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Bras-reliquaire de saint Judicaël

Dossier IM35021389 réalisé en 1994

Fiche

Dossiers de synthèse

Ce reliquaire morphologique, provenant de l'abbaye de Saint-Méen-le-Grand, a été réalisé pour contenir un fragment d´un os du bras de saint Judicaël, ancien roi de Bretagne à l´époque mérovingienne. La main tenant un livre, iconographie habituelle réservée aux fondateurs, fait évidemment référence au fait que ce saint personnage, après avoir conclu une paix durable avec les Francs, passe pour s´être retiré au monastère de Saint-Jean de Gaël et avoir fondé celui de Paimpont. La paix conclue en 636 avec Dagobert roi des Francs, en fit aux yeux de ses successeurs un des modèles du bon gouvernement et l´un des fondateurs de la légitimité bretonne.

La rigidité de la manche rappelle les oeuvres du XIVe siècle mais le traitement décoratif des rinceaux fleuris ainsi que la découpe en targe de l´écu armorié situent sans conteste l´objet dans la deuxième moitié du XVe siècle. La représentation du livre reproduit fidèlement un modèle de fermoir à deux courroies de cuir venant fermer celui-ci sur le milieu du plat extérieur par deux boutons plat orfévrés, modèle en usage entre le XIVe et la deuxième moitié du XVe siècle, plusieurs fois représenté sur les enluminures contemporaines. Seul le décor de ces deux fermoirs est gravé, tout le reste du décor pointillé, aussi bien sur le plat du livre que sur les côtés du bras, est exécuté à l´aide d´un ciselet. L'arrêt brutal du décor ciselé aux angles du plat du livre, indique qu'à ll'image de la pierre centrale, les quatre pierres actuellement posées sur un fond uni devaient très probablement se détacher sur un quatrefeuille d'argent doré.

Sur l´un des côtés du bras, parmi un décor de guirlandes fleuries, figurent les armes des ducs de Bretagne flanquées de part et d´autre de la devise « a ma vie », adoptée par les ducs bretons à partir de Jean IV . La forme de l´écu à échancrure, dite en targe, utilisée à partir du milieu du XVe siècle, se retrouve identique sur les monnaies émises sous les ducs François Ier et François II. Elle corrobore la tradition qui attribue la commande de ce bras-reliquaire au duc François II et à son épouse Marguerite de Foix. Les fleurs de marguerites qui composent l´ensemble du décor constituent une allusion probable au prénom de la duchesse. La devise Utinam, que l´on peut traduire par Plût à Dieu ou Fasse le ciel, incisée sur un des côtés du bas de la manche est peut-être une devise personnelle du duc. Tous ces indices concordent pour avancer une datation vers le troisième quart du XVe siècle qui pourrait plus précisément se situer autour de 1474, date du mariage de François II de Bretagne et de Marguerite de Foix. Le bras-reliquaire de Paimpont pourrait ainsi être un présent offert par le couple princier à l´occasion de son mariage.

Description de l'Abbaye de Saint-Méen en 1646. Monasticon Benedictum. XXVIII. 1. A D I V, 1 F 500, fonds La Borderie, Saint-Méen.

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Il y a dans l'abbaye de Saint-Méen un beau thrésor où l'on garde le chef, le bras et le calice de saint-Méen qui est d'argent aussi bien que le chef et le bras où sont enchâssées ces saintes reliques......on y voit encore le chef et le bras de saint Judicaël roy de Bretaigne et son corps en une autre châsse. Ce chef et ce bras sont enchâssés dans un chef et un bras d'argent...

Dénominations bras-reliquaire
Appellations de saint Judicaël
Aire d'étude et canton Haute-Bretagne - Plélan-le-Grand
Adresse Commune : Paimpont
Emplacement dans l'édifice sacristie

Ce bras reliquaire provient de l'abbaye de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), dans laquelle il se trouve mentionné en 1646, parmi les objets du trésor, avec le chef-reliquaire de saint Judicael, associé à son tombeau. La commande de l'objet par le couple ducal de Bretagne, François II et Marguerite de Foix, vers 1475, peu après le mariage du couple princier, est confirmée par l'iconographie portée. A une date inconnue, probablement au début du XIXe siècle, le bras-reliquaire, se retrouva dans l'ancienne église abbatiale de Paimpont, dans laquelle il est conservé depuis. Il a fait l'objet au début du XXe siècle d'une importante restauration par l'atelier Evellin de Rennes.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Lieu d'exécution Édifice ou site : Bretagne
Auteur(s) Personnalité : François de Bretagne et Marguerite de Foix,
François de Bretagne et Marguerite de Foix
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commanditaire

Lames d'argent clouées sur âme de bois. La main du saint tient un livre dont le plat antérieur et les tranches sont entièrement ciselées. Ce livre est rehaussé de fermoirs gravés et dorés. Le poignet de la manche est enrichi de pierres, de même que le centre du plat antérieur du livre.

Catégories orfèvrerie
Matériaux argent, repoussé, ciselé, gravé, doré
bois
cristal
Précision dimensions

h = 60 ; l = 22 ; pr = 11

Iconographies feuilles d'acanthe, fleurs, hermine, marguerite
Précision représentations

Feuilles d'acanthe sur les tranches du livre et le dessous de la manche, fleurs stylisées sur le plat supérieur du livre, petite hermine parmi des fleurs de marguerites.

Inscriptions & marques devise
armoiries
Précision inscriptions

Devise A MA VIE sur la longueur de la manche encadrant les armes de Bretagne ; devise UTINAM et monogramme M sur le poignet de la manche. Armes ducales de Bretagne au semis d'hermine sur le dessus de la manche.

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

Plusieurs plaques d'argent ont été remplacées ; les pierrres sont modernes.

Pièce majeure de l'orfèvrerie gothique de haute Bretagne.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1906/12/22