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Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté, place de la Chapelle (Perros-Guirec)

Dossier IA22006188 inclus dans Écart de la Clarté (Perros-Guirec) réalisé en 2006

Fiche

Appellationsdite Notre-Dame de la Clarté
Parties constituantes non étudiéesmur de clôture, croix de cimetière, puits
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
AdresseCommune : Perros-Guirec
Lieu-dit : la Clarté
Adresse : place de la
Chapelle
Cadastre : 1819 D1 290 ; 2004 AI 100

La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté est un édifice de la 2ème moitié du 15ème siècle et de la 1ère moitié du 16ème siècle, dont la construction, attribuée à Rolland IV de Coëtmen, seigneur de Tonquédec et de Keruzec, a débuté en 1445 comme l'atteste la présence d'une inscription sur un des piliers de la nef. La tour, le pignon ouest, la nef, le bas-côté nord et le chevet datent de la 2ème moitié du 15ème siècle. Le porche sud, construit vers 1500, possède une charpente dont une ferme porte la date 1573 (achèvement de travaux ou remaniement). La chapelle sud, dite de Saint-Samson, a été rapportée vers 1600, à l'inititative de la famille de Lannion. Le mur de clôture, qui présente au sud une croix érigée en 1630 par les soins du prêtre Guillaume Salaün, date de la 1ère moitié du 17ème siècle. La partie supérieure de la tour et la flèche en maçonnerie ont été achevées vers 1645. La sacristie a été construite en 1828 par les soins d'un dénommé N. Le Saux (d'après inscription). La chapelle a été classée monument historique le 30 mars 1904 et le mur de clôture le 28 mai 1915.

Période(s)Principale : 2e quart 15e siècle
Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 3e quart 16e siècle
Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates1445, porte la date
1573, porte la date
1630, porte la date
1828, porte la date
Auteur(s)Personnalité : Coëtmen Rolland IV de commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Quintin, Guillaume commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Salaün, Guillaume commanditaire attribution par travaux historiques

La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté est un édifice de style gothique régional construit en grand et moyen appareil de granite rose (granite rose à petits grains de Saint-Samson et granite rose à gros grains de la Clarté-Poumanac'h). Edifiée sur une parcelle délimitée par un mur de clôture doté de plusieurs accès par échalier et de bancs intérieurs, elle est composée d'une nef orientée flanquée au nord d'un bas-côté de trois travées et au sud d'un porche à étage et d'une chapelle en retour d'équerre. Elle comprend également au nord-ouest une tour-porche carrée sommée d'une flèche octogonale en maçonnerie, ainsi qu'une sacristie rapportée au nord-est coiffée d'une croupe. Epaulé de deux contreforts angulaires, le porche, dont l'étage abrite une secrétairerie prenant jour au sud par une croisée, est accosté à gauche d'une tour octogonale hors-oeuvre enfermant un escalier en vis en maçonnerie. La tour-porche, également épaulée de contreforts angulaires, est flanquée au sud-est d'une tour d'escalier dans-oeuvre enfermant un escalier en vis en maçonnerie. Le couvrement du porche sud et du porche nord-ouest est formé par une voûte d'ogives, celui de la nef par un berceau brisé lambrissé et celui du bas-côté nord par un demi-berceau lambrissé. Le décor est essentiellement localisé sur les baies. L'espace intérieur est éclairé par des baies à remplage de pierre de style gothique flamboyant. Les portails sud, nord, ouest et nord-ouest à arc brisé sont ornés de fleurons, crochets et choux frisés et présentent des pilastres sommés de pinacles. Les rampants des pignons sud sont ornés de crochets. Le portail sud est surmonté d'une frise ornée d'un décor sculpté représentant à droite la scène de l'Annonciation et à gauche une Vierge de pitié assistée de deux personnages. Des armoiries non identifiées sont situées de part et d'autre de la croisée surmontée d'une niche abritant une Vierge couronnée à l'Enfant. Les armes de Rolland IV de Coëtmen, fondateur de la chapelle, sont placées sur le chevet à gauche de la grande verrière (lion casqué tenant une bannière ornée de neuf annelets). La croix située au sud, face au portail, est dressée sur un piédestal placé entre deux échaliers. Elle est composée d'un socle et d'une croix monolithe ornée d'un Christ en croix à l'avant et du Sacré Coeur serti d'une couronne d'épines à l'arrière. Le socle présente, de part et d'autre d'un écu orné d'un calice, le monogramme du Christ (IHS) et de la Vierge (MR), le millésime 1630 ainsi que l'inscription Messire Guillaume Salaün, prêtre (commanditaire).

