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Blockhaus de Kernevel, rue de la Marine (Larmor-Plage)

Dossier IA56006358 inclus dans Espace portuaire et défensif de Kernevel (Larmor-Plage) réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesremise
Dénominationsblockhaus
Aire d'étude et cantonBretagne - Ploemeur
AdresseCommune : Larmor-Plage
Lieu-dit : le Kernevel
Adresse : rue de la
Marine
Cadastre : AL 1145

Le 21 juin 1940, l´armée allemande entre dans Lorient. La Kriegsmarine s´y installe rapidement pour transformer ce port en base de ravitaillement pour sous-marins. Dès le 7 juillet, un submersible vient y faire escale. Le 16 octobre, l´amiral Dönitz, grand commandant des U-Boote, établit son quartier général au Kernevel, à l´est de la commune de Larmor-Plage. Il s´établit là entre 1940 et 1942 dans des bunkers camouflés au pied de trois belles villas construites durant la seconde moitié du 19e siècle, réquisitionnées par les Allemands, et qui dominent le petit port du Kernevel. De là, Dönitz envoie ses ordres en direction de tous les sous-marins opérant dans l´Atlantique. L´amiral et son état-major logent alors dans la villa centrale de Kerlilon, située entre les villas Margaret et Kerosen. En 1941, la construction de la base des sous-marins de Lorient est lancée et elle prend très rapidement une importance stratégique considérable dans la bataille de l'Atlantique. Il est essentiel pour les Allemands de la protéger efficacement. Aussi, des mesures de protection sont prises contre les avions par le déploiement de près de 30 batteries de défense anti-aviation. Ainsi, dès 1943, Lorient est sous la garde des batteries lourdes du Talut, de Locqueltas, du Kernevel et de Gâvres. Les bunkers du Kernevel sont intégrés au 264e groupe d´artillerie côtière lourde de la Kriegsmarine et sont répartis en deux postes de tir : l´un au Kernevel même, l´autre au fort de Locqueltas. Ainsi, le Kernevel, petite langue de terre située face au 3e bloc de la base des sous-marins, devient une véritable forteresse disposant d´une autonomie complète en moyens de transmissions. 25 constructions et installations diverses pour l´artillerie, aujourd´hui invisibles ou détruites, sont disséminées sur cet espace et un fossé anti-chars barre l´accès. Mais, après le raid de commandos anglais sur Saint-Nazaire en mars 1942, la position est jugée trop vulnérable et l´amiral rejoint Paris en mai 1942. En mai 1945, les installations de l´arsenal étant détruites, celle du Kernevel sont réquisitionnées par la Marine. Kerlilon devient la résidence du commandement d´arrondissement, les villas Kerosen et Margaret servant aux transmissions et aux logements. Cette même année, la Marine signe des baux avec les familles propriétaires des villas. La villa Margaret est remise à ces propriétaires en 1956. La même année, la Marine achète les villas Kerlilon et Kerosen à leurs propriétaires : Hubert Ouizille et la veuve Guillet. Enfin, une partie des terrains occupés par des bunkers sont achetés par la Marine à leurs propriétaires et à la commune. En 1983, Kerlilon devient la résidence du COMAR (Commandement de la Marine). Aujourd´hui, sur les neuf blockhaus de l´ensemble du Kernevel, sept appartiennent toujours à la Marine. Parmi ces derniers, un seul est encore utilisé et mis à la disposition du club nautique de la Marine, les autres étant désaffectés. Les deux bunkers situés immédiatement à l´ouest de la villa Kerozen et de la cale appartiennent à la commune de Larmor-Plage et abritent l´association des pêcheurs-plaisanciers de Larmor-Plage (APPL) et l´association des pêcheurs-plaisanciers de la région lorientaise (APPRL).

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle

Le bunker situé devant la villa Kerlilon comprend sept pièces, dont deux pour la radio, et le bureau de l´amiral Doënitz. Celui immédiatement à l´est possède six pièces, dont la « chambre des situations ». Mais, à l´origine, cette chambre et le « carré stratégique » occupaient le grand et le petit salon de la villa. On y inscrit tous les sous-marins groupés en flottilles dont toutes les positions sont repérées heure par heure. Ce poste de commandement souterrain est bétonné et recouvert de gazon. Dans le jardin derrière le château, il existe également un abri-dortoir. En outre, quatre grands abris pour le personnel et les transmissions et cinq autres pour les magasins, l´infirmerie, des ateliers et abris anti-aériens sont construits dans le parc, dont deux devant la villa Kerozen. Le plus proche d´elle, long de 40 m, sert à l´APPL. Il est reconnaissable à son enduit rose et bleu. Une route le sépare de celui de l´APPRL. Beaucoup plus massif et imposant, bien que d´une longueur n´excédant pas 30 m, il est actuellement recouvert d´un toit en tôles ondulées.

États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété de l'Etat
propriété de la commune

Références documentaires

Bibliographie
  • GAMELIN, Paul. Les bases sous-marines allemandes de l´Atlantique et leurs défenses, 1940-1945. La Baule : éditions des paludiers, 1981.

    p. 38-41
  • ARATA, Claude. Les Villas de Kernével. Edition à compte d´auteur, 1993.

    p. 4, 13, 24, 25, 45, 46, 47
  • Van MEEUWEN, Gil ; PIRIOU, Erwan. A la découverte du mur de l´Atlantique dans le pays de Lorient. Association Fortification et défense des Côtes en Bretagne. 1994.

    p. 13
  • HUMEAU, Jean ; van MEEUWEN, Gil ; PIRIOU, Erwan. Le mur de l´Atlantique au pays de Lorient. Association Fortification et défense des Côtes en Bretagne. 1994.

    p. 7-8
  • FAUCHERRE, Nicolas ; PROST, Philippe ; CHAZETTE, Alain. Les fortifications du littoral. La Bretagne Sud. Prahecq : Editions Patrimoines et Médias. 1998.

    p. 198
  • www.histoire-genealogie.com. La citadelle de Port-Louis. Au cur d´un système de défense. Les premières batteries garde-côtes. LE LAN, Jean-Yves. Dernière mise à jour : janvier 2008.

  • www.fortiff.be/iff/index. Index de la fortification française 1874-1914. MALCHAIRE, Luc. FRIJNS, Marco. MOULINS, Jean-Jacques. PUELINCKX, Jean. Dernière mise à jour : janvier 2008.

  • www.festunglorient.blogspot.com. Les batteries côtières allemandes de Lorient. Rédacteur : GIL (?). Dernière mise à jour : février 2007.

Périodiques
  • ALLAIN, Pierre-Henri. La balade des blockhaus. Lorient. Le Point, numéro 1680, 25 novembre 2004.