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Bornage, cabotage, Port de Binic (Binic fusionnée en Binic-Etables-sur-Mer en 2016)

Dossier IM22005528 réalisé en 2007
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Localisation Commune : Binic-Etables-sur-Mer
Lieu-dit : Port de Binic
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Binic

Le port de Binic a régulièrement accueilli des navires borneurs et caboteurs, chargés de morues, mais aussi de céréales, de sel du Portugal, de sable et d'engrais marins pour l'exportation et de bois pour l'importation (Verry-Carfantan). Les navires venaient à l'échouage décharger dans le bassin du vieux port, en particulier les sabliers ou gabarres de moyen tonnage, près de l'emplacement réservé aux engrais marins, en amont du vieux port, près de la passerelle mobile et de la cale affectée aux charrois des cultivateurs, venus enlever dans la grève du port leur précieux chargement. En 1885, le port de Binic comptait 2 armements au long cours, 17 caboteurs, 5 borneurs et 64 bateaux armés à la petite pêche et aus engrais marins. Cependant, de 1880 à 1912, la situation du cabotage s'avère peu florissante : de 4 caboteurs à un seul navire de charge en ce début du 20ème siècle, avant que le trafic ne reprenne grâce aux exportations de primeurs et de bois entre les deux guerres. En 1924, le port de Binic n'était plus qu'au douzième rang des ports de commerce des côtes-du-Nord, avec 1780 tonnes de marchandises, derrière les autres ports du département (Le Légué, Tréguier, Paimpol). Le trafic devait s'arrêter dans les années 1934, en particulier l'importation de bois du Nord pour la scierie Verry à bord du quatre mâts goélette "Kongedibet". Cependant, les charrois vont continuer à fréquenter le port jusque dans les années 1950, surtout pendant les périodes de grande marée. Sables et goémons à Binic au 19ème siècle Synthèse d'après les recherches de Christian Querré "Binic : port du Goëlo, 1994, édition du Dahin, et nos propres recherches. Les sables, le maërl et les goémons étaient très prisés par les cultivateurs de la côte (Etables, Pordic) et de l'arrière pays (Châtelaudren, Plurhan, Trégomeur) pour amender leurs terres acides. Vers 1850, on estimait à environ 20 000 le nombre de charrettes par an, avec des pointes de 404 véhicules attelés en flèche par jour pour enlever cet engrais de mer dans la grève du port : de 50 à 60 000 m3 de sable et vase étaient ainsi enlevés chaque année. 15 ans plus tard, c'étaient encore 30 000 tonnes de sable coquillier et environ 15 000 tonnes de sable de la grève, de vase et de "flèche" ou goémon (archives municipales, 1865). Ces engrais marins favorisaient la culture exigeante du chanvre et surtout du lin, dont on pouvait dénombrer les routoirs de rouissage : les routoirs de la Ville-Even, appelés "rotouées" à Binic. Il faut encore préciser que la navigation à Terre-Neuve permettait aux marins de cultiver leur parcelles de terre (dont ils étaient souvent les propriétaires avec leurs bâtiments) pendant 6 mois de l'année et de participer à la prospérité de la commune., surtout après la fin des guerres de l'Empire. Cette agriculture littorale faisait vivre une population nombreuse et pluri-active. Entre 1879 et 1900, les mauvaises saisons de pêche allaient redistribuer la carte des richesses et faire davantage dépendre l'économie locale des ressources agricoles et côtières. Vers 1913, une douzaine de bateaux étaient affectés au dragage du sable autour des îles Saint-Quay. Les agriculteurs venaient aussi extraire de la marne ou de la tangue de la plage de la Banche. Le déclin de la grande pêche devait contribuer à trouver de nouvelles ressources et à tirer partie de nouvelles activités comme le tourisme ou l'enrôlement des marins dans la marine de commerce ou la marine de l'Etat, favorisant ainsi les premières migrations alternantes ou définitives de la population côtière vers d'autres régions. L'ancien navire de charge la "Fée de l'Aulne", classé MH en 2002, reste aujourd'hui l'ultime témoin dans le port de Binic des navires de charge, borneurs et sabliers, qui naviguaient sur les côtes de la Manche de port en port.

Annexes

  • Le cabotage à Binic au cours du 19ème siècle (synthèse de Guy Prigent d'après les recherches de Christian Querré "Binic : port du Goëlo", 1994, édition du Dahin).

    En 1832, une ordonnance royale avait désigné entre autres ports Binic, "pour l'importation et l'exportation des grains, farines et légumes" (archives privées de C. Querré), activités qui subsistèrent au-delà du siècle.

