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Ardoisière de Parc-ar-Pont (Gouézec)

Dossier IA29131210 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Ardoisière de Mengleux-Nevez, Ardoisière de Pen-ar-Pont
Destinations ensemble d'industrie extractive
Dénominations ardoisière
Aire d'étude et canton Basse-Bretagne - Pleyben
Adresse Commune : Gouézec
Lieu-dit : Pont-Coblant
Cadastre : A 884 Emplacement d'un ancien puits remblayé et d'un bâtiment en ruine.  ; A 718 ; A 1097 ; A 797 ; A 586 Ancien bureau, puis chapelle.

En 1849, la carrière est exploitée à ciel ouvert par M. Heydon puis par Louis Jaouen en 1855. En 1869, quelques fouilles sont réalisées entre le canal de Nantes à Brest et le chemin conduisant de Pont-Caublant au château. En 1870, l’ardoisière est exploitée à ciel ouvert par Jean-Michel Kerloch et Nicolas Plouzennec.

En 1874, MM. Kerloch et Plouzennec sont autorisés à faire une prise d’eau dans le canal, afin de servir à actionner les pompes d’exhaure dans l’ardoisière. En 1877, M. De Legge fait une demande pour établir à ses frais un parcours de 130 mètres pour desservir la carrière. Il ne semble être alors qu’exploitant. En 1879 eut lieu un quiproquo quant à la propriété de l’ardoisière. M. de Legge affirme qu’elle lui appartient et qu’il renonce à utiliser la prise d’eau faite antérieurement (1874). Mais l’ardoisière appartiendrait finalement toujours à MM. Kerloch et Plouzennec, qui eux souhaitent la garder. Le service tranchera finalement en faveur de ces derniers. Pourtant en 1878, les archives citent le comte de Legge comme propriétaire et MM. Kerloch et Plouzennec comme exploitants.

En 1878, l’ardoisière se compose de deux excavations. La première à l’ouest est abandonnée et noyée à 5-6 mètres du chemin vicinal n°4. La seconde se trouve à l’est de la précédente, elle en est séparée par un massif de rocher, à 10 mètres du chemin. L’eau est puisée par un système de pompes hydrauliques, mues par une machine à vapeur. Les blocs de schiste sont extraits grâce à des grues à bras et à des manèges.

En 1878, l’ardoisière devient souterraine. En 1880, se produit un éboulement et en 1881, l’ardoisière est inondée. En 1887, l’exploitation souterraine est interdite dans la chambre occidentale où s’est produit l’éboulement.

Depuis un accident en 1895, les travaux ont cessé dans la partie de la carrière accidentée. Un comblement de cette partie est fait pour éviter tout autre éboulement. Depuis 1895, l’ardoisière est exploitée par MM. Flochlay, Mahé et Halléguen.

En 1896, l’exploitation de la partie ouest est finalement autorisée mais avec beaucoup de précautions. En 1905, Mme Veuve Flochlay prend la suite de son mari, aux côtés des autres associés. M. Piriou les rejoint. Le site est contrôlé par M. Boulard.

En 1912, l’ardoisière compte 21 mineurs qui travaillent dans huit chambres. Ils sont éclairés à l’électricité. Un treuil alimenté par une machine à vapeur permet de remonter les blocs. En surface, quatre ateliers abritent 47 fendeurs et une forge se trouve près du puits. Le bureau du contremaitre se trouve près du canal. Deux bâtiments se trouvent près du chemin vicinal sans fonction connue : peut-être des lieux de stockage pour les ardoises ou des magasins d’explosifs. Des quais sont aménagés sur la carrière elle-même.

L’ardoisière est exploitée en 1913 par MM. Mahé, Flochlay, Bozec, Douguet, Merrien et la veuve Bozec. L’exploitation continue pendant la première guerre mondiale.

