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Ardoisière de Moulin-Neuf (Motreff)

Dossier IA29005700 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations ardoisière, ensemble d'industrie extractive
Aire d'étude et canton Bretagne - Carhaix-Plouguer
Adresse Commune : Motreff
Lieu-dit : Moulin-Neuf

En 1848, l’ardoisière de Moulin-Neuf est ouverte par Pierre Tanguy, mais rapidement interdite, car trop proche de la route. En mars 1855, elle est reprise par Marie-Anne Thomas, veuve Tanguy, cultivatrice. Elle aurait ouvert une excavation un peu plus au nord. En avril 1856, elle est autorisée mais sous réserve de s’éloigner de la route. En janvier 1857, elle est rouverte à ciel ouvert par Julien Rolland et Jean-Marie Grall. Ils emploient un mineur, quatre fendeurs et un manœuvre. La matière est transportée à dos d’hommes et l’eau est extraite par des seaux.

En 1867, elle est exploitée à ciel ouvert par Jean Le Miller, sur une parcelle appartenant à M. Le Naour. Elle se trouve à 60 mètres des carrières du Cosquer. L’ardoisière prend un temps le nom d’ardoisière de Barnaou puis reprend dans les archives le nom de Moulin-Neuf, à la fin du XIXe siècle.

En 1881, Guillaume Miller a ouvert une nouvelle ardoisière sans déclaration. L’excavation mesure 10 mètres de long, 8 mètres de large et 7 mètres de profondeur. La paroi est formée par des déblais de l’ancienne carrière dont on ignore la profondeur. Il est obligé de combler la nouvelle excavation et d’en faire une autre plus loin. La parcelle appartient désormais à la veuve Le Naour.

En 1892, elle devient souterraine.

Dans les années 1890, l’ardoisière fonctionne sur trois puits et comprend des ateliers, la salle des machines, la forge, le bureau de la direction et un quai où sont embarquées les marchandises.

En 1895, M. Toullancoat, exploitant du Moulin-Neuf, reçoit l’autorisation de placer une roue hydraulique sur le canal de fuite du Moulin-Neuf pour servir à l’épuisement de la carrière d’ardoise qu’il exploite comme le montrent les plans. Il s’agirait de la deuxième pompe à épuisement de la carrière. M. Le Naour est propriétaire du moulin.

En 1900, l’ardoisière appartient à Michel Toullancoat. Elle possède une forge.

En 1904, MM. Toullancoat et Cie réalisent un barrage pour faire une réserve d’eau pour régulariser les débits des canaux qui alimentent l’usine de Moulin-Neuf dont ils sont propriétaires. Ils ont acquis tous les terrains bordant le futur réservoir : C 512 et 514 de

Saint-Hernin et C 156 et 158 de Motreff.

En 1906, le puits qui avait 30 mètres de profondeur a plusieurs chambres exploitées du côté est et ouest. Un autre puits est foncé jusqu’à 100 mètres plus à l’ouest, de l’autre côté du ruisseau et de la route nationale.

En 1907, le site accueille un abri pour la chaudière, deux turbines de 20 chevaux, deux dynamos sur bâtis et une machine à vapeur de 40 chevaux. En 1909, le puits atteint 105 mètres de profondeur. Trois chambres sont foncées. La première à l’ouest fait 15 mètres de long, tandis que deux autres à l’est atteignent 40 et 15 mètres de longueur.

En 1916, les travaux du second puits remontent à 74 mètres de profondeur avec 12 ouvriers au fond et 30 fendeurs. En 1918, l’ardoisière est équipée d’une usine électrique avec un moteur au gaz pauvre alimentant un treuil, des pompes et des charriots, de quatre dynamos, de deux turbines, d’un moteur à vapeur, d’une chaudière, d’une roue et de wagonnets. En janvier 1919, l’ardoisière est exploitée par la veuve Toullancoat de manière souterraine. Elle souhaite donner un développement important nécessitant des aménagements nouveaux pour lesquels elle a besoin d’un conseiller technique : M. Baulard, mais le service des Mines lui refusera.

En 1924, l’ardoisière emploie 21 ouvriers au fond et 13 au jour. En 1925, elle est exploitée en remontant. Deux accidents eurent lieu à cette époque. En 1927, 37 ouvriers sont employés.

