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Bourg de Lanvéoc

Dossier IA29004751 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Analyse du bâti du bourg:

120 polygones ont été réalisés lors du recensement du bourg de Lanvéoc -au bourg à proprement parlé, nous avons intégré la rue de la Grève, la rue du Poulmic ainsi que la rue du Fret. L'ensemble de l'habitat du bourg de Lanvéoc ayant subi des modifications importantes, les datations sont parfois difficiles en l'absence de chronogramme. Les baies des maisons construites entre la fin du 16e siècle et le début du 18e siècle font souvent l'objet d'une ornementation sculptée sur des pierres importées (accolades, chanfreins, moulures, volutes et coeurs sur les linteaux, griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroits).

Le 17e siècle représente 5% du bâti, il en est de même pour le 18e siècle. Le 19e siècle représente 38% et le 20e siècle 48%, avec un pic pour les constructions du 2e quart du 20e siècle (62% des constructions de la première moitié du 20e siècle) ; les constructions postérieures au milieu du 20e siècle n'ont pas été prises en compte.

L'analyse des dates portées propose un tout autre chiffre : 50% pour le 17e siècle, 33% pour le 18e siècle et 17% pour le 19e siècle. Ces dates étant intégrées à des bâtiments totalement modifiés pour la plupart, elles n'ont que très rarement été prises en compte pour la datation définitive du bâti. Ces chiffres permettent cependant de mettre en évidence l'ancienneté réelle du bâti du bourg de Lanvéoc. L´absence de chiffre pour le 20e siècle s´explique par l´absence de date portée sur cette période.

Le grès local étant très difficile à tailler, les dates sont sculptées dans des pierres importées, plus propices à la taille (microdiorite quartzique, granite, kersantite). Elles sont majoritairement gravées ou sculptées sur les linteaux de porte.

Le bourg s'étant développé autour de la route royale menant de Quimper à Brest, beaucoup de voyageurs y transitaient. La structure ancienne du bourg est toujours en place et on retrouve sans mal le parcellaire du cadastre de 1831. Au 19e siècle sont recensés plusieurs auberges et hôtels.

Le bourg a bénéficié de constructions neuves suite à la création de la commune en 1872 (rue du Fret). La construction de la base aéronavale en 1930 a apporté à Lanvéoc de nouveaux habitants : des constructions neuves apparaissent rue du Poulmic. Une vue aérienne de la commune en 1919 -accessible sur le site internet de Brest Métropole Océane- montre qu´il n´existait qu´une ferme à cette époque sur le chemin qui allait devenir la rue du Poulmic (21, rue du Poulmic). Durant les années 1930, plusieurs maisons implantées parallèlement à la route ont été construites selon les modèles urbains de la maison ternaire ou du pavillon.

Le bâti ancien est très fortement dénaturé (façade rehaussée au 19e siècle, ouvertures modifiées, toitures modifiées suites aux bombardements de 1943), il ne reste souvent que l'encadrement de la porte principale. Les cartes postales du début du 20e siècle permettent de rendre compte d'un bâti ancien qui était peu modifié alors. Comme la maison des 7 et 9 de la grand'rue dont la pente de toit et les ouvertures étaient encore intactes, ou bien des maisons bases, de petits volumes, à un rez-de-chaussée et un étage de comble, dont le seul exemple visible se situe rue des écoles.

Grand'rue on trouve quelques maisons reprenant un plan massé (parfois avec étage carré et comble) avec appentis en retour d'équerre en façade postérieure donnant sur cour. L'une d'entre elles porte les dates de 1694 et 1752. Au rez-de-chaussée une ouverture reçoit une console qui indique une fonction commerciale.

La partie ouest de la rue du Fret présente un ensemble de maisons de type ternaire construites en limite du 20e siècle. Ce modèle a été repris jusqu'à la seconde guerre mondiale dans cette même rue, rue de Tal-ar-groas et rue du Navarrou. Cet ensemble apporte un peu d'homogénéité dans les façades du bourg. Les maisons du bourg, à fonction essentiellement commerciale, reprennent, après travaux d'agrandissements à la fin du 19e siècle, le principe d'une façade de type ternaire.

La partie est de la rue du Fret présente quelques maisons des années 1930 de type pavillonnaire composées d'un rez-de-chaussé sur plan massé avec un étage de comble présentant un pignon axial en façade principale (58, 62 rue du Fret).

Le lotissement Stella Marine, rue du Fret, est intéressant par l'utilisation du vocabulaire néo-régionaliste développé par Louis Vaugeois en 1925 avec le pavillon breton "ty breiz" présenté à Paris lors de l'exposition universelle. Le lotissement situé boulevard de la Marine décline, de façon différente, ce même vocabulaire : vastes frontons, murs lisses enduits, lucarnes de surcroît, pignon disposé au nu de la façade.

