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Bateaux de pêche côtière de Pors Even

Dossier IM22005805 réalisé en 2008
Aire d'étude et canton Bretagne - Paimpol
Localisation Commune : Ploubazlanec
Lieu-dit : Pors Even

Les marins pêcheurs de Pors Even ont surtout été des marins au long cours, embarqués à la grande pêche alors que leurs voisins de Loguivy-de-la-Mer se sont consacrés à la pêche côtière et au large. La vocation de Pors Even, port d'échouage, était davantage tournée vers le bornage (en raison de la proximité de Paimpol) et la petite pêche côtière. Peu de marins de ce port ont participé à l'épopée de la pêche langoustière au 19ème siècle. Après leurs 6 mois d'engagement à la grande pêche, Terre-Neuve puis Islande, les marins armaient un canot pour faire les pêches d'hiver (les cordes, les lignes de traîne aux lieus et le chalut). Vers les années 1940, les marins de Pors Even expérimentérent une technique de pêche qui leur était spécifique : la drague des praires à bord d'un canot manoeuvré aux avirons. Cette pêche pouvait embarquer un équipage mixte d'hommes et de femmes. En effet, pendant la seconde guerre mondiale, certaines femmes de marins avaient pris l'habitude d'aller pêcher les praires dans les îles (à la main) en armant un canot aux avirons. Vers 1955, les marins de Pors Even et de Loguivy sont allés pêcher les praires avec des canots motorisés jusqu'à Erquy. Après l'épuisement progressif des gisements de praires, les marins de Pors Even ont armé des bateaux plus importants dans les années 1960-70 pour pratiquer la drague des coquilles Saint-Jacques, en alternance avec d'autres pêches aux casiers et aux filets, comme le pratiquaient les Loguiviens. Cependant, les marins de Pors Even se sont davantage spécialisés dans la drague des coquillages. Aujourd'hui, 23 bateaux de pêche polyvalents sont armés à Pors Even (49 marins), à côté des barges ostréicoles. L'ostréiculture s'est développée en baie de Paimpol et particulièrement sur le territoire de Ploubazlanec à la fin des années 1980, grâce à la production d'huîtres plates, aujour'd'hui remplacées par les huîtres creuses. Ces parcs à huîtres situés au large de Pors Even et de Kerroc'h, autour de Saint-Rion, regroupaient 188 hectares en 1987.

Annexes

  • La technique de la pêche aux praires au râteau, en bateau (témoignage de Louis Corfdir et de Jean-Marie Le Guillard)

    Cette pêche spécifique aux marins de Ploubazlanec se pratiquait dans les îles autour de Bréhat et dans l'estuaire du Trieux entre 1950 et 1955. Elle a commencé avant 1940 et s'est prolongée jusqu'en 1955. La motorisation progressive des canots a entraîné la fin de cette pêche et son remplacement par la drague aux praires avec une fune. Les marins-pêcheurs de Loguivy et de Pors Even ont pratiqué cette pêche dans le Ferlass et sont allés chercher d'autres territoires de pêche jusqu'à Erquy, où ils restaient plusieurs semaines pendant la saison de pêche en hiver. Cette pêche pouvait se dérouler de nuit par pleine lune. L'équipage était composé d'au moins deux marins. Paul Floury est aujourd'hui le dernier marin de Pors Even à avoir pratiqué la drague perchée à la main. Pour pêcher les praires, les marins pêcheurs de Pors Even utilisaient un canot creux de 15 pieds, gréé d'une simple misaine et équipé d'avirons. Pour draguer ces coquillages dans les fonds sableux, ils se servaient d'une sorte de râteau emmanché avec une longue perche (rallongée de plusieurs branches raboutées et ligaturées, de 8 à 12 mètres (selon la profondeur) en frêne. L'extrémité de cette perche était terminée par un râteau de 40 cm de long avec un pied en orme, lesté avec un essieu de charrette recourbée. Un grillage amovible coiffait l'ensemble du râteau. La manoeuvre consistait à lancer la perche au-devant du bateau, bout au courant et de la ramener en raclant le fond, la gaule appuyée sur l'épaule. On pouvait pêcher à chaque fois jusqu'à 75 grosses praires rouges (20 praires au Kg) et plusieurs dizaines de kg par marée. Le canot était mouillé, souvent près des roches, immobilisé avec deux ancre, face au courant.

Références documentaires

Bibliographie
  • PALLIER, Yveline. La mer et les Jours. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, mai-octobre 1992. Saint-Brieuc : Presses Bretonnes, 1992. L'épopée des Loguiviens.

    p. 119
  • PRIGENT, Guy. Gréements des Côtes d'Armor, La mer et les Jours. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, mai-octobre 1992. Saint-Brieuc : Presses Bretonnes, 1992.

    p. 146