Logo ={0} - Retour à l'accueil

Bassin à flot du Légué (Plérin-sur-Mer)

Dossier IA22013689 inclus dans Port du Légué (Plérin-sur-Mer) réalisé en 2008

Fiche

AppellationsVieux bassin, bassin n° 1
Dénominationsbassin à flot
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
AdresseCommune : Plérin-sur-Mer
Lieu-dit : le Légué
Cadastre : Domaine Public maritime

A la demande des armateurs et des capitaines, appuyés par le Conseil général, un projet de bassin à flot au Légué vit le jour en 1847. Il prévoyait, selon les plans des ingénieurs Méquin et Camus, un ensemble d'ouvrages et les installations suivantes : - un bassin latéral, sur l'emplacement du marais de Rohanet, communiquant avec la mer par un chenal d'amenée, terminé en aval, par une écluse à sas - un bassin à flot remplaçant le port d'échouage à l'aide d'un barrage avec simple pertuis à une paire de portes. Ces deux bassins devaient pouvoir communiquer. Les travaux projetés furent ajournées. Seul le bassin latéral fit l'objet d'un aménagement achevé bien plus tard. En 1881, fut imaginée une double écluse, réalisée en 1885 au moment de la construction de la voie ferrée, sur les plans de l'ingénieur Pelaud. La réalisation du bassin à flot et de l'écluse en 1885 devait entraîner le développement portuaire du Légué dans la 2ème moitié du 19ème siècle. Cependant, en 1869, le rapport de l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées n'était guère encourageant pour l'utilisation du bassin à flot, à cause du tirant d'eau important des navires marchands et du déclin de la Grande Pêche en 1868 (13 Navires au lieu de 30 en 1860), et de la difficulté à remonter le canal sinueux de l'avant-port. D'autre part, les armateurs de Plérin craignaient le déplacement du commerce en faveur de St-Brieuc. Le bassin devait servir davantage dans un premier temps comme port d'hivernage pour les Terre-neuviers. Il était desservi par le quai Rohanet et la gare de chemin de fer du Légué. L'écluse à sas a été construite en 1869 sur la rive droite par l'entreprise Pignorel-Renouard. Opérationnelle en 1885, elle dessert le bassin à flot, en permettant l'accès aux navires de 80 mètres de long, 12, 50 mètres de large et 4, 80 mètres de tirant d'eau. Ses dimensions sont les suivantes : 85 mètres de longueur et 14 mètres de largeur. Cependant, ces dimensions s'avèrent insuffisantes en raison du gabarit des nouveaux caboteurs. En amont, rive gauche, on remarque le barrage-déversoir construit en 1915 à la cote + 11, 40 mètres, sur lequel une voie permet l'accès depuis la route menant à Plérin. En 1892, des appontements sont construits dans le bassin à flot, le long de la digue séparative du bassin et de la rivière du Gouët, pour le débarquement des engrais marins. Ceux-ci sont ensuite acheminés par la voie ferrée. En 1905, le bassin n° 1 est réservé au trafic international pour les cargos de 1500 à 2000 tonnes. Les importations l'emportent très largement avec les bois du Nord, le charbon, les vins, le ciment, la chaux, les bitumes, les sables marins et le maërl. C'est le temps où seul le bassin n° 1 est relié à l'écluse alors que la marée remonte directement le long de la rive gauche pour constituer un port d'échouage jusqu'au Pont-de-Pierre. En 1914, les travaux de construction du barrage déversoir et du gril de carénage sont terminés. Le 27 juillet 1915, l'ensemble des travaux (coupure dans l'ancienne digue, barrage, cale de carénage, quai, curage entre le pont tournant et la coupure, remplacement des portes de l'écluse) est achevé. En 1935, l'écluse est rallongée. En 1944, les deux quais sont détruits et reconstruits à l'identique en 1946. La presqu'île actuelle se prolonge entièrement jusqu'à la capitainerie du port, isolant le bassin n° 1. Le port manque à cette époque de hangars, d'entrepôts et de magasins, tandis que les habitations se font rares dans un paysage dénudé, entaillé par la ria du Gouët. Le bassin à flot s'appelle aujourd'hui le bassin Le Gouales de Mézaubran (1860-), en mémoire de cet armateur à la tête du syndicat des armateurs et marins bretons (créé en 1910), afin de défendre la petite pêche côtière. Cet armateur a initié la route commerciale St-Brieuc-Jersey et Lisbonne avec des navires à vapeur. En 1980, les éclusiers se relayaient pour faire fonctionner de jour comme de nuit l'écluse et le pont tournant.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1847, daté par source
1869, daté par source
1885, daté par source