D'après Philippe Bonnet dans le cadre de l'enquête thématique régional sur l'architecture gothique en 2006 :

Plan et ordonnance intérieure :

Le plan est extrêmement compact : une nef très courte, terminée par un chevet plat, est couverte par un lambris en berceau brisé. Elle est flanquée au nord d´un unique bas-côté de trois travées, moins long que le vaisseau principal, couvert d´un demi-berceau. À l´extrémité ouest du collatéral est implanté à 45° un puissant clocher-porche à contreforts angulaires. Les trois grandes arcades retombent sur des piles octogonales par l´intermédiaire de chapiteaux en frise de feuillages. À la seconde pile, dont la face sud abrite une piscine à crédence, est adossé un autel. La présence d´une entaille atteste la présence ancienne d´un jubé, détruit en 1834.

La charpente, dont le lambris a été refait au moins deux fois depuis le 15e siècle, conserve ses entraits à engoulants, ses sablières ornées de feuillages, attribuées au charpentier et sculpteur trégorrois Jean Jouhaff (actif entre 1484 et 1500), quelques blochets saillants figurés et les bouts fleuronnés de ses poinçons pendants, encore partiellement polychromes. On a retrouvé lors des récents sondages des éléments d´un lambris en châtaignier portant un décor géométrique rouge et noir sur fond blanc, dessinant peut-être une croix de Malte. Il a été remplacé après 1873 par un lambris en sapin aux compartiments ornés de grandes arabesques rouges et bleues encadrant un cartouche quadrilobé au monogramme marial couronné. Au sud, la chapelle seigneuriale des Lannion, de plan presque carré, ouvre sur le choeur par une grande arcade symétrique à celle du bas-côté nord et, à droite de celle-ci, par une porte à l´archivolte richement sculptée de choux et fleurons et surmontée d´un blason. Le mur oriental du porche sud était épaulé par un contrefort qui s´est trouvé intégré dans la chapelle, où il reçoit la retombée de deux arcs de décharge. Une fenêtre rectangulaire à traverse, éclairant jadis la salle haute du porche, est percée dans sa travée sud. À droite de la baie qui éclaire à l´est la chapelle des Lannion, comme dans le mur sud de la première travée de la nef, sont ménagés des lavabos à crédence. Le porche sud est composé de deux travées voûtées d´ogives, dont les clés portent des écus. En 1905, l´intérieur présentait un badigeon rouge à faux joints blancs. À gauche de l´entrée, une porte en arc brisé dont l´archivolte est ornée de choux frisés et se termine en accolade à fleuron, donne accès à l´escalier en vis qui dessert la petite salle de l´étage, dotée d´une cheminée, faisant office de secrétairerie. À la clé de l´arc à ressauts multiples ouvrant sur la chapelle, un écu incliné surmonté d´un heaume avec un ange pour cimier est porté par deux lions en granite gris ; de part et d´autre, deux culots végétaux.

Ordonnance extérieure :

Construite en grand appareil de granite rose, la chapelle occupe un emplacement exceptionnel dominant la baie qui relie la pointe de Perros à Ploumanac´h. Elle est actuellement couverte en ardoises de Sizun, mais la couverture d´origine, dont on a retrouvé des échantillons dans les combles, était en ardoises épaisses, posées à l´aide de chevilles sur un lit d´argile ou de mortier. L´élévation sud est marquée par la juxtaposition des murs-pignons du porche et de la chapelle des Lannion, plus élevé que son voisin. Encadré par des contreforts angulaires à ressauts amortis par des pinacles, le porche s´ouvre par un portail en arc brisé garni d´une clôture en menuiserie ajourée du 17e siècle. Au-dessus du portail, de part et d´autre du fleuron de l´accolade, deux bas-reliefs d´une grande qualité d´exécution représentent à gauche la Déploration du Christ, à droite l´Annonciation. Ils sont à mettre en rapport avec le décor du porche sud de Runan, antérieur de quelques années. À l´étage, la fenêtre à meneau et croisillon de la secrétairerie est encadrée par deux emblèmes héraldiques. La chapelle seigneuriale est éclairée par une baie flamboyante à deux lancettes surmontées d´un réseau à soufflets et mouchettes. L´élévation sud de la nef est des plus simples : deux travées séparées par un contrefort, la première aveugle, la seconde percée d´un oculus inscrit dans une baie en plein-cintre. La façade ouest, encadrée par deux contreforts angulaires, frappe par sa muralité. Elle est percée d´un portail en accolade entre deux pinacles, surmonté d´un oculus lui aussi inscrit dans une modeste baie en plein-cintre.

