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Batterie basse, fort dit Fort Surville, Pointe de la Croix (Groix)

Dossier IA56132074 inclus dans Fort dit Fort Surville actuellement colonie de vacances, Pointe de la Croix (Groix) réalisé en 2017

Fiche

Précision dénominationbatterie de côte
Parties constituantes non étudiéescasemate, magasin de munitions, blockhaus, batterie
Dénominationsbatterie
Aire d'étude et cantonBretagne Sud
AdresseCommune : Groix
Lieu-dit : Pointe de la Croix
Cadastre : ZE 818

La batterie basse du fort Lacroix doit accueillir huit des onze pièces d'artillerie attribuées à l'ouvrage par la "Commission mixte d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles" de 1841, soit trois canons de 30 livres et cinq obusiers de 22 cm. Elles battent le mouillage et la plage.

La batterie est construite au tout début des travaux de réorganisation du fort Lacroix, en 1846. Elle est rallongée en 1861 et dotée d'une traverse terrassée abritant un magasin à munition à son extrémité. Un projet de deuxième traverse en 1865 reste sans suite.

La batterie n'est pas modernisée après la guerre de 1870. Elle est partiellement réutilisée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale avant de tomber dans l'oubli.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates1846, daté par source, daté par travaux historiques
1861, daté par source
Auteur(s)Auteur : Génie

La batterie basse du fort Lacroix consiste en un épaulement de 80 mètres de développement au niveau du mur de genouillère, pour 20 mètres de largeur, parapet et rue de la batterie inclus. La ligne brisée qu'elle forme est formée d'une branche est de 60 mètres prévue pour six pièces et d'une branche ouest de 20 mètres prévue pour deux pièces. L'épaisseur du parapet est inégale mais approche les 10 mètres. Une traverse en terre et maçonnerie ferme la batterie à l'est et la protège des tirs d'enfilade. Elle abrite un magasin à munitions. Les parties antérieures des plate-formes d'artillerie ("dés") sont sans doute présentes mais ne sont pas visibles.

Le magasin à munitions est intégré à un réseau de galeries souterraines allemandes. Un Tobrouk (Ringstand) accessible depuis ce magasin occupe la tête de la traverse.

La batterie est actuellement complètement envahie par la végétation. Le sentier côtier passe sur la plongée du parapet.

Mursgranite pierre de taille
micaschiste moellon
brique
terre
Couvrementsvoûte en berceau plein-cintre
Couvertures
États conservationsenvahi par la végétation
Mesuresl : 80.0 m
la : 20.0 m
Statut de la propriétépropriété publique, Ville de Colombes (92700)
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre
Éléments remarquablesbatterie
Sites de protectionloi littoral, site inscrit, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Protections

Annexes

  • Propositions de la commission de 1841 pour la défense de l'île de Groix.

    Armement proposé par la commission.

    [...]

    Ile de Groix.

    Les trois commissions de 1818, de 1825 et de 1836, ont demandé la construction d'un fort qui permît de concentrer la défense de l'île de Groix ; mais les opinions ont été diverses sur la position qu'il convenait de donner à cet ouvrage.

    La commission de 1818 a pensé qu'il faudrait l'établir "près d'un des petits ports qui regardent la côte". La commission de 1836 a demandé simplement "qu'il fut supplée à l'insuffisance de la redoute revêtue, existante, qui forme l'unique réduit de l'île". Et elle a semblé ainsi, sans s'expliquer formellement, se borner à conseiller l'agrandissement et l'amélioration du fort Lacroix.

    S'il se fut rencontré sur le littoral de l'île, une position qui pût servir de refuge aux bâtiments de la marine militaire ou marchande, et de lien de communication avec le continent, cette position aurait pu devenir en même temps le réduit de l'île. Mais il n'existe aucun port dans l'île de Groix ; les petites criques de Tudy et de Melin ne méritent pas ce nom.

    En l'absence d'un port la position du fort Lacroix est préférable à toute autre. 1e Comme lien de communication avec le continent, cette position est la plus rapprochée de Lorient ; le mouillage abrité contre les vents du sud au NO en passant par l'O, est le mouillage le plus fréquenté par les bâtiments de moyenne grandeur. 2e Le fort Lacroix maîtrise ce mouillage et défend immédiatement les seules plages de débarquement de l'île.

    3e enfin, sous le rapport des frais d'établissement le fort Lacroix a l'avantage de présenter un ensemble d'ouvrages et de bâtiments, qui n'auront besoin que d'être appropriés pour remplir le rôle que la commission leur assigne.

    le choix du fort Lacroix pour réduit de l'île dispense de construire un fort nouveau, ainsi que le proposait une des commissions citées plus haut.

    Fort Lacroix.

    Le fort Lacroix serait agrandi et approprié.

