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Bateau de pilotage, de pêche, puis de plaisance dit "La Pauline"

Dossier IM22003403 réalisé en 2003

Fiche

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Dénominationsbateau de pêche, bateau de service, bateau de plaisance
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
AdresseCommune : Pléneuf-Val-André
Adresse : Dahouët

Les chaloupes pontées de Dahouët Publié dans le "Littoral de la France" en 1885, ce dessin de chaloupes pontées, gréées en flambart, avec un long beaupré, se distingue des bisquines par leur grande voile bômée, surmontée d'un hunier. Le grand mât est davantage reculé comme à bord des "flow-boats" de Cornouailles (témoignage de Jacques Gueguen). La misaine est amurée au pont. Ce qui caractérise ce type de bateau, c´est donc son gréement à deux mâts, avec voiles au tiers, non haubanées, un grand bout-dehors amovible. La coque longue de 8 à 10 mètres est joliment tonturée, avec une forte quille en différence, un arrière à tableau avec un contre étambot, une étrave droite et un brion profond. La Pauline, construite en 1901 dans un chantier paimpolais a des coulées arrière très fines, un petit tableau avec une légère quête et un frégatage plus important, à l´instar de « Amphitrite » (1895) et des premiers homardiers de Loguivy, gréés en bocq ou en sloop. Dahouët et Saint-Jacut sont probablement les seuls ports de la baie de saint-Brieuc où l'on peut encore trouver des flambarts, dans la première moitié du 20ème siècle. Ces chaloupes pontées qui pratiquaient le chalut à perche et occasionnellement le pilotage disparaîtront après la guerre 1914-18 et le déclin du port. Entre 1863 et 1866, Cavelier de Cuverville, lieutenant de vaisseau, est chargé sur le cutter Pluvier de l´étude de la pêche en baie de Saint-Brieuc, plus particulièrement des huîtres. Il fonda une société d´encouragement à la pêche côtière qui préconisait l´utilisation d´embarcations pontées comme étant plus sûres. Il est probable que les chaloupes pontées ancêtres des lougres du légué et de Dahouët datent de cette époque. Les photos des bateaux de Dahouët de 1900 montrent des bastingages vaigrés pour la drague des huîtres. La Pauline Hyppolyte Guinard, pilote du port, fit construire en 1901 la Pauline (SB. 737) à Kérity Paimpol, pour le chalutage côtier et le pilotage. Il la revendit en 1910 aux frères Pellois d´Erquy, et la remplaça par un cotre plus petit "Les Deux Soeurs" ; alors que la Pauline allait poursuivre sa carrière au bornage (de Perros-Guirec à Granville) pendant l´été et à la petite pêche l´hiver. Entre 1914 et mai 1917, la guerre mit au sec la chaloupe comme de nombreux autres bateaux de travail. La chaloupe fut ensuite vendue à Eugène Lamandé de l´Armor Pleubian en 1916, où elle fut inscrite au quartier de Tréguier en 1917 (TR 693), pendant quelques mois, pour pratiquer le bornage. Les "Pleubianais" allaient lui diminuer sa quille, comme cela se faisait couramment sur un bateau "trop calant d'eau", pour l'adapter au travail des petits borneurs de la presqu'île de Pleubian, et au goémon. La forte gîte de la Pauline échouée nécessitait de placer sous son bordé d´échouage un billot de bois, appelé « pilhost » en Breton, retenu par une chaîne. Un grand panneau de cale permettait de conserver le pontage d´origine. Cependant, le gréement de lougre fut transformé en « bocq » avec une voilure aurique et un seul mât. C´est Joseph Tallec de Pleubian qui prit la suite de Lamandé entre 1919 et 1923, avant que le bateau ne soit vendu à l´usine d´algues de Pen Lann, la FABJP, pour le transport des algues, avec comme patron Pierre Le Meur et Pierre Le Moullec, jusqu´à la fermeture de l´usine en 1931. Mais en 1933, la Pauline se « mit au plein » près de l´île Maudez et coula avec son dernier équipage, originaire de l´estuaire du Trieux. Ce fut la fin d´une carrière, qui sonnait en même temps le glas de la navigation à voile et des derniers gréements au tiers, de lougre et de flambart (témoignages de Yves-Marie Croajou de Pleubian et de Jean Kerleau de Lanmodez). La reconstruction de la Pauline La recherche de témoignages par l´association « Une chaloupe pour Dahouët » pour reconstruire la « Pauline » a permis de reconstituer le plan de voilure de la chaloupe et son plan de formes à partir de la demi-coque réalisée par Jean Kerleau, ancien charpentier de marine de Lanmodez. La coque en chêne fut réalisée au chantier Clochet de Plouguiel de novembre 1990 à juin 1991. Cette nouvelle unité reconstruite à l´identique allait permettre de faire redécouvrir les qualités nautiques de ce type de flambart, dans le cadre du Centre nautique de Dahouët puis de l´association. Le chalut à perche Le chalut à perche va se développer en baie de Saint-Brieuc au début du 20ème siècle à partir des ports de Binic, le Légué, Saint-Jacut et Dahouët. La pouche du chalut est hissée par la drisse de hunier ou le « pantoué », le cul restant horizontal au Légué et redescendant au pied de mât de la misaine à Dahouët et à Erquy. Le sac de pouche du chalut est du type à cul pointu de la Manche, contrairement aux culs carrés de Bretagne Sud. Une barre en bois de hêtre réunit deux étriers ou patins. Le bourrelet est rattaché à la chaîne du bas par des « couettes » de cuir liant les annets (anneaux). Le chalut se continue par le corps de la pouche, le cul fermé par un raban de cul. L´aussière ou corde est reliées à la boucle des « breyeux » (bras) par un nœud d´écoute garanti par une liure. Les lougres sont très bien adaptés au chalutage côtier, tant par leur gréement puissant aux allures charretières (au portant) que par leur quille longue avec un fort gouvernail, et leur tirant d´eau.

Période(s)Principale : 4e quart 20e siècle
Principale
Dates1991
Stade de créationcopie

La chaloupe Pauline mesure 9,48 mètres de coque et 8,80 mètres à la flottaison, pour une longueur hors-tout de 16 m 30 du bout-dehors à l'extrémité du gui ou bôme. Largeur au maître bau : 3 m 45 ; tirant d'eau : 1 m 80. Déplacement : 11 tonnes, dont lest : 3 t 5. Surface de voilure : 94, 7 m2. La coque est en chêne et le pont en pin. Espars : grand mât de 13 m 70 ; mât de misaine de 10, 40 m.

Catégoriespatrimoine maritime
Matériauxchêne
pin
Précision dimensions

l = 948

Statut de la propriétépropriété d'une association
Intérêt de l'œuvreÀ signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • GUEGUEN, Jacques. La Pauline de Dahouët. Saint-Brieuc : Imprimerie Briochine, 1991.

  • GUIGOT, André. Dahouët, port de Bretagne. Tome 2. Saint-Brieuc : Breizh-Compo, 1990.

    p. 140
  • HABASQUE. Notions historiques, géographiques, statistiques et agronomiques sur le littoral du département des Côtes du Nord. Marseille : Laffitte Reprints, 1832-1836.

Périodiques
  • CADORET, Bernard. Les flambarts de la Bretagne Nord. Douarnenez : Edition du Chasse-Marée, 1995, n° 91.

    p. 20-23