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Chapelle Notre-Dame sur l'Eau, l'abbaye, rue de l'abbaye (Saint-Sulpice-la-Forêt)

Dossier IA35010813 inclus dans Abbaye Notre-Dame-du-Nid-au-Merle, rue de l'abbaye (Saint-Sulpice-la-Forêt) réalisé en 2001

Fiche

Parties constituantes non étudiéesporcherie
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Liffré
AdresseCommune : Saint-Sulpice-la-Forêt
Lieu-dit : l' Abbaye
Adresse : rue
de l'abbaye
Cadastre : 1812 section unique 1e feuille 271 1989 A1 191, 1412
Cette élégante chapelle s'élève sur le bord de l'ancien Chemin pavé qui conduisait du bourg à la grande cour de l'abbaye. L'édifice se compose d'une nef unique à deux pignons et trois travées ouvertes par autant de baies au sud, marquées par des contreforts du côté de la chaussée. Le choeur était ouvert par une grande verrière aujourd'hui bouchée, tandis qu'un oculus éclairait la nef à l'ouest. L'édifice a beaucoup souffert de sa transformation en maison d'habitation dans le courant du XIXe siècle. Un mur de refend portant une cheminée dont la souche dépasse du toit, sépare encore aujourd'hui le volume intérieur en deux pièces égales, et un plancher monté dans le but d'y aménager un étage habitable. Les montants des baies méridionales transformées en fenêtres sont très abîmés. Le tympan de l'unique porte sud a été détruit. La charpente en berceau a perdu son lambris de couvrement et une partie de ses sablières. A la suite de Gaignères, le chanoine Guillotin de Corson attribue à Guillemette Milon qui fut abbesse de 1433 à 1435, l'initiative de sa construction, car les armes de cette noble dame, d'azur à trois têtes de lévrier d'argent, dentées, languées et accolées d'or, s'y voyaient jadis au dessus de la porte. La verrière disparue du choeur était de plus un don des parents de l'abbesse : Bertrand Milon, seigneur de la Ville-Morel et sénéchal de Rennes y était représenté à genoux, et on y lisait l'inscription suivante : L'AN M CCCC XL ET VII A LA FIN QUIL EN SOIT...VITRE... JESUS CHRIST...... ET JEHAN MILON SON FRERE MAINT EN SA GLOIRE. AMEN. Si une capella Sancte Marie que est super stagnum est attesté en 1160 lorsque le duc Conan III y tînt une assemblée de ses barons, rien ne permet d'affirmer que cet antique sanctuaire de dévotion s'élevait au même emplacement. L'absence de communication percée dans la côtière nord semble interdire d'y voir la chapelle conventuelle des frères Condonats dont le prieuré s'élevait à proximité, au lieu dit la Butte aux moines.

Xavier Gilbert, Olivier Guérin, Inventaire préliminaire, 2001.

Sa fondation remonte à la première moitié du XIIe siècle, elle est mentionnée dans un acte de 1146 sous le nom latin de « Sanctae Maria que est super Stagnum ». Son nom de Sainte-Marie-sur-l’Etang fait référence à l’étang situé auparavant à proximité de l’édifice, aujourd’hui asséché. Sa destination n’est pas explicitée dans les sources mais il semble qu’elle ait servi comme chapelle privée, sous la dépendance de l’abbaye. En 1160, le duc de Bretagne Conan III choisit cette chapelle lors d’une réunion avec ses barons pour discuter d’une donation dont les moines de Saint-Florent de Saumur seront les bénéficiaires. De la chapelle du XIIe siècle, il ne reste rien, totalement détruite lors de la guerre de cent ans. La chapelle actuelle date de la première moitié du XVe siècle, reconstruite sous l’impulsion de l’abbesse Guillemette Milon. En 1435, elle envoie une lettre au pape afin de lui expliquer la difficile situation que connait le monastère à cette époque. En retour, il accorde aux religieuses le droit de demander l’aumône aux pèlerins dans le but de collecter des fonds pour la reconstruction de l’édifice. L’édification de la nouvelle chapelle, réalisée sur les ruines de l’ancienne, est achevée cinq années plus tard, en 1440. A la Révolution, Notre-Dame-sur-l’Eau est vendue comme bien national et acquise par un laïc. Au cours des XIXe et XXe siècles, elle subit de nombreuses transformations dénaturant son unité architecturale et stylistique. Devenue un simple corps de ferme accueillant des animaux, son volume intérieur est modifié et plusieurs ouvertures disgracieuses sont pratiquées sur la façade sud. Deux petits édifices sont accolés sur les faces occidentale et orientale.La chapelle est classée aux Monuments Historiques le 26 mai 1992. En 1999, des travaux d’urgence de confortation et de mise hors d’eau sont effectués et elle profitera d’une campagne de restauration générale de l’abbaye terminée en 2005.

Période(s)Principale : 1ère moitié 15e siècle
Secondaire : milieu 19e siècle
Dates1447, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Milon Guillemette auteur commanditaire attribution par travaux historiques