Le bassin à flot Le Guales de Mézaubran est à niveau constant. Il est situé latéralement à la rivière du Gouët, à 420 mètres en amont de l'écluse et comportait initialement 275 mètres de longueur de quais. Il développe aujourd'hui 65O mètres de quais. Large d'environ 40 mètres en moyenne et profond de 6 mètres, il couvre une superficie de 1 ha 50, affectée aux navires marchands. Sur la rive droite, il comprend d'abord un premier espace de 200 mètres de longueur sur 80 mètres de largeur (en amont) auquel succède le chenal d'accès à l'écluse. Près de celle-ci, le chenal a 45 mètres de largeur et cette dimension se maintient uniformément sur 250 mètres, au-delà sur 170 mètres la largeur va en augmentant de manière à raccorder la largeur de 45 mètres à celle de 80 mètres, que présente le bassin. Le bassin est bordé de quais sur les côtés sud-Est et Sud-Ouest. A l'extrémité aval, l'écluse a une largeur de 14 mètres entre les bajoyers. Le chenal d'accès du bassin à flot à l'écluse de sortie est courbe afin de contourner un contrefort. Il est bordé de perrés inclinés à 45°sur tout son pourtour. Les murs du bassin bénéficient d'un parement en pierre de taille (granite de Gouédic). Le bassin à flot est alimenté par la rivière du Gouëdic. Celle-ci est dérivée par un canal voûté. L'écluse à sas mesure 86 mètres de longueur, 14 mètres de largeur et une hauteur au seuil de + 5, 10 mètres au dessus du zéro de la carte marine (6, 40 mètres de hauteur en amont du bassin). Elle est équipée de deux portes à deux vantaux manoeuvrés par un système électrique, hydraulique aujourd'hui. Les navires de 83 mètres de long peuvent avoir accès au sas. Magasins, entrepôts et ateliers de réparation navale se sont installés sur la rive droite, bordant le 'vieux bassin', laissant la rive gauche dégagée. A l'approche d'un bateau, les éclusiers doivent 'préparer le sas' (l'enceinte de l'écluse), c'est à dire, actionner le jeu des vannes pour mettre l'eau de l'écluse au niveau de l'eau de la mer, puis ensuite du port. Les portes de l'écluse, actionnées par un système de chaînes jusqu'en1987, sont aujourd'hui mues par un système hydraulique. Aujourd'hui un 2ème bassin à flot (pour la plaisance) est venu compléter les aménagements portuaires.

Mursmoellon
pierre de taille
États conservationsbon état, remanié
Techniquesmaçonnerie
Statut de la propriétépropriété de l'Etat

Annexes

  • Extrait du témoignage oral de Yvon Guégan, 5 juin 2009

    Extrait du témoignage oral de Yvon Guégan, 5 juin 2009

    Synthèse.

    Yvon Guégan, né le 2 mai 1941 à Lézardrieux, a été successivement charpentier de marine, à Paimpol, puis gardien de phare, au Grand Léjon, aux Héaux de Bréhat et aux Roche Douvres, avant de venir travailler aux écluses du Légué de 1969 à 2003.