Seuls 4 dossiers individuels de maisons urbaines ont été réalisés sur les quelques 120 recensées dans le bourg de Lanvéoc. Plusieurs raisons expliquent la faiblesse de ce chiffre : les altérations importantes sur de nombreux édifices, la difficulté à entrer à l'intérieur des habitations pour les analyser, la répétitivité des modèles les plus récents.

Dénominations bourg
Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional d'Armorique - Crozon
Adresse Commune : Lanvéoc
Lieu-dit : Bourg

Le bourg de Lanvéoc s'est développé le long la route royale Quimper-Brest via le port de Lanvéoc. La chaussée étant empruntée par des cavaliers, des colonnes de troupes, des convois, des charrettes et des diligences, la voie principale du bourg est très large. Sa largeur répond aux normes des routes royales : 42 pieds de large, soit 13 mètres. Mais alors que l´activité économique est essentiellement maritime, le bourg s´est, étonnamment, construit en hauteur. Les axes nouveaux de communication sont créés en 1871 (route de la grève) et la Route du Poulmic-ancien chemin- suite à la création de la base aéronavale. En 1830 le bourg de Lanvéoc comptait 328 habitants, 394 en 1862 et 400 en 1871. Lieu de passage, il existe plusieurs descriptions du bourg : En 1786, Jean-Marie Bachelot de la Pylaie décrit les maisons de la grand'rue : "On y trouve une rue large, d'une certaine longueur, droite, bordée sans interruption de maisons couvertes en ardoise qui ont presque toutes un premier étage au dessus d'un rez-de-chaussée. On en remarque même qui ont une certaine apparence nobiliaire et paraissent remonter au 15e ou 16e siècle." Il ajoute que les 350 individus qui y vivent sont marins, pêcheurs, cultivateurs et artisans. "Les 3/4 ne savent encore ni lire, ni écrire" et "c'est du reste une population docile, pleine de confiance en ses chefs et qui se prête bien volontiers à ce qu'ils en exigent." En 1828, Gilbert Villeneuve parle d´un « village très mal entretenu au milieu d´une campagne aride et déserte ». Jean-François Brousmiche vers 1830 n´est pas plus élogieux : « Lanvéoc est un village qui se compose de cinquante à soixante maisons qui toutes sont édifiées sur les bords de la grande route qui conduit à Quimper. Ici, tout est misérable, maisons et habitants. Autrefois quand cette route était fréquentée par la population brestoise, parce qu´elle raccourcissait de 8 lieues la distance entre Brest et Quimper, le commerce de consommation y était actif. Mais aujourd´hui que les voitures publiques roulent avec rapidité, qu´un bateau à vapeur conduit jusqu´à Châteaulin, que les prix de transport sont modérés, le promeneur seul dirige ses pas vers Lanvéoc. Jadis encore on trouvait à Lanvéoc, [...] ce qu´on appelait des chevaux quittes ou poste aux matelots. Des bidets forts et vigoureux, quoique peu élégants de formes, vous étaient livrés et avec eux vous franchissiez en trois heures les 10 lieues de poste séparant Lanvéoc de Quimper. Alors toutes les maisons de ce village étaient des auberges et dans toutes on trouvait des chevaux de louage. A Lanvéoc où l´on trouvait des voitures comme des chevaux, des bateaux toujours prêts pour le transport des voyageurs à Brest, on ne voit plus qu´une population hâve, maigre, chétive ; sur la place de ce village, on ne rencontre plus que des mendiants tendant la main pour recevoir une misérable charité qu´ils sollicitent avec une insistance fatigante. » La raison en est une situation de paix depuis 1815, le développement du trajet Quimper-Brest via Landerneau (plus rapide, moins inconfortable) ; L´activité de location de chevaux perdure cependant : l'annuaire de Brest et du Finistère (1835) mentionne une diligence au départ de Recouvrance pour Quimper, place de la cathédrale, via Lanvéoc pour 8,50 francs. A. Riou écrit en 1874 dans le bulletin de la société académique de Brest, promenades dans le Finistère : « La route départementale de Lanvéoc à Quimper était jadis très fréquentée. Nous nous figurions donc que le village où nous arrivions pouvait garder quelques vestiges d´une ancienne prospérité. Il n´en est rien, et Lanvéoc ne mérite en aucune façon d´arrêter le touriste".

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates 1621, porte la date
1640, porte la date
1694, porte la date
1752, porte la date
1829, porte la date
Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune

Annexes

  • 20112905497NUCA : Archives départementales du Finistère, 3P121.

    20112905498NUCA : Archives départementales du Finistère, 3P121.

    20112905395NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905492NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905488NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905489NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905486NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905391NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905487NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905394NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905493NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

    20112905491NUC : CD-Rom en mairie de Lanvéoc

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. Série 3 P 121. Tableau d´assemblage et cadastre parcellaire, 1830-1831.

Bibliographie
  • CADIOU, Didier. Naissance d´une commune [Lanvéoc]. Dans : Avel Gornog , N° 7, juillet 1999, pp. 16-21.