En 1926, un débouché plus grand pour le ruisseau Goaranvec, en aval du pont a été fait à la demande de M. Toullancoat. En effet, pendant les crues du ruisseau, le pont sur la route vicinale n°8 reliant la route nationale n°169 à St-Hernin est d’une section insuffisante.

Cela forme en amont du pont une nappe d’eau, qui par infiltration à travers le remblai de la route, inonde le puits de 142 mètres, situé à 75 mètres environ en aval et à l’ouest du pont. Cela a provoqué en janvier 1925, une inondation de 90 mètres d’eau et quatre mois de chômage. Une fois encore en janvier 1926, le puits avait été inondé de 18 mètres d’eau et avait provoqué trois semaines de chômage. Ce puits, ouvert en 1905 n’avait jamais été gêné avant la construction de la route et du pont vers 1915-1916.

En 1932, l’ardoisière emploie douze ouvriers. En 1935, des fendeurs sont licenciés suite à une inondation. Les mineurs se chargent du fonçage d’un nouveau puits. En 1939, un nouveau câble métallique est installé.

En 1941, l’ardoisière emploie sept mineurs, un contremaître, deux élévateurs, un receveur, douze fendeurs et quatre forgerons.

Léon Toullancoat construit une nouvelle ardoisière en 1943, sur une parcelle appartenant (B 872) à Marie-Joseph Phoer. En 1944 : la forge, la machine à vapeur, l’abri de la chaudière, les turbines et les dynamos sont détruites par des bombardements. Il ouvre en 1959.

A partir de 1962, l’ardoisière du Moulin-Neuf appartient à M. Le Houel ou Le Moël de Sainte-Tréphine. Le 31 mars 1962, l’ardoisière est inondée. Il essaye de foncer une nouvelle excavation, mais l’ardoisière ferme le 13 juin 1963. La famille Le Houel construit une nouvelle

ardoisière au Cosquer.

Elle est rouverte en 1987 et fermée en 1990. Puis une dernière fois en 1993, où elle est exploitée à ciel ouvert par la société Lostanlen (B 705, 706, 707). Elle ferme la même année.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle, 20e siècle , (?)

L'ardoisière de Moulin-Neuf se situait près de la route nationale 169.

En 1867, la parcelle exploitée portait le n°870 de la section B.

En 1994, il restait le chevalement et les ateliers réhabilités.

Typologies Exploitation à ciel ouvert, Exploitation de type souterraine

Annexes

  • Aspects sociaux

    L'ardoisière de Moulin-Neuf à Motreff, a connu plusieurs accidents :

    • Le 20 novembre 1896 a lieu un accident mortel.
    • Le 28 janvier 1897 un éboulement fait un mort.
    • Le 3 octobre 1901, un ouvrier se tue en tombant du fond dans un puisard de 5,60 mètres de profondeur.
    • Le 6 février 1903 un accident fait un blessé (en tombant d’une échelle), de même le 16 avril 1904 (éclat de pierre à l’œil gauche).
    • Le 25 mai 1906, Yves Morvan se blesse à la main en chargeant des morceaux de schiste dans un bassicot.
    • Le 16 août 1906, un ouvrier, M. Le Bec, se tue en tombant d’une benne dans un puits. Ivre, il venait chercher un pantalon laissé au fond.
    • En 1908, 1909, le 13 juillet 1910, des accidents font des blessés.
    • Le 22 avril 1912, l’ouvrier Lescoat meurt dans la chute d’un bloc de 300 kilos.
    • Le 29 décembre 1910, un ouvrier, M. Grall se blesse en mettant en marche un moteur à gaz pauvre.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Finistère ; 7 S 32 : Service hydraulique. Associations syndicales autorisées. Goaranvec (Saint-Hernin, Motreff)

    Archives départementales du Finistère : 7 S 32
  • AD Finistère ; 8 S 15 : Mines et énergie. Dossiers communaux. Lothey-Motreff (1848-1930)

    Archives départementales du Finistère : 8 S 15
  • AD Finistère ; 8 S 16: Mines et énergies. Dossiers communaux. Pleyben (1847-1881)

    Archives départementales du Finistère : 8 S 16
Bibliographie
  • Penven. M. Ardoisières du Centre-Finistère. Saint-Hernin et Motreff. Association "Sur les traces de François Joncour". S.d.

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