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Architecture artisanale, industrielle ou commerciale sur la commune de Vieux-Vy-sur-Couesnon

Dossier IA35035923 réalisé en 2005

Fiche

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Les moulins :

On compte neuf moulins sur le territoire de la commune. Huit d'entre eux fabriquaient à l'origine du papier ; seul le moulin aux Moines, situé au sud-est de la commune, a toujours été occupé par des meuniers.

L' installation du moulin aux Moines remonterait au 11e siècle, ce sont les moines de l'abbaye de Marmoutiers qui, en 1030, reçurent des habitants de Vieux-Vy-sur-Couesnon un terrain au bord du Couesnon et qui y établirent un moulin. Le bâtiment actuel correspondrait à la troisième construction, la maison située à côté du moulin date de la fin du 19e siècle. Les derniers meuniers furent les frères Coirre, ils étaient aussi agriculteurs et éleveurs de moutons. Le moulin a été en activité jusqu'en 1949, il sert actuellement de gîte alors que la maison des meuniers est devenue une habitation privée.

Le moulin de Belliard est déjà cité dans un aveu de 1401, il appartenait aux seigneurs d'Orange. A l'origine, il s'agissait d'un moulin à papier mais, au 18e siècle, il a servi à la fabrication des draps. A la fin du 18e siècle, le moulin redevient un moulin à papier. De 1836 à 1851, c'est la famille Hus qui l'exploite avec cinq ouvriers. La production s'arrête en 1855. Inoccupé à partir de 1930, le moulin a aujourd'hui disparu, il n'en reste que quelques pierres.

Le moulin d'Orange appartenait quant à lui à la seigneurie d'Orange. Il est cité dès 1440 ; il avait été construit par Jean Lizé. En 1729, il produit 100 rames de papier par an. Le moulin est vendu comme bien national à la Révolution à Mathurin Thomas pour la somme importante de 65 100 francs. En 1844, ce moulin connaît un changement d'activité, il devient moulin à blé. Actuellement, la maison du meunier est devenue une résidence secondaire et on aperçoit les ruines du moulin.

Le moulin du Pont faisait également partie de la seigneurie d'Orange. Dans la seconde moitié du 18e siècle, il possédait deux roues. Il produisait, à cette époque, 300 rames de papier par an, trois fois plus que le moulin d'Orange. En 1798, il est adjugé à François Belliard de Rennes pour la somme de 51 000 francs. En 1836, Guyonne Morel et son gendre Berhault y fabriquent un bon papier. L'activité du moulin aurait cessé vers 1865. Dans la première moitié du 20e siècle, le bâtiment a été utilisé comme scierie.

Le premier bâtiment construit aux Grands Moulins datait du 17e siècle. En 1730, le moulin ne produit que 100 rames par an mais en 1740, la production passe à 1000 rames par an avec Louis Roussin. En 1836, c'est René Seigneur qui exploite l'usine avec cinq ouvriers. En 1855, l'usine est vendue aux frères Radigois originaires de Nozais qui vont la moderniser. Ils vont en effet demander une chaudière à vapeur et deux bouilleurs pour sécher le papier. Le combustible utilisé est la houille. Par la même occasion, le site est modifié, de nouveaux bâtiments y sont construits. