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Batterie lourde allemande codée "Camaret" (C 342) (4 canons Schneider de 22 cm modèle 1917 en encuvements ; 2 canons de 7,5 cm sous casemates de type 671), Pointe du Gouin (Camaret-sur-Mer)

Dossier IA29001318 inclus dans Groupe défensif côtier "Crozon" codé "Cr" (Crozon) réalisé en 2002
Précision dénomination4/501
4/502
1/621
1/636
1 /638
1/641
2/671
AppellationsBatterie du Grand Gouin, Batterie du Petit Gouin, Batterie du Gouin
Parties constituantes non étudiéesfort, redoute, batterie
Dénominationsabri, batterie, blockhaus, casemate
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
AdresseCommune : Camaret-sur-Mer
Lieu-dit : Pointe du Gouin
Cadastre : AB 9

Fonction : défense du mouillage de Camaret puis défense lointaine du vestibule du goulet de Brest (Seconde Guerre Mondiale) Dès 1693, la pointe du Grouin est occupée militairement, on y installe une batterie de côte et un signal. Les canons de ses batteries prennent une part importante lors de la bataille de Camaret le 18 juin 1694. D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; deux batteries de côte désignées "batterie du Petit Grouin" et "batterie du Grand Grouin" sont mentionnées sur l'actuelle "pointe du Gouin". Elles s'intercalaient entre la "tour et batterie de Camaret" et la "batterie du Toulinguet". Les batteries "du Petit Grouin" et "du Grand Grouin" sont mentionnées dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). D'après l'état de 1820 et le plan de détail du lieutenant du Génie Boüevec daté de 1818, on distingue au Petit Gouin : un "corps de garde" et une "poudrière" ; au Grand Gouin : "une batterie de 2 mortiers de 12 pouces", "une batterie de 3 canons de 24 livres de balle", un "corps de garde" et un "four à rougir les boulets". Le cadastre de 1831 relève au moins six éléments défensifs pointe du Grouin (apparaîssant en bleuté) dont quatre batteries (trois orientées vers le nord-ouest : le vestibule du goulet et une vers l'ouest : anse de Camaret) et le toponyme "Grand Grouin". En 1841, la commission des côtes recommande l'armement de la batterie du Petit Grouin (6 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer") tandis qu'elle propose la suppression de la batterie du Grand Grouin. L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission. Un important programme de construction de réduits de batterie de côte démarre en 1846, plusieurs plans-types sont définis. Près de 160 corps de garde crénelés seront construits sur le littoral Français en Atlantique et en Méditerranée. Ce programme de fortification est interrompu par les progrès de l'artillerie rayée qui rendent obsolète ce type d'ouvrage. Les derniers corps de garde crénelés modèles "1846/1861", modifiés par l'élargissement des murs porteurs sont construits en 1862. Le corps de garde crénelé n° 2 du Petit Gouin a été construit en 1859 (date portée). La batterie du Petit Grouin est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 1er degré d'importance, elle est armée de 3 "canons de 30" et 3 "obusiers de 22". Les Etats des batteries de côte de 1893, 1904 et 1913 mentionnent une batterie de 4 canons de 95 mm au Petit Grouin. Par la suite, la batterie de la pointe aux Poix cesse d'apparaître dans les états de défense des côtes. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle batterie longue portée est créée de toute pièce sur la pointe du Grand Grouin. Cette position d'artillerie dépendait du Heeres-Küsten-Artillerie (groupes d´artillerie côtière de l´armée de terre) 1274 Pointe du Gouin.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1942, daté par travaux historiques
1943, daté par travaux historiques
1944, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Organisation Todt ingénieur militaire attribution par travaux historiques
Mursgranite
enduit
moellon
maçonnerie
béton armé
Toitpierre en couverture, terre en couverture, béton en couverture
Plansplan rectangulaire régulier
Étagessous-sol, rez-de-chaussée
Couverturesterrasse
États conservationsdésaffecté, envahi par la végétation, vestiges
Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre
Sites de protectionsite classé, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Annexes

  • BATTERIE DU PETIT ET DU GRAND GOUIN par Philippe Truttmann

    Situation : sur la pointe du Grand Gouin, à un kilomètre au nord-nord-est de l´agglomération de Camaret.

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    La pointe du Gouin, promontoire rocheux, orientée sud-sud-ouest - nord-nord-est, bordé de falaises verticales à l´ouest et au nord, ferme à l´ouest l´anse de Camaret, et protège le port de Camaret, qui constituait, spécialement à l´époque où le tirant d´eau des navires était beaucoup plus faible, un point de débarquement possible.

    Aussi, la première organisation militaire du site remonte-t-elle à la mise en état de défense de la région de Brest par Vauban en 1693, avec une densité particulière des batteries et retranchements tout autour de la rade de Camaret, depuis la pointe du Gouin jusqu´au pied des Lignes de Quélern (Louis XIV avait été averti des préparatifs de l´attaque anglo-hollandaise, mais le point précis du débarquement n´était pas connu).

    La carte de Vauban (1695) et le plan de la bataille de Camaret (Archives de la Marine) indiquent ces organisations (1 batterie de 2 mortiers au sommet nord-ouest du Grand Gouin, dont une bombe coule une "caiche" [un ketch] chargé d´infanterie - 1 batterie de 2 canons au Petit Gouin).

    Il s´agit en fait d´organisations sommaires faites en levées de terre que l´on retrouve, tout au long du 18e siècle, sur les cartes et états d´armements.

    1758 (Archives Municipales de Brest, Inventaire du Fonds Langeron)

    - Pointe du Gouin : 2 mortiers.

    - Anse du Gouin : 4 pièces de 18 livres de balle et 4 pièces de 22 livres de balle.

    30 janvier 1778 (Archives Municipales de Brest, Inventaire du Fonds Langeron)

    - Pointe du Gouin : (en 5 batteries)

    8 + 2 pièces de 22 livres de balle.

    1 + 1 pièces de 18 livres de balle.

    1 + 1 pièces de 12 livres de balle.

    Occupées épisodiquement à chaque alerte, et souvent réparées du fait de la précarité de leur établissement et de leur isolement sans gardiennage permanent.

    Après l´activité intense des années 1811 à 1814 (blocus continental) succède la longue période de paix de la Restauration. Ce n´est qu´en 1841 que la Commission crée à cet effet reprend l´étude d´ensemble de la défense des côtes. La batterie du Petit Gouin est alors réorganisée et dotée d´un réduit (1859).

    L´évolution constante des matériels d´artillerie, tant de l´attaque que de la défense entraîne après 1870, de nouveaux remaniements (Sur un atlas des batteries de côte figure le croquis du projet d´une batterie fermée à fossé, flanqué de caponnières, à construire sur le Grand Gouin ; vers 1875-1880 (système Seré de Rivières) Aucune suite n´a été donnée à cette proposition), puis après la crise de l´obus-torpille, des renforcements de magasins à poudre.

    Vers 1895, un plan de l´atlas des batteries de côte de la place de Brest représente la position au stade ultime de son évolution dans le système défensif français.

    On y trouve d´est en ouest :

    - Une batterie basse pour 4 canons de petit calibre, indiquée comme désarmée et contiguë au nord de l´ancienne batterie de 1858.

    - Le réduit légèrement au dessus,

    - Sur un méplat dominant le réduit, une batterie haute pour 4 pièces de 95 mm modèle 1888 sur affût de campagne.

    Sous l´occupation, les allemands construisirent :

    - Sur le plateau sommital de la pointe, une batterie lourde pour 4 pièces de 220 mm modèle 1917 française en cuves bétonnées avec abris annexes (Batterie du Grand Gouin).

    - Sur l´ancienne batterie basse française du Petit Gouin : 2 casemates d´artillerie pour pièces tirant vers l´est et battant le port de Camaret et la baie.

    En 1944, [...] la batterie du Grand Gouin est complètement mise hors de service et la batterie haute de 95 mm française disparaît totalement.

    DESCRIPTION

    Ancienne batterie française (d´avant 1870)

    Constituée à l´origine par un simple terre plein, bordé à l´avant par un parapet, l´ouvrage a été modifié [par] l´adjonction par les allemands d´une casemate d´artillerie type 671 en béton armé, tirant vers Camaret, et de deux petites abris annexes.

    A l´extrémité nord, contre un des abris allemands, petite guérite en maçonnerie de pierre de taille.

    A noter que la dalle de la casemate a été l´objet d´une tentative maladroite de camouflage consistant en une chape de mortier dans laquelle sont noyés de gros moellons.

    Batterie basse de petit calibre

    Orientée nord-sud, elle jouxte l´ancienne batterie d´avant 1870 et comportait à l´origine d´ouest en est :

    - Une tranchée de service formant rue du Rempart, se terminant au nord, en cul de sac, sur l´entrée du magasin de batterie. Accès par le sud, par une volet d´escalier montant de l´ancienne batterie.

    - Le terre-plein de la batterie, divisé en deux par une petite traverse pare-éclats en terre, et soutenu à l´arrière par un mur en maçonnerie de moellons de schiste, exhaussé à mi-longueur pour constituer la façade arrière de la traverse.

    - Trois petits escaliers (à raison d´un à chaque demi plate-forme) entaillés dans le terre-plein, et un en bout à droite permettant au personnel d´accéder aux pièces.

    Les quatre positions de pièce en cercle, en deux groupes de deux, de part et d´autre de la traverse centrale, avec radier cimenté et goujons de sellette disposés en cercle.

    - Le parapet, avec mur de genouillère en maçonnerie de moellons entaillée d´une niche incurvée à hauteur de chaque pièce et comportant également des armoires à munitions.

    A l´extrémité nord de la rue du rempart, un massif rocheux naturel forme traverse d´extrémité et défile la batterie aux coups venant du nord. Sous ce massif est aménagée l´entrée du magasin de batterie souterrain construit vers 1890.

    - Il s´agit d´un petit magasin à munitions sous roc avec corridor d´accès brisé à angle droit, et entrée (ouverture en plein cintre à claveaux rayonnants harpés).

    - Les allemands ont construit une casemate d´artillerie type 671 tirant dans la rade de Camaret, appuyée à gauche au massif rocheux, de telle sorte que le couloir de fond de la casemate prolonge l´entrée du magasin sous roc français ainsi réutilisé. La casemate occupe la moitié gauche de la batterie française.

    Réduit

    Implanté sur une plate-forme en profil mixte, taillée dans le versant est du massif de la pointe, et orienté nord-sud, avec entrée au sud.

    Daté 1859, il est conforme au plan-type de corps de garde crénelé type n° 2 de la circulaire de 1846 (corps de garde pour batterie de 12 pièces et 40 hommes) sauf en largeur (10,35 mètres au lieu de 12,40 mètres).

    - Maçonnerie de moellons de schiste. Encadrement de baies, corbeaux, tablettes de couronnement en gros appareil de granite claire dressé (harpé en ce qui concerne les montants de la porte d´entrée).

    - Depuis son aliénation, l´ouvrage a subi quelques modifications en vue de le rendre habitable : - plate-forme supérieure couverte en bâtière, élargissement et création de fenêtres qui ont altéré les dispositions d´origine, sans toutefois altérer le volume.

    Batterie haute de 95 mm

    Citée pour mémoire : l'ouvrage a été rasé par les bombardements. Elle était armée de quatre pièces de 95 mm sur affût de campagne, tirant suivant une capitale diamétralement opposée à celle de la batterie de la droite des lignes de Quélern.

    Secteur battu : 103 degrès.

    Batterie du Grand Gouin

    (Comparer cette batterie avec celle du même type existant à l'île de Ré : batterie Karola) pour six pièces de 220 mm long modèle 1917).

    Ouvrage créé par les allemands, pendant l'occupation et couvrant une vaste emprise (au dessus des batteries du Petit Gouin). Elle comporte : quatre positions de pièces pour chacune un canon français (prise de guerre remployée) de 220 mm long, modèle 1917, avec leurs soutes à munitions, abris à personnel, poste directeur de tir et position de défense contre avions (DCA) de défense rapprochée.

    Les positions de pièces sont identiques et constituées chacune par une cuve bétonnée à ciel ouvert où était installé le canon et une vaste tranchée d'accès dans les parois de laquelle sont ménagées symétriquement à droite et à gauche les soutes à munitions et deux abris à personnel.

    Ces positions sont implantées, pour des raisons de défilement aux vues du large, légèrement à contrepente de la crête. Seul le poste directeur de tir est implanté au-dessus de la falaise ouest de la pointe et se trouve vu.

    Au dehors des positions de pièce, on trouve des abris annexes et des cuves pour pièces de Flak légères, réparties dans la zone d'emprise de la batterie. Toute la zone est criblée d'impacts de bombe et noyés sous une végétation dense (ronces).

    Description sommaire

    - Cuve de pièce : procède pas d'un type absolument standars mlais a été construites aux dimensions du matériel employé (diamètre de la cuve : 11,75 mètres entre parois). Cuve cylindrique à parois en béton armé dans lesquelles sont ménagées les niches à munitions, destinées aux projectiles et gargoussés immédiatement prêts à être tirés (dotation d'alerte).

    - Tranchée d'accès : en plan incliné, elle débouche de plein pied dans la cuve, l'entrée dans la cuve pouvant être obstruée par des laminés s'empilant dans des glissières verticales ménagées dans deux plots en béton (projection contre des coups directs, venant de l'arrière et prenant en enfilade la tranchée d'accès).

    Dans les parois de cette tranchée, on trouve successivement, d'arrière en avant et disposées symétriquement en vis à vis :

    a) Deux soutes à munitions, constituant les magasins de pièces (abri à munitions n° 3 - type 641). (abri magasin ; gargousses ou artifices).

    b) Deux abris identiques, du type abri passif pour 12 hommes (type pour le peloton de pièce).

    En dehors des positions de pièces, on trouve en outre :

    - Un poste directeur de tir et poste de commandement (PC) de batterie, varaiante du type 636, implanté au rebord ouest de la falaise.

    Des abris type 641, 638 et 621 implantés à l'arrière est de la batterie, le long de la route descendant à la batterie du Petit Gouin.

    Tout le matériel et l'équipement de la batterie ont disparu.

    CONCLUSION

    Site sur lequel sont regroupés des éléments de défense côtière à mission identique (aux directions de tir près) mais d'époques et d'origines différentes, dont la juxtaposition, voire la superposition, témoigne du caractère prépondéran t de l'adaptation à un terrain favorable, dénominateur commun d'une activité militaire de longue durée.

  • 20082910292NUC : Bundesarchiv, Koblenz, Deutschland

    20062904015NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20062904017NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19702900032Z : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

    19702900031Z : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

    19692900369Z : , Bande n° 227.

    19712900630P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900633P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900542P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900634P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900629P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900632P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Documents figurés
  • Collection particulière Alain Chazette (Librairie Histoire et Fortifications à Paris).Photographie, 2e quart 20e siècle.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume