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Carrières de l'Ile Agathon (Pleumeur-Bodou)

Dossier IA22006053 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

AppellationsIle Canton
Parties constituantes non étudiéesquai, forge, cabane, cabane, maison, voie ferrée, croix monumentale
Dénominationscarrière
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
AdresseCommune : Pleumeur-Bodou
Lieu-dit : île Agathon
Cadastre : 1819 , A1

Au 1er quart du 19ème siècle, l'Île Canton ou Agathon dépendait de l'abbaye de Bégard, comme le hameau de Pen Lan et la chapelle de Penvern à Trébeurden (cadastre napoléonien). L'île Agathon est la propriété de la commune de Pleumeur-Bodou qui louait le terrain à l'exploitant qui en faisait la demande. C'est ainsi qu'en 1888 une concession fut accordée à Louis Le Loët. En 1907, l'île Canton et l'île aux Renards sont affermées à Eugène Le Loët et Casimir Belloir. Le dernier exploitant fut Louis Roïc. Les carrières de l'île Agathon : - au nord-est : la plus grande carrière de l'île, une des plus importantes hors estran, qui fut exploitée jusqu'à une date récente, avec un quai de chargement à proximité ; - au sud-ouest de l'île, la carrière de Toul ar Laer, importante surface travaillée de 2500 m2, peu profonde ; François Guyon en fut l'exploitant à partir de 1965 ; - sur la pointe nord, deux excavations et des restes de construction ; - sur la façade sud, une petite carrière ; - sur la pointe sud-est : deux petites excavations entaillent la falaise, en front de mer. Un personnage original : le "père Guyon" y vécut pendant toute l´occupation allemande durant la dernière guerre mondiale. Il s´était bâti sa "maison" : simple abri en pierres sèches avec une paillasse de fougères et repas de berniques cuites au feu de goémon séché. Louis Roïc fils qui travaillait aussi à Kastel Erec avait développé son chantier de taille sur la grande carrière de l´île Agathon. Après son décès, ses fils continueront le travail jusqu´en 1989. A cette date toute activité cesse à l'Ile Grande sauf à l´île Agathon où elle continuera encore quelque temps.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 20e siècle

L´Ile Agathon mesure presque un kilomètre d'ouest en est (avec son estran), avec une largeur maximum de 500 mètres en son centre. Elle comprend trois branches, chacune large de 200 mètres environ, avec un point haut à 11 mètres. Une grande partie de l'île est composée de sables dunaires. A l'extrémité de chacune des trois branches, le sol granitique affleure et a été largement exploité. Deux croix antiques, sont les vestiges possibles d´un très ancien lieu d´inhumation : chapelle enfouie sous la dune. Le couvert végétal est ici important (lande à bruyère). Outre la lande, se trouve un bois de pins plantés en 1920. La plus grande carrière de l'île Agathon se trouve sur la branche nord-est, face à la pointe de Toul ar Staon. Elle atteint une surface de 4 000 m² et une profondeur de 10 mètres. Les anciens bâtiments : forge et abris pour la taille sont en ruine. Une jetée s'avançant sur l'estran avec une voie ferrée type Decauville permettait le chargement des bateaux à marée haute. C'est une des plus grandes carrières existant sur les îles en dehors de l'estran. L´île Agathon nous offre une variante de granite, un granite de couleur ocre à grains légèrement supérieurs. Il est nommé Agathon ou Canton. Il a été intensément exploité.

Mursgranite
États conservationsdésaffecté, vestiges, inégal suivant les parties

La carrière de l'Île Agathon et ses multiples équipement (à l'état de vestiges) méritent d'être conservés et signalés comme le bâti littoral et l'ancien quai de débarquement. Ces vestiges, témoins d'une ancienne activité, mériteraient d'être interprétés dans le cadre d'un itinéraire culturel des carrières.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà étudier

Annexes

  • L'évolution de l'Île Aganton

    Synthèse d'après le rapport de J.P. Pinot "L'évolution du littoral autour de la baie de Lannion et sur la Côte de Granit Rose", SMVM de la baie de Lannion, 1993.

    Le nom d'Île Aganton proviendrait de l'existence d'un lieu de culte dédié à saint Aganton, qui se serait substitué à saint André, lors de l'édification d'une chapelle, située selon les recherches du colonel Pérès, à l'endroit où subsiste aujourd'hui deux crois en pierre, en partie ensablée sous la dune, au milieu de l'île. Ces croix au nombre de trois peu avant 1940 : l'une a disparu. Elles étaient l'objet de pèlerinages, qui ont été décrits en 1902 par Charles Le Goffic dans "L'âme bretonne", et qui avaient pour objet de guérir les enfants de la coqueluche.

    Il faut préciser que sur la carte des ingénieurs géographes de 1774, ne figure aucun monument sur l'île, ni chapelle, ni croix, ni maison.

    L'Île Aganton, encore appelée Île Canton recouvre une surface de 19, 82 ha selon l'ancien cadastre napoléonien (1819), 950 mètres de log sur seulement 200 mètres de large pour chacune de ses trois branches. Elle est la propriété de la commune de Pleumeur-Bodou.

    Elle semble avoir peu été habitée avant l'installation des carriers, qui ont éventré pour l'exploitation du granite, la colline la plus haute de l'île. Elle servit aussi de parcours de pâture pour les moutons en semi-liberté, avec pour conséquence d'un surpâturage, selon une photo aérienne de 1929, une forte diminution de la végétation.

    Il n'existe sur l'île aucune construction autre que les restes d'abris de carrier, recouverts parfois de tôle. L'une des buttes granitiques était encore exploitée comme carrière en 1993. Les pierres étaient charroyées à travers la grève vers l'Île-Grande, alors qu'autrefois, elles étaient transbordées sur des bateaux depuis de petites cales de pierres sèches. L'une de ces cales construites après 1929 et encore en bon état, ferme un petit port d'échouage, alors que l'autre, plus rustique et aujourd'hui délabrée, était située plus au nord, le long de la passe de Toul-ar-Stang.

    L'île reste aujourd'hui peu fréquentée. Elle pourrait éventuellement faire l'objet d'un plan d'interprétation de l'exploitation carrière, en relations avec d'autres sites sur l'estran.

  • Le granite type "Agathon" :

    L´auréole de ce beau granite, très exploité dans les îles, s´étend de Trébeurden à Trégastel. Des vestiges d´anciennes carrières se trouvent sur le continent, surtout dans les quartiers de Kerariou et Kerellec en Trébeurden, quelques autres au sud de Kerénoc en Pleumeur-Bodou. La plus importante fut l´exploitation de Kerleo qui fut développée par la société des Carrières de l´Ouest au début du siècle et récemment par l'exploitant carrier Belloir. Les noms des carriers : Toussaint Colombier, Louis Frélot, Offret... sont attachés aussi à l´exploitation de ce granite.

  • 20062203864NUCB : Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20062203971NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/41, Numplan.

    20062203865NUCB : Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20062203866NUCB : Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20062204069NUCB : Collection particulière

    20062203879NUCB : Collection particulière (UTL Lannion)

    20062203878NUCB : Collection particulière (UTL Lannion)

    20062203796NUCB : Collection particulière (UTL Lannion)