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Cabotage

Dossier IM22005638 réalisé en 2007
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Localisation Commune : Saint-Quay-Portrieux

Au début du 19ème siècle, la vieille jetée du Portrieux était occupée par les cutters qui faisaient un service régulier avec les îles anglo-normandes, pour le commerce des primeurs mais aussi pour le transport de la main-d'oeuvre locale saisonnière. Ces bateaux furent relayés entre le 19ème siècle et la 1ère moitié du 20ème siècle par des navires à vapeur et des goélettes. Le trafic du port vers ces îles anglaises s'élevait en 1857 à 70 navires armés au cabotage. Pour cette même année, 11 navires étaient armés à la grande pêche et 16 seulement pour la petite pêche. Ce trafic va se développer par la suite au cours du 1er quart du 20ème siècle avec le commerce de la houille en provenance du port de Cardiff en particulier. En 1913, 2200 tonnes de boulets de charbon sont débarquées sur un total de 3000 tonnes. Francis Thomas, importateur de charbon (avec la marque "noix Océan") entre les Deux Guerres, arme une première goélette de cabotage le "Goéland" et traite avec une société d'importation anglaise de Cardiff. Une autre goélette "Iris" avec un équipage de marins pleubiannais, armée par la famille Mesvel, est affectée à ce commerce pour le Portrieux, chargeant régulièrement 20 tonnes de "le "French nuts anthracite". En 1950, Francis Thomas achète une gabarre pontée, gréée en sloop à Pleubian, "Eugénie", qui peut charger 30 tonnes de charbon d'importation et ramener des galets de Pleubian à Saint-Malo, pour la construction. Ce caboteur est baptisé par la suite "Bleimor" et poursuit sa carrière quelques années après la guerre, au moment où les camions se font encore rares. Le bateau était déchargé à la pelle et les charrettes comme autrefois effectuaient le transport dans la grève à marée basse. Une quinzaine d'années plus tard, le développement du tourisme et de la construction immobilière, entraîne un renouvellement du trafic du port avec le caboteur motorisé, "Le Léonard", de la Cie paimpolaise Garnier, affrété pour le transport du ciment et de la chaux pour le compte des "Cimenteries Réunies" de la famille Thomas, entre 1960 et 1964. Un autre caboteur "Le Trégor" faisait des rotations entre Boulogne et Portrieux. La Cie des Cimenteries fut achetée plus tard par une autre société de négoce de matériaux, le Point P. Le commerce maritime de Portrieux devait s'éteindre quelques années plus tard en raison de la concurrence du transport par route et par train, comme dans les nombreux ports des Côtes d'Armor, hors le port du Légué et celui de Tréguier, qui réussirent à poursuivre le trafic maritime.

Annexes

  • Le Père Jean-Marie :

    C´est un vieux loup de mer

    Le dernier d´une race

    Dont les flots séculaires

    Ont mesuré l´audace

    Dont l´embrun a laissé sa marque sur la peau

    Car la main toujours fut digne du bateau

    Lorsque la « Sylvabelle » en hiver appareille

    Alors que les plus vieux au vent tendent l´oreille

    C´est un oiseau léger, tout bleu, qui sur les flots

    Mêlant à la rafale un bruit de gros sabots

    Va porter du charbon, cette poudre des îles

    Où le vieux Guénolé prêcha ses Evangiles

    Et cela dura ainsi depuis plus de trente ans

    Les rochers de chez nous l´ont vu passer courant sous la fortune

    D´autres l´ont admiré louvoyant sous la lune

    C´est alors que l´écume allant de roche en roche

    Leur dit très gentiment que Jean-Marie approche

    Qu´il faut se révéler à son oeil grand ouvert

    Car c´est un bon enfant ce vieux loup de mer

    Et la reine des lieux ; la grande Vinotière

    Approuve en occultant lentement sa lumière

    Un soir pris dans la brume aux abords de Lézar

    Répugnant de laisser son destin au hasard

    Il construisit un moine aussi puissant qu´un phare

    Avec de vieux chiffons entourant une barre

    Alors devant l´éclat du phare improvisé

    Tout vapeur s´écartait comme magnétisé

    Enfin quand sonne l´heure du grand voyage

    Vaillant comme il le fut avec son équipage

    Sans crainte il partira sur le grand océan

    Crachant un dernier jus de sa chique et pis en...

    Le commandant Tréhiou de St-Quay-Portrieux a composé cette chanson en hommage à l´un des derniers capitaine de goélette de cabotage, Jean-Marie Meudal, de Pleubian, qui armait ce navire exclusivement à la voile, allant charger du charbon à Cardiff, échangé contre les pins de la forêt du Trieux, pour servir des poteaux de mine. Ce poème a été recueilli auprès de Yves-Marie Croajou, en 1980, lui même ancien maître d´équipage sur la goélette l´Océanide du capitaine Nicolas de Tréguier.

    Au début du 20ème siècle et jusque la seconde guerre mondiale, la navigation au cabotage s´effectuait encore à la voile, avec uniquement un compas de route, un loch à main et un sextant. Le balisage était un gage de sécurité pour des navires qui devaient louvoyer à la voile près des côtes et dont le capitaine devait posséder un sens marin aigu.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série Supplément 142. Plan d'aménagements de Port Es Leu, 1848.

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Joël Jouas Poutrel : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920, par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855 et pour les années 1950-60-70, par le photographe Joël Jouas Poutrel (1920-2006).

  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Barat : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920 par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855.

  • AD Côtes-d'Armor : 44 Fi, fonds Delépine : collection de 3 vues du Portrieux, "Le marché aux pots", "les régates", "vedette arrivant au port", photographies noir et blanc, datées e 1900-1910, par Jean-Baptiste Barat, photographe.

  • AD Côtes-d'Armor : 39 Fi, fonds Vallée : collection de vues de Saint-Quay-Portrieux, photographies noir et blanc, datées entre 1906 et 1925.

Bibliographie
  • CORBEL, Bernard. Saint-Quay-Portrieux, enjeu maritime au 18ème et 19ème siècle. Saint-Brieuc : les Presses bretonnes, 1993.

  • LACROIX, Louis. Les écraseurs de crabes sur les derniers voiliers caboteurs. Rennes : Editions Les Portes du Larges, 1947.

  • LOZAC'H, Alain. Ports de Bretagne Nord. Spezet : Coop Breizh, 2006.

    P. 63-66