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Bateau de pêche, canot jaguin dit "dragous Frotte Berniques"

Dossier IM22005090 réalisé en 2002
Dénominationsbateau de pêche
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
AdresseCommune : Saint-Cast-le-Guildo
Lieu-dit : Saint-Cast

Les canots jaguins sont de forts canots ouverts avec un gréement spécifique. Le dragou ou dragous est gréé de deux voiles au tiers, avec un apiquage moyen, sur des mâts non haubanés, avec un foc amuré sur un bout-dehors. Les voiles sont toujours hissées en opposition, à tribord et à bâbord de leurs mâts respectifs, pour qu'une voile se trouve toujours sous le vent.

Les Castins ont adopté, comme les autres ports de pêche de la côte d'Emeraude, ce plan de voilure et ce type de gréement sur leur bateau de travail "à tout faire", pêche et transport, bornage, au cours du dernier quart du 19e jusqu'au premier quart du 20e siècle.

Les pêches pratiquées associaient la pêche aux lignes, au casier, avec une spécificité pour l'emploi du chalut à barre. En gallo, les deux funes (cordages) du chalut à perche sont appelées "Berrieux". C'était un cordage sur lequel, en son milieu, était estropée une forte poulie simple dans laquelle passait l'aussière de drague. Les "palotons" représentent les deux massifs de bois, cerclés de fer, qui maintenaient écartée la poche du chalut à perche. A la partie basse une chaîne, sur laquelle était transfilée la lèvre inférieure du filet, raclait le fond. Une barre de fer, le "fer de drague", assurait la liaison des palotons par le haut.

Cette coque lourde mais bien toilée, construite avec un fort échantillonnage peut échouer sans danger sur des fonds durs et transporter un équipage nombreux (4 hommes à bord en pêche).

Le dragous "Frotte berniques" est une copie à l'identique et une construction neuve, effectuée au chantier Yvon Clochet de Plouguiel en 1987-88, sur les plans d'origine du chantier Lemarchand de la "Landriais" en Rance, pour Jean Macé en 1885.

Cette unité neuve a été réalisée pour une association castine. Elle navigue aujourd'hui dans le cadre du Centre nautique de Saint-Cast, pour des navigations pédagogiques et patrimoniales, permettant de remettre le bateau dans des conditions de navigation ethno-pédagogiques, pour comprendre son fonctionnement et ses qualités nautiques (gréement adapté à telle forme de coque, pour certaines fonctions de pêche aux allures portantes et de bornage).

Le dragous représente une forme plus adaptée de gréement, pour pêcher à la voile, au chalut et aux lignes traînantes, dans des conditions que ne permettaient pas les premiers "carrés ou "glaos", au gréement de voile unique carrée, sur des coques à cul carré, longues de 40 pieds. Ces "glaos", forts canots portaient parfois deux mâts non haubanés, faciles à démâter à la grève, mais peu efficaces au louvoyage, sans l'aide de grands avirons. Ils pêchaient principalement les raies aux Roches-Douvres, avec des tantis de filets et des lignes. Les hommes vivaient à bord sur un paillot de varech et une pierre plate (platin) pour faire le feu de bois. Les platins servaient encore de lest. Ces navires peu performants, nombreux au 1e quart du 19e siècle, ont disparu pendant la 2e moitié du 19e siècle, à une date précise non connue, remplacés par les dragous, au gréement de lougre.

Période(s)Principale
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1988
Auteur(s)Auteur : Clochet Yvon charpentier

Le dragous est construit entièrement en chêne. Il est gréé de deux voiles principales, dont une misaine amurée au pied de mât, un taillevent bômé, avec une forte quête, surmonté d'un hunier, et un foc. La surface de voilure totale est de 60 mètres carrés. Sa longueur hors tout est de 12,50 m avec le bout-dehors. Le déplacement est de 7,5 tonnes, pour un poids total en charge de 8 tonnes. Le tirant d'eau est de 1,40 m. La coque mesure 6,60 m pour une largeur au maître bau de 3,05 m. Ces culs carrés ont un fort tableau arrière avec un étambot extérieur, une quille longue, que seul un plan de voilure très étendu et allongé permet de faire virer dans le clapot de la Manche. On retrouve ce type de coque large et profonde avec un gréement semblable en Trégor-Goélo. L'aménagement de la coque se caractérise par la présence d'un pontage bas sur le premier tiers du bateau. Le pont de cette tille est renforcé dans sa partie centrale par un massif de plus forte section, la "planche de matude" qui forme l'étambrai du mât de misaine. Un grand banc est situé en avant du maître bau, qui tient lieu d'étambrai pour le grand mât de taillevent. Au tiers arrière, un autre banc transversal fait office de banc de pompe.

Catégoriescharpente
Structurescoque à bouchain arrondi
Matériauxchêne
Précision dimensions

l = 6,60 ; la = 3,05 ; pr = 1,40 ; pds = 8

États conservationsbon état
oeuvre reconstituée
Précision état de conservation

En état de naviguer.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreÀ signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • DUEDAL, Michel. Hommes et femmes de Saint-Jacut, les canots jaguens. In Le Chasse-Marée, 1981, n° 1.

    p. 42
  • LE BOT, Jean. Les bateaux de la Bretagne Nord aux derniers jours de la voile. Grenoble : Debanne, 1984.

    p. 97-99
  • CARRE, Jean-François. Parler maritime jaguin. In Les Amis du Vieux Saint Jacut, 2001, n°39.

    p. 42-44