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Bateaux du chantier Louis Le Roux : "Louis Rouz"

Dossier IM22005483 réalisé en 2006
Dénominations bateau de plaisance, bateau de pêche
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Trégastel

Louis Le Roux, dit "Louis Rouz", maçon, marin-pêcheur et charpentier de marine, installé à Trégastel dans la 1ère moitié du 20ème siècle a construit une trentaine de bateaux de pêche et de plaisance avant 1955, que nous avons repérés sur la commune de Trégastel : "Mab ar Mor", "Marie-Françoise" et "Yar Dour". Il a aussi construit la "Jolie Brise", premier du nom, l'un des premiers bateaux à passagers, pour la visite des Sept-Îles, au lieu dit "Pors Ker Losten", le "Port du Cloporte", sur l'estran (au sud-ouest de l'île Renote). Il ne disposait pas d'installation fixe pour son chantier naval : il construisait dans la grève comme de nombreux charpentiers à cette époque, ou sur le terre-plein de l'hôtel d'Armorique à Coz Pors, dans une garage près de l'Hôtel de la Mer. Pour lui même, il a construit un bateau de 8 mètres de long la "Gaud 2", inspiré d'un bateau douarneniste et ensuite la "Jolie Brise 2", pour aller à la pêche aux lignes pendant l'hiver. Ce dernier bateau proche du "Gildas" avait un arrière assez large, très porteur avec un tableau droit formes influencées du "Gildas" du pêcheur Le Flem de Trégastel (témoignage de Bertrand Quéré). Sur la photographie datée de 1952 de la "Marie-Françoise", immatriculée LA 857, nous pouvons identifier Louis Saleün, marin-pêcheur à la godille (grand-père de Bertrand Quéré), accompagné de Jean-Marie Chevanton, en retour de pêche du plateau des Triagoz. Au second plan, on peut remarquer le bateau de plaisance des propriétaires du château de Costaeres "Le Corsaire", construit par François Hervé de Trégastel. On peut citer quelques bateaux construits par Louis Le Roux : le vieux "Barleux" (démoli dans les années 1950, "Marie-Nicole", "Gaud II", "Magui", "Coulis", "Mab ar Mor", "Marie-Françoise", "Gourmermor", "Gaud", "Jolie Brise", "Jolie Brise II" et "Yar Dour". Il faut aussi préciser que Louis Rouz effectuait aussi des réparations ou transformations de bateaux (pontage de la "Sirène" pour l'adaptation à la pêche).

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Le Roux, constructeur

Sur ce document photographique, on peur remarquer la construction à franc bord du constructeur Leroux de Trégastel à travers l'exemple de la "Marie-Françoise", canot construit en 1948 en pitchpin, équipé d'une grande misaine. Ce canot disposait d'un blin à l'étrave pour le garant du bout-dehors. Il était motorisé avec un moteur Peugeot marinisé de 4 cylindres. "La Jolie Brise" était un canot assez fort de 10 mètres de long, pourvue d'une belle voûte. "La Jolie Brise 2", immatriculé La 889, était un canot de 6 mètres motorisé, conçue pour la pêche. Cet autre bateau situé sur la grève Sainte-Anne (sans nom apparent, mais immatriculé PL 482937), représente le dernier bateau construit par le chantier Leroux de Trégastel dans le 2ème quart du 20ème siècle. C'est une construction à franc bord, à quille longue, large et stable, peu de tirant d'eau, motorisé, armé pour la pêche plaisance avec un vaigrage extérieur pour les casiers. Le bateau ne semble pas être gréé à la voile.

Catégories patrimoine maritime, charpente
Matériaux bois
Précision dimensions

l = 4 ; l = 5 ; l = 6. Dimensions approximatives.

Une étude approfondie serait souhaitable afin de raconter l'histoire du charpentier louis Rouz et de mieux caractériser sa conbstruction.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre À signaler

Annexes

  • Histoire de vie de Louis Le Roux

    Synthèse du texte de Emmanuel Mazé, d'après un entretien avec Jean, fils de Louis Le Roux, 3 décembre 1992.

    Louis Le Roux naquit au Haren en Trégastel en 1908. Son père, rude Terre-Neuvas n'était pas souvent à la maison. Aussi fut-il élevé par sa mère et sa grand-mère, Gaude (Marguerite) Mangard. Après de sommaires études à l'"université de Golgon", il fit un bref stage dans une carrière puis entra comme mitron chez Manu Nicolas. Mais l'appel de l'aventure fit qu'il quitta Trégastel presque à l'insu des siens pour apprendre à Paris le métier de pâtissier. Puis on le trouve avec son père sur les bancs de Terre-Neuve où il fait fonction de cuisinier, quand il n'est pas "à la pique" du poisson. Après son service dans la Royale, sans doute lassé de la monotonie du four et des fourneaux, il s'embauche sur les chantier du bâtiment où il devient vite un bon maçon et accède à la fonction de chef de chantier. C'est ainsi qu'il participe à la construction de la gare maritime du Havre. En 1930, il prend le temps d'épouser une jeune fille de Poul David (Finistère), Anne-Marie Riou, qui lui donna quatre enfants (Serge en 1931, Jeannine en 1932, Monique en 1933 et Jean en 1934). Puis c'est le retour au pays où il construit lui-même sa maison au Haren, Ker Monique du nom de sa deuxième fille, tout en construisant un premier bateau de 3, 50 mètres. Fort de ses compétences professionnelles, il sera simultanément artisan-maçon et charpentier de marine. Cette deuxième activité pour son usage personnel (la "Gaude I"), qui sera détruite par les Allemands en août 1944, lors de leur retraite, puis la "Gaude II", pour ses "collègues marins".

    Le chantier naval 'établissant, au gré du hasard, dans des cours d'hôtels ou de maisons (la cour de Le Coniat à Krec'h Louset, l'Hôtel l'Armorique), Joseph Geffroy venait souvent l'aider.

    La "Jolie Brise", fruit de 8 mois de labeur pour un seul homme, peut être considéré comme le couronnement d'une expérience professionnelle incontestable, acquise non sur les bancs de l'école, mais au cours d'une vie féconde en péripéties, et l'accomplissement d'un beau rêve d'enfant : les autres bateaux n'étant que des essais... Le "Petit Louis" n'aimait-il pas tailler en plein bois des modèles réduits de barques de pêche avec son couteau, bien aiguisé sur le petit galet ramassé sur la grève ? C'est ainsi que de 1953 à 1958, le patron de barque (qui avait obtenu son capacitaire pour commander le "Joli Brise I, bateau à passagers), et son matelot Jean Le Bonniec, puis Joseph Geffroy, firent connaître à des milliers de touristes les joies de la navigation entre Trégastel et les Sept-Îles. Il embarquait aussi les amis pour une pêche aux ormeaux aux Triagoz.

    En 1958, la "Jolie Brise" fut achetée pour pratiquer la pêche par les deux frères Landouar, Roger et Alexandre, puis plus tard, fut de nouveau vendue à deux marins de commerce de Buguéles.

    En 1965, lors d'une violente tempête, le bâtiment rompit ses ammares et vint se fracasser sur les rochers. L'année suivante, Louis Le Roux creusa son dernier sillage et s'en alla pour son ultime voyage vers les "îles de l'éternelle jeunesse".