La chapelle était située à l’écart de l’ensemble monastique sur le chemin qui conduisait du bourg à la grande cour de l’abbaye. Elle mesurait 50 pieds de longueur d’ouest en est et 26 pieds de largeur du nord au sud. A la fin des travaux de reconstruction en 1447, elle présentait un vaisseau unique terminé par un chevet plat. L’élévation sud présente les plus forts stigmates de sa transformation en bâtiment fonctionnel. Cette façade est scandée de quatre contreforts, en grand appareil de grès, surmontés de gâbles. Ces derniers présentent un décor d’arcs trilobés et de feuillages. La première travée à l’ouest possède un portail, l’unique entrée de la chapelle au XVe siècle. Ce portail est formé d’un arc brisé à quatre voussures soutenues par de fines colonnettes – pour la plupart disparues – reposant elles-mêmes sur un socle. La voussure intérieure a été brisée, un linteau de bois vient se poser sur le départ de l’arc. Un tympan en appareillage grossier est formé au-dessus venant remplacer l’ancien qui portait les armes de l’abbesse Guillemette Milon. La seconde voussure est sculptée de larges feuilles de vignes, accompagnées de grappes de raisin, qui se prolongent jusqu’à la clé de voûte ornée d’une cordelière. A la base de ce décor, au-dessus des chapiteaux, se trouvent également deux animaux. Ils présentent tous deux leur tête, disparue, vers le bas. En position couchée, ce sont des animaux à quatre pattes, probablement des lions. Ils sont traités différemment, le pelage de celui de gauche est accentué par des traits appuyés dans la pierre. La troisième voussure est simplement moulurée. La voussure extérieure a été arrachée lors de l’ouverture d’une fenêtre au-dessus de la porte. D’après les restes de chaque côté de l’arc, elle devait présenter un décor végétal ouvragé. Enfin, sur les deux premières voussures de droite, juste en-dessous du linteau, un visage d’homme barbu est apposé à l’horizontale, le menton vers l’intérieur de la chapelle. Les colonnettes recevant les voussures n’ont pas été conservées. Leur base, posées sur un socle d’une trentaine de centimètres, sont simplement épannelées et moulurées. Les chapiteaux sont de taille différente, suivant la grosseur de la voussure qu’ils reçoivent. Ils sont sculptés d’un motif végétal, des feuilles de vigne entremêlées accompagnées parfois de grappes de raisin. L’astragale et le tailloir présentent une arête saillante. A droite de l’entrée, entre le deuxième et le troisième chapiteau, une tête de religieuse a été ajoutée faisant ainsi le lien entre les deux. Cette petite tête ronde est érodée, son visage n’est plus visible. Il est difficile de savoir si cette tête avait un pendant de l’autre côté de la porte, le décor ayant moins survécu aux aléas du temps. Ce portail est surmonté d’une fenêtre percée au XIXe siècle arrachant ainsi les pilastres qui devaient se prolonger sur la façade. A gauche du portail, le pilastre porte, à la moitié de sa longueur environ, un chapiteau orné de deux petites têtes dans les coins. Il s’agit peut-être d’un remploi. orné de deux petites têtes dans les coins. Il s’agit peut-être d’un remploi. Les deux autres travées ont également deux ouvertures l’une au-dessus de l’autre, datant du XIXe. Les vestiges des baies du XVe siècle sont particulièrement visibles sur la dernière travée, à l’est. De fines colonnettes engagées à chapiteaux se distinguent de chaque côté de la fenêtre. Un départ d’arc de part et d’autre se remarque également. Ces deux larges baies devaient former un arc brisé et accueillir des vitraux, comme c’était le cas pour la baie du pignon oriental. Les chapiteaux sont ornés de feuilles de vigne, comme sur le portail. Une corniche court le long de cette façade méridionale et se prolonge sur tous les murs de la chapelle, cassant ainsi la perspective verticale produite par les contreforts. Sous la bordure du toit se développe une frise sculptée entre chaque contrefort. Elle offre un décor de feuilles de vigne et de grappes de raisin dans sa partie centrale. Dans les coins des contreforts, un dragon vient manger ce cep de vigne. La frise de la travée est présente une originalité, un homme encapuchonné, un moine ou un travailleur de la vigne – se mêle aux feuilles et semble tenir la vigne. Les bords des gâbles surmontant les contreforts sont également ornés d’un décor végétal reprenant le thème principal de la chapelle, la vigne. Sur le bord de chaque gâble, se déploient divers personnages ou animaux souriants : tête de boeuf, de lion, personnage encapuchonné ou barbu. Les faces méridionales des gâbles sont décorées d’un arc trilobé plein. Le mur pignon à l’est est soutenu par deux contreforts et percé d’une large baie dont l’arc brisé retombe de chaque côté sur des colonnettes engagées à chapiteaux. Les bases de ces colonnettes ne reposent pas sur la corniche mais s’arrêtent une trentaine de centimètres plus haut. Le motif végétal identique à celui de la face sud se retrouve sur les petits chapiteaux entourant la baie. Au XXe siècle, un bâtiment était accolé à ce mur pignon, les traces de la toiture sont encore visibles. Une porte y a été aménagée au niveau de la corniche permettant d’y accéder. Le mur nord est totalement dépourvu de décoration, seuls trois contreforts viennent l’épauler. Aucune ouverture n’y a été pratiquée, la porte actuelle a été aménagée au XXe siècle. La façade ouest est percée d’un oculus quadrilobé. En-dessous, une baie a été ouverte puis rebouchée. Deux contreforts venaient à l’origine soutenir ce mur au nord et au sud, les arrachements y sont encore visibles.

Mursgrès
moellon
pierre de taille
Toitardoise
États conservationsvestiges, désaffecté
Statut de la propriétépropriété publique
Protectionsclassé MH, 1992/05/26

Annexes

  • "Une vieille légende, dont le souvenir est perpétué par une statuette antique de la Sainte Vierge, conservée encore de nos jours, donne l'explication du nom de cette forêt : un pâtre, dit-elle, trouva cette petite statue dans un nid de merle, au milieu de la forêt, au bord d'un étang ; elle y brillait merveilleusement et elle y revint à plusieurs reprises quand on voulu la transporter ailleurs. En mémoire de ce fait, une chapelle fut construite en l'honneur de la Sainte Vierge en ce lieu même et elle est appelée dans un acte de 1146 capella Sancte Marie que est super stagnum."

    Amédée GUILLOTIN de CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes.

  • 20013508421NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    t. 4, p. 155

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