Le clocher est une tour carrée contemporaine de la nef, bien que certains auteurs l´aient datée du 16e siècle. Construite au nord-ouest du bas-côté nord, elle est implantée à 45°, si bien que ses contreforts angulaires se trouvent rigoureusement orientés. Cette disposition, d´une grande puissance plastique, est tout à fait exceptionnelle, mais non sans exemple à la fin du Moyen Âge. La partie basse du clocher est composée d´un porche d´entrée d´une travée carrée voûtée d´ogives. A la clé du portail est sculpté un lion tenant l´écu écartelé, chargé de trois croissants, de la famille de Coëtréven. On accède à la plate-forme par un escalier situé dans une tourelle polygonale demi-hors-oeuvre ménagée dans l´angle formé par la tour et la nef. La flèche à six pans, du 17e siècle, est construite en granite gris.

L´élévation nord se compose de deux travées entre la tour et la sacristie. La première est percée d´une porte, avec à la clé un écu porté par un lion, la seconde d´un oculus inscrit dans une baie plein-cintre, formule décidément affectionnée par le maître d´oeuvre de l´édifice. Le mur du chevet, qui se développe entre deux contreforts angulaires, est épaulé par un contrefort droit dans l´axe des piles séparant le vaisseau principal du collatéral. La maîtresse-vitre, à six lancettes trilobées surmontées d´un réseau flamboyant à soufflets et mouchettes, comporte une traverse horizontale, qui peut dénoter une influence du style perpendiculaire anglais.

Bâtie pour l´essentiel grâce aux largesses de deux familles de l´entourage ducal, la chapelle de La Clarté constitue un précieux jalon de l´épanouissement des formes flamboyantes en Trégor, dans les années centrales du 15e siècle. La disposition singulière de son clocher en fait un unicum dans l´architecture bretonne du temps.

Mursgranite
grand appareil
moyen appareil
Toitardoise, pierre en couverture
Étages2 vaisseaux
Couvrementsvoûte d'ogives
lambris de couvrement
Couverturesflèche en maçonnerie
toit à longs pans
pignon découvert
noue
croupe
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Typologiesstyle gothique. Croix monolithe sur socle. Porche à étage
États conservationsrestauré
Techniquessculpture
menuiserie
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1915/05/28
Précisions sur la protection

Chapelle Notre-Dame de la Clarté et mur de clôture classés par décret du 28 mai 1915.

Annexes

  • 20072205587NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/38, Numplan 9.

    20062206516NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 60 J 228.

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/38, plans cadastraux parcellaires de 1819.

    Numplan 9, section D, 1ère feuille
  • AD Côtes-d'Armor : fonds Frotier de La Messelière, 60 J 228 : planches de dessins de monuments et de sculptures, recueil in-plano (Quintin-Avaugour, Corlay et Trégor-Goëlo : 40 planches).

Bibliographie
  • BERGER, Claude, RACINE, Françoise. Du côté de Perros. Perros-Guirec des origines à 1945. Perros-Guirec : La Tilv éditeur, 1994.

    p. 180-188
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 287-288
  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

    p. 816-817
  • GELIS, Paul. Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté en Perros-Guirec. In : Congrès Archéologique de France, 107ème session, Saint-Brieuc. Paris : Société Française d'Archéologie, 1949.

    p. 133-140
  • JOUAN, Yvonne. Chapelle Notre-Dame de la Clarté, Perros-Guirec. Louannec : Editions d'Art Jack, 2006.

Liens web