    Ils étaient deux agents en permanence aux écluses dans les années 1970-80 et aujourd'hui, ils sont six employés. Les éclusiers étaient chargés en alternance jour et nuit, suivant l'heure la marée, du fonctionnement de l'écluse et du pont tournant. Ils devaient ausssi entretenir le balisage flottant de l'estuaire (barriques en bois et épis). Les écluses fonctionnaient au moyen de chaînes, avec la force d'un treuil électrique puis avec la force hydraulique plus tard. De grands navires, cargos et pétroliers (le 'Shellmat', le 'Gers'), fréquentaient régulièrement le port du Légué. Ils déchargeaient de l'essence au pont tournant. Guégan cite aussi le pinardier le 'Slougui', les sabliers de la TIMAC, de Piriou, de Cariou et de Carbocentre. Les cargos débarquaient le charbon et le bois, avec l'aide des dockers occasionnels. Une équipe de lamaneurs s'occupait des grands bateaux depuis la tour de Cesson jusqu'à l'écluse et le premier bassin. Un sas durait environ 15-20 minutes.

    Dans les années 1970, une dizaine de bateaux de pêche seulement fréquentaient le mouillage de la Rampe, avnt le 'boom' de la coquille St-Jacques. Les bateaux de pêche passaient l'écluse pour remonter jusqu'au 2ème bassin, à grande marée, avant la construction du port de Saint-Quay. Il pouvait y avoir 3 sas pour les bateaux de pêche. Le plus grand bateau de pêche était le 'Grain de Sel'.

    L'auteur se souvient des capitaines du port : Ledan, Le Bail, Kerdruel et Desbois, des pilotes, Chevance, Tréhiou et Ferlicot encore en poste aujourd'hui.

  • L'avant-projet de bassin à flot en 1839

    L'avant-projet de bassin à flot, datant de 1839, fut l'objet de cinq projets, rentrant dans 3 systèmes distincts :

    1°/ le barrage de la vallée en un endroit convenable

    2°/ l'établissement d'un bassin latéral indépendant

    3°/ la dérivation de la rivière sur la rive droite, pour conserver au port toutes ses dispositions.

  • 20082212896NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212897NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212902NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212899NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212901NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212900NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212898NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212904NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212903NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 108.

    20082212912NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 109.

    20082212910NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 110.

    20082213163NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 111.

    20082213161NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 111.

    20082213160NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 112.

    20082213171NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, S Suppl. 112.

    20082212952NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 16 Fi 3629.

    20082213106NUCB : Collection particulière

    20082212946NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 16 Fi 3559.

    20082213024NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 19 Fi 267.

    20082213107NUCB : Collection particulière

    20082212941NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S Suppl. 108. Avant-projet de bassin à flot (1839-1861. Prolongement du chemin de halage (1844-1845).

  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S Suppl. 110. Alimentation du bassin par le Gouëdic (1859-1870). Réparation d'une cale de débarquement (1865-1866). Achèvement de l'écluse (1867-1881). Entretien et élargissement du chemin de halage (1868-1891).

  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S Suppl. 109. Construction des quais (1841-1847). Construction du bassin à flot (1846-1863).

  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S Suppl. 113-114-115-116-117. Transformation du port d'échouage en bassin à fot (1892-1908). Projet d'amélioration (1894-1897). Réparation des portes de l'écluse du bassin à flot (1899-1908). Projet et travaux (1905-1916). Achèvement du bassin à flot. Réfection des perrés, construction d'un mur de quai (1881-1889). Allongement de l'écluse (1921-1935 ; réparations (1935-1938). Remplacement des portes d'écluse (1908-1910). Renforcement de la passerelle du déversoir (1925-1932). Allongement du môle de 'Sous-la-Tour' (1935-1940).

  • Archives départementales des Côtes d'Armor. S Suppl. 111. Plérin-le Légué. Achèvement du bassin à flot (1869-1879). Construction d'une jetée sous la Tour (1869-1885). Reconstruction des perrés (1880-1881). Empierrement des terre-pleins et des quais (1887-1889).

Documents audio
  • GUEGAN, Yvon. Témoignage oral sur le fonctionnement des écluses du Légué et le trafic portuaire entre 1969 et 2003. Plarin : 5 juin 2009.

    Témoignage oral