En 1914, le minotier M. Picart demande à agrandir le canal d’amenée de son moulin de Lescuz de manière à alimenter une turbine de 50 à 60 HP. Cela servirait à l’éclairage électrique et à la force motrice pour les ardoisières de Pont-Caublanc et le bourg de Gouézec. En 1923, l’autorisation est en passe d’être donnée mais la « Société Veuve Flochlay, Bozec, Mahé et Cie » veut utiliser la force motrice du barrage 227 de Stéréon pour une usine hydro-électrique et alimenter l’ardoisière de Parc-ar-Pont. L’autorisation leur sera donnée, au détriment du minotier.

L’ardoisière ferme en 1927 mais est reprise en 1928 par M. Bozec. En 1929, Jean Léon ouvre de nouveau l’ardoisière et embauche une vingtaine d’ouvriers. Il utilise la méthode montante. Moins de 6 mois après la reprise, un nouvel accident se produit et le site ferme définitivement en août 1932.

Période(s) Principale : 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle

L'ardoisière de Parc-ar-Pont se situait près du canal de Nantes à Brest et à Pont-Coblant, près du pont. Cette partie de Gouézec avait une importante concentration d'ardoisières.

Aujourd'hui, des maisons ont été construites sur le site de l'ardoisière, notamment sur un tas de déchets de taille et sur un ancien puits remblayé. Il reste :

- un bâtiment en ruine sur le tas de déchets, qui servait d'atelier ou de forge ;

- l'ancien bureau, par la suite transformé en chapelle dédiée à Sainte-Barbe, la patronne des mineurs. Le bâtiment est aujourd'hui désaffecté ;

- des casiers réalisés dans l'épaisseur du quai et dont l'utilisation est inconnue.

Murs schiste moellon
Toit ardoise
Typologies exploitation à ciel ouvert, Exploitation de type souterraine
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges

Annexes

  • Annexe

    L'ardoisière de Parc-ar-Pont, comme beaucoup d'autres, a été touchée par des accidents :

    • Le 14 avril 1880, le chauffeur de la machine à vapeur est blessé à cause de la rupture d’une traverse.
    • Le 10 décembre 1895, un accident tue le mineur Merrien et blesse M. Moulin. Un énorme bloc s’est détaché et a recouvert complètement le premier. Un éclat atteignit Moulin sans le blesser.
    • Un accident a eu lieu le 23 décembre 1896.
    • Le 1er juillet 1899, un ouvrier est tué par un éboulement dû à la fermentation d’un pan de roche, dans la chambre est de la paroi nord.
    • Le 1er mai 1901, un ouvrier est tué par la chute inopinée d’un bloc qu’il était occupé à dégager.
    • Le 2 janvier 1902, un ouvrier s’est pris dans les engrenages de la machine d’une pompe à épuisement.
    • Le 17 mars 1902, un ouvrier est tué par la chute prématurée d’un bloc d’ardoise au cours d’extraction.
    • Le 22 septembre 1906, Pierre Paliou est grièvement blessé à la tête et aux reins à la suite d’une chute dans une foncée.
    • Le 19 décembre 1913, Jacques Saliou a fait une chute dans un trou et est grièvement blessé.
    • Le 21 juillet 1927, René Salisu se noie en tombant dans une excavation.

    Les accidents sont nombreux et malheureusement courant, de plus ils ne sont pas tous déclarés et donc certains ne sont pas cités dans les archives.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Finistère ; 3 S 28 : Aliénations, alignements, occupations temporaires, servitudes. Gouézec.

    Archives départementales du Finistère : 3 S 28
  • AD Finistère ; 3 S 49 : Navigation intérieure : fleuve et canaux. Prises d’eau. Gouézec.

    Archives départementales du Finistère : 3 S 49
  • AD Finistère ; 8 S 15 : Mines et énergie. Dossiers communaux. Lothey-Motreff (1848-1930)

    Archives départementales du Finistère : 8 S 15
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