    Il serait armé de 11 bouches à feu :

    à la batterie basse :

    - 3 pièces de 30 tirant sur le mouillage

    - 3 obusiers de 22 tirant sur le mouillage et flanquant la plage de gauche

    - 2 obusiers de 22 défendant la plage de gauche

    à la batterie supérieure :

    - 3 obusiers de 22

    Le fort et ses dépendances seraient classés de 1re importance.

    Le fort Lacroix est une batterie circulaire, fermée à la gorge par un mur bastionné, crénelé, précédé d'un fossé et dont la porte est couverte par une demi-lune. Dans son état actuel, il est peu susceptible de défense du côté de la terre. Quelques coups de canon suffiraient pour détruire le faible mur de gorge. Le corps de garde ne peut contenir que 20 hommes ; il est par conséquent d'une capacité insuffisante. Il devient nécessaire de le remplacer par une caserne qui puisse loger 150 hommes ainsi que les vivres et munitions nécessaires pour une défense de 8 jours. Cette batterie placée à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer est trop élevée pour pouvoir battre les plages de débarquement qui l'avoisinent. Elle ne peut d'ailleurs contenir que quatre pièces. La commission propose d'établir au dessous et à gauche de l'épaulement actuel, une batterie basse, à peu près sur l'emplacement où, en l'an VII, on avait mis une pièce de 16 ; de lui donner un retour qui permette de voir la plage de gauche, si ce n'est en totalité, du moins en partie, et de relier ces deux batteries ensemble par deux murs latéraux qui les garantissent contre des surprises de nuit.

    L'enceinte actuelle devra en outre être enveloppée par une autre enceinte de manière à pouvoir contenir les établissements indiqués ci-dessus. Elle sera fermée à la gorge par un petit front bastionné, terrassé et précédé d'un fossé. Le chemin couvert se prolongera des deux côtés assez bas pour découvrir les plages voisines de débarquement.

    C'est le moyen le plus simple de remédier à la grande élévation de la batterie supérieure. C'est en même temps le moyen de supprimer une seconde batterie basse appelée batterie des Goyaves, que l'on avait établie à 150 mètres sur la droite, pour défendre la plage du même nom. La plage des Goyaves ou des Grands Sables, est la plus étendue et la plus abordable de l'île, mais elle sera suffisamment protégée par les ouvrages dépendant du réduit, et par la batterie de Nosterven, dont il va être question, et qui est située près de la pointe du Bazeau.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843, p. 44-46)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement des côtes du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 3 W 32
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 42, Travail de la commission d'armement des côtes sur les frontières maritimes, 1844. Avis du Comité des fortifications du 7 novembre 1844.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 42
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 577. Commission de défense des côtes : tableau faisant connaître le nombre, l'armement et le classement des batteries de côtes des 1er (Cherbourg), 2e (Brest), 3e (Lorient), 4e (Rochefort) et 5e (Toulon) arrondissements maritimes, de la Corse, de l'Algérie et des colonies, 1860-1862.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 577
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 41, Mémoires généraux sur les frontières maritimes, 1853-1885. Tableau annexé à l'avis du Comité des Fortifications en date du 3 juin 1857, Tableau A des batteries et autres ouvrages défensifs des côtes exécutés depuis 1845 (jusqu'au 31 décembre 1856).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 41
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 41, Mémoires généraux sur les frontières maritimes, 1853-1885. Rapport sur la situation des travaux de défense des côtes à la fin de l'exercice 1861.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 41
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 8, Places françaises et d'Algérie : 1 VH 1474, Place de Port-Louis, projets et dépenses annuels, 1847-1856. Direction du Génie de Nantes, Place de Port-Louis, Mémoire du chef du Génie sur les projets pour 1847, 22 novembre 1846.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1474
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 8, Places françaises et d'Algérie : 1 VH 1475, Place de Port-Louis, projets et dépenses annuels, 1857-1875. Direction du Génie de Brest, Place de Port-Louis, Mémoire du chef du Génie sur les projets pour 1861-1862, 10 décembre 1860.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 1475
Bibliographie
  • LE POURHIET-SALAT, Nicole, La défense des îles bretonnes de l´Atlantique, des origines à 1860, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 vol. : XLV-375 p. XXV pl.

  • FAUCHERRE, Nicolas, PROST, Philippe, CHAZETTE, Alain (sous la dir. de), Les Fortifications du littoral, La Bretagne Sud, Chauray-Niort, 1998, 279 p., collection : les fortifications du littoral. ISBN 2-910137-24-4.

  • CHAZETTE, Alain, et al. Atlantikwall. Mythe ou réalité. Éditions Histoire et Fortifications, 2008, 480 p.

  • CHAZETTE, Alain, TOMINE, Jacques. A la découverte des fortifications de l'île de Groix. Spécial randonnée. Éditions Histoire et Fortifications, 2011, 64 p.

Périodiques
  • CHAURIS, Louis, Pierres de construction dans un terroir sans granite : l'île de Groix, Penn ar Bed, décembre 2004, n° 190/191, p. 46-54.