef aux Etats de Bretagne et Marie Angélique Champion de Cicé, son épouse, il a été construit à partir d´un projet conçu en 1773 par le commandeur Louis de Brilhac, projet dont les plans et les élévations sont conservés aux archives départementales d´Ille-et-Vilaine. Les bâtiments de la ferme datent de la fin du 18e siècle avec des parties de la fin du 19e siècle, époque à laquelle on construit également de nouvelles écuries et une serre, ainsi qu´une grotte de Lourdes. Les vestiges de l´ancien manoir ont été détruits vers les années 1950.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Dates 1773, daté par source
Auteur(s) Auteur : Brilhac Louis de, architecte, (?), attribution par source

Le château de la Rivière Bintinaye est implanté dans le centre du village de Tréfumel en bordure d´un parc paysager dont l´extrémité nord communiquait antérieurement par une grille avec l´église paroissiale Sainte-Agnès. Le cadastre de 1833 signale dans le parc la présence de plusieurs bâtiments, dont deux sont parallèles au corps de logis ainsi qu´une avenue à l´ouest aujourd´hui disparue, implantée dans le secteur du Marais. Une partie des dépendances a été maintenue et forme l´actuelle métairie. Hormis la présence vraisemblable d´une motte se devine également le tracé d´un ancien enclos seigneurial avec une tour circulaire, vestige probable d´un ancien pigeonnier qui a été en partie reconstruit de l´autre côté de l´enclos de la ferme actuelle. Le château déséquilibré par la destruction de l´ancien manoir est une construction inachevée entièrement bâtie en calcaire coquillier des faluns dont seuls les chaînages et les encadrements de baies devaient être apparents. Les deux façades aux travées régulières présentent quelques variantes, avant-corps, fronton triangulaire regroupant deux travées au nord, trois au sud. Le tympan sud porte les armes de Gilles-François de la Bintinaye et de son épouse Marie-Angélique Champion de Cicé. Cette mise en valeur de la façade sud orientée vers le parc se perçoit également dans la distribution où les pièces de réception donnent sur le jardin tandis que les pièces nord sont réservées aux offices et à la circulation.

Murs falun
Techniques sculpture
Représentations armoiries
Précision représentations

Armoiries de la famille de la Bintinaye qui sont d'argent à trois bandes de gueules chargées d'une fasce brochant de même. Armoiries de la famille Champion de Cicé qui sont d'azur à trois écussons d'argent chargés chacun de trois bandes de gueule. (Deux écus situés au centre du tympan du fronton triangulaire).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • A.D. Ille-et-Vilaine : 13J 52/1 et 13 J 52/2, fonds du commandeur de Brilhac, projets de châteaux et hôtels particuliers.

    Liste des plans :

    (?), château de Verret

    (?), château ou hôtel de Keratry

    (?), château triple

    22. Guingamp, hôtel de Brilhac

    22. Guingamp, hôtel de Lanascol

    22. Illifaut, château de la Brière

    22. Tréfumel, château de la Rivière-Bintinaye, 1773

    35. Bourg-des-Comptes, château le Boschet

    35. Bréal-sous-Montfort, château de Molant

    35. Cesson-Sévigné, château de Cucé

    35. Chantepie, château de Boisgelin

    35. Rennes, hôtel de Coniac, rue du docteur Regnault

    35. Rennes, hôtel de Robien, rue aux Foulons

    35. Rennes, hôtel particulier, à l´angle de la rue Châteaurenault et de la rue Duguesclin

    35. Rennes, maison de ville, angle de la Place Royale et de la rue de Brilhac

    35. Vitré, château de la Baratière

    56. Elven, château de Kerlot ou Kerleau

    56. Trégranteur, château de la Vilebouquais, 1783

    85. Venansault (?), château de Monbail.

  • A Privées : M.Billot, généalogie de la famille de La Bintinaye

    Branche cadette, devenue aînée :

    César de la BINTINAYE , chevalier, seigneur de Beauregard, de la Rivière, de la Villedavy et de La Villemalterre en Tréfumel, de Monmur en Guipel, La Grignonnaye 1627 + entre juin et septembre 1689

    Nommé le 25-1-1628 : parrain César de PERROUZE, marraine Anne LE PELLETIER, dame de Lesbaudière. Signe 27-6-1687 avec sa femme un contrat de constitution de rente au profit d´Hercule de FRANCHEVILLE ; mort lors du mariage de son fils René-François en novembre 1689.

    Par acte passé à Rennes, le 17-5-1656 (Bertelot, notaire), il acquit avec sa femme, de Louis GIFFART, seigneur de La Perrine, et de Claude de LA METTRIE son épouse, demeurant en leur château de Combrée en Anjou, la terre et seigneurie noble de La Rivière en Tréfumel, moyennant 30 000 livres de principal. Cette terre était venue au vendeur de Louise du GUINY son aïeule paternelle, à qui elle avait été donnée en partage par Jacques du GUINY, seigneur de La Garoullaye, son frère. César de LA BINTINAYE et Anne BOUESSEL firent aveu de La Rivière le 27-2-1668 à Malo, marquis de COETQUEN, gouverneur et lieutenant pour le Roi de la ville et château de Saint-Malo.

    César de LA BINTINAYE acquit encore le 29-1-1670 les terres de La Villedavy et de La Villemalterre en Tréfumel, de Judes du PRE, sieur de La Porte, Conseiller Secrétaire du Roi, et de Françoise de LOURME son épouse.

    Il fur maintenu dans son ancienne noblesse avec son frère aîné Paul par arrêt de la chambre de réformation du 20-11-1668 : «La Chambre faisant droit sur les instances a déclaré et déclare lesdits Paul, Gabriel, Jean et César de LA BINTINAYE nobles et issus d´ancienne extraction noble et comme tels leur a permis et à leur descendance en légitime mariage de prendre, et lesdits Jean et César celle d´écuyer, et les a maintenus au droit d´avoir armes et écussons timbrés appartenant à leur qualité et à jouir de tous droits, franchises et prééminences et privilèges attribués aux nobles de cette province, a ordonné que leurs noms seraient inscrits au rôle et catalogue des nobles de la sénéchaussée de Rennes ».

  • A Privées : M.Billot, généalogie de la famille de La Bintinaye

    Gilles-François de LA BINTINAYE , chevalier, vicomte de Rougé (achat en 1767), seigneur de La Rivière, de La Villedavy, du Verger, de Kermerien °La Rivière 30-4-1723 + La Rivière 14-11-1789, greffier en chef des Etats de Bretagne en 1769.

    Baptisé à Tréfumel 2-5-1723 ; parrain François de SAINT-PERN, chevalier, seigneur de La Tour ; marraine, Françoise-Gillette de KERSAUZON, dame du Lattay. Lorsque mourut son père, déjà veuf, sa tutelle et celle de sa soeur Louis-Pauline furent confiées à Olivier LE COEUR, sieur des Forges. Il fut émancipé par acte du 28-5-1742 donné par le Roi à Versailles : « Notre cher et bien-aimé Gilles-François de LA BINTINAYE, écuyer, âgé de dix-neuf ans (...) s´étant toujours bien comporté depuis le décès de son père, peut jouir de ses biens, meubles et du revenu de ses immeubles ». Il partagea noblement l´héritage de son grand-oncle Jules-César de LA BINTINAYE par acte du 8-7-1761 (Le Clerc et Charles Pollet, notaires à La Rivière) avec Guy, seigneur en partie de La Villedavy et autres lieux (demeurant à La Rivière) et Renée-Emilie-Bertrande, dame de La Villeglé, demeurant à Ploubalay. Lui-même demeurait alors à Rennes, «à l´hôtel de Cicé ».

    Il construisit vers 1750 le château de La Rivière dont le parc, « avec ses ombrages en plein bourg, contribue beaucoup au charme de Tréfumel» (Châteaux, manoirs et paysages ou Quinze promenades autour de Dinan, M.E. Monnier, Mayenne, 1977). Il acquit le 21-5-1767 la vicomté de Rougé de Louis-Joseph, marquis de QUERHOENT et de Félicité de LOPRIAC son épouse. La terre de Rougé en Tréfumel avait d´abord appartenu aux RUFFIER ; elle avait été érigée en baronnie en 1576 en faveur du seigneur de COETQUEN et était passée aux DURFORT et DURAS. Ogée écrit que « la baronnie de Rougé, qui a haute justice, appartient présentement à M. de LA BINTINAYE, greffier des Etats de Bretagne, qui possède aussi la moyenne justice de La Rivière ». Rougé passa plus tard, par acquêt, à la famille de LA VILLEHELEUC, d´où elle vint par héritage aux CORNULIER-LUCINIERE.

    Nommé par les Etats de Bretagne l´un des commissaires de la noblesse en 1762, il fut choisi en 1766 pour être greffier en chef des Etats (charge qui « n´était accordée qu´aux membres des Etats de la plus ancienne noblesse » et dont il fut le dernier titulaire) et joua un certain rôle dans les graves troubles corporatistes du Parlement qui, en Bretagne, précédèrent la Révolution. Nommé en 1787 commandant en chef de la Bretagne, Henri-Charles de Bissy, comte de Thiard, se présenta à Rennes en mai 1788. « La foule le presse de tous côtés en criant ‘ Vive le Parlement ! ´. Parvenu à l´entrée de la grand´chambre, il somme en vain d´ouvrir. Le greffier en chef vient lui demander ses lettres de créance ; il répond qu´il les remettra à la Cour. Pendant que le greffier va porter cette réponse au président, le tumulte s´accroît sous les voûtes et dans les couloirs du palais (...). Le greffier, renvoyé par la Cour vers le comte de Thiard, le somme de se retirer ; mais celui-ci fait forcer l´entrée de la salle du parquet par les grenadiers de Rohan-Montbazon, et s´y enferme avec le greffier, auquel il transmet l´ordre du Roi (...). Le comte et l´intendant suivis de leur cortège entrent en se découvrant, et demandent à la Cour de leur assigner leur place. La Cour reste ouverte et garde le silence (...). Le comte de Thiard remet trois lettres closes au premier président, aux conseillers, au greffier en chef, qui leur défendent de désemparer ; puis il somme le procureur général de prendre des conclusions favorables à l´enregistrement des lettres patentes qu´il présente (...). Sur le refus du procureur général, le comte de Thiard ordonne au greffier en chef de procéder à l´enregistrement desdites lettres patentes » ‘Emile Ducrest de Villeneuve et Dominique Mallet, Histoire de Rennes, 1845). Des troubles graves eurent lieu dans les jours suivants, à la suite de délibérations dans l´hôtel du Conseiller Jacques-Annibal de FARCY de Cuillé ; la Cour envoya finalement des députés se plaindre à Versailles ; le fils de Gilles-François de LA BINTINAYE en était.

  • 20102201275NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201276NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201278NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201272NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201273NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201274NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102201277NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 J Liasse 52/1.

    20102211622NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20102211627NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 6 Fi.

    20102211621NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 6 Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Côtes d'Armor : 6O J, fonds Frotier de la Messelière.

  • A.D. Ille-et-Vilaine : 13J liasse52/1. Devis de 1773. Devis de ce que pourra couter le château de la Bintinaye suivant le plan du commandeur de Brilhac en supposant la pierre de moëlon et la pierre de grain tirée et rendue sur le lieu et le bois pris sur la terre abattu et débité.

Documents figurés
  • Projet de plan du rez-de-chaussée du château de la Bintnaye fait par le commandeur de Brilhac, le 7 janvier 1773. AD.Ille-et-Vilainre : 13 J, liasse 52/1.

  • Projet du premier étage du château de la Bintnaye fait par le commandeur de Brilhac, le 7 janvier 1773. AD.Ille-et-Vilainre : 13 J, liasse 52/1.

  • Projet d'élévationdu château de la Bintnaye fait par le commandeur de Brilhac, le 7 janvier 1773. AD.Ille-et-Vilainre : 13 J, liasse 52/1.

  • Château de la Rivière au vicomte de la Bintinaye, Tréfumel, le 6 octobre 1887 (A.Privées).

  • TREFUMEL. (C.-du-N.). Château de la Rivière à M.le Vicomte de La Bintinaye. 170, carte postale, collection Le Marchand : Médréac, début du 20e siècle (A.D.Ille-et-Vilaine : 6Fi).

  • W.L.635.- TREFUMEL.- Château de la Rivière, carte postale, début du 20e siècle. (A.D.Ille-et-Vilaine : 6Fi).

  • Château de la Rivière au vicomte de la Bintinaye, photo, le 6 octobre 1887 (A.privées).

Bibliographie
  • MEIRION-JONES, Gwyn I. The seigneurial domestic buildings of Brittany. First interim report 1983-85 (s. l.) : Meirion-Jones, 1986.

    p. 66