    En 1838, un seul armateur faisait le commerce des sels : Honoré Besnier, soit 70 à 80 tonnes pour la localité (CM de Binic du 5 août 1838). En 1843, les 30 Terres-Neuviers qu'abritait le port, exportaient annuellement plus de 4 millions de kg de sel. Plus de 81 caboteurs dont les chargements étaient en moyenne de 49 746 tonnes, fournissaient en sel importé les navires de Binic. 44 caboteurs chargés d'autres marchandises entraient dans le port pendant les deux derniers mois de l'armement, le plus grand nombre arrivant à l'époque où les Terres-Neuviers étaient prêts à recevoir leur cargaison.

    De 1832 à 1843, d'après Habasque et Ogée, le port recevait annuellement de 150 à 160 bâtiments, dont 29 attachés à Binic. Parmi ces derniers, 18 ou 20 jaugent de 120 à 300 tonneaux, et sont armés pour Terre-Neuve, les autres font du grand et du petit cabotage.

    De 1866 à 1875, le port reçut 1743 navires, soit une moyenne de 174 unités par an (y compris les morutiers), soit 76 caboteurs de 83 à 100 tonneaux, qui relâchaient dans l'avant-port, représentant 10 000 tonneaux de fret. Un trafic s'effectuait aussi avec les îles anglo-normandes pour le commerce des pommes de terre et autres céréales et bestiaux, à partir de 1873. C. Querré précise dans son ouvrage que sur ces 70 caboteurs, 2 à 4 appartenaient au port de Binic, tous les autres armements binicais participaient à la pêche morutière. Seuls 3 bateaux armaient à la pêche côtière, alors que le dragage du sable occupait 18 à 20 gabarres de tonnage modeste (environ 8 tonneaux). Pour la seule année 1865, le port de Binic comptait 14 navires Terreneuviers montés par 749 hommes, 12 islandais (180 hommes), 2 caboteurs (24 hommes), 27 bateaux pour la pêche et les sables coquilliers (129 hommes), soit un effectif total de 1082 hommes pour les seules activités maritimes (sources archives communales).

  • Sables et goémons à Binic au 19ème siècleet

    Synthèse d'après les recherches de Christian Querré "Binic : port du Goëlo, 1994, édition du Dahin et nos propres recherches.

    Les sables et les goémons étaient très prisés par les cultivateurs de la côte (Etables, Pordic) et de l'arrière pays (Châtelaudren, Plurhan, Trégomeur) pour amender leurs terres acides. Vers 1850, on estimait à environ 20 000 le nombre de charrettes par an, avec des pointes de 404 véhicules attelés en flèche par jour pour enlever cet engrais de mer dans la grève du port : de 50 à 60 000 m3 de sable et vase étaient ainsi enlevés chaque année.

    15 ans plus tard, c'étaient encore 30 000 tonnes de sable coquillier et environ 15 000 tonnes de sable de la grève, de vase et de "flèche" ou goémon (archives municipales, 1865).

    Ces engrais marins favorisaient la culture exigeante du chanvre et surtout du lin, dont on pouvait dénombrer les routoirs de rouissage : les routoirs de la Ville-Even, appelés "rotouées à Binic. Il faut encore préciser que la navigation à Terre-Neuve permettait aux marins de cultiver leur parcelles de terre (dont ils étaient souvent les propriétaires avec leurs bâtiments) pendant 6 mois de l'année et de participer à la prospérité de la commune., surtout après la fin des guerres de l'Empire. Cette agriculture littorale faisait vivre une population nombreuse et pluri-active. Entre 1879 et 1900, les mauvaises saisons de pêche allaient redistribuer la carte des richesses et faire davantage dépendre l'économie locale des ressources agricoles et côtières. Le déclin de la grande pêche devait contribuer à trouver de nouvelles ressources et à tirer partie de nouvelles activités comme le tourisme ou l'enrôlement des marins dans la marine de commerce ou la marine de l'Etat, favorisant ainsi les premières migrations alternantes ou définitives de la population côtière vers d'autres régions.

  • 20072206222NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 89.

    20072206221NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 89.

    20072205996NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 94.

    20072205993NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 91.

    20072206203NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 90.

    20072206202NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 90.

    20072206204NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 90.

    20072206205NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 90.

    20072206215NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 91.

    20072206216NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 91.

    20072205992NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 92.

    20072205995NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 94.

    20072207244NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fonds Barat.

    20072207245NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fonds Barat.

    20072206535NUCB : Collection particulière

    20072206248NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi. Fonds Jouas Poutrel.

    20072206212NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi.

    20072206249NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi. Fonds Jouas Poutrel.

    20072206251NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi. Fonds Jouas Poutrel.

    20072206250NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi. Fonds Jouas Poutrel.

    20072206553NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S Art. S. 91. Tableau statistique des navires entrés dans l'avant-port de Binic entre le 1er mai 1861 et le 1er mai 1862.

Bibliographie
  • QUERRE, Christian, LERIBAUX, Philippe. Souvenirs de Binic (1900-1960). Binic : éditions du Dahin, 2004.

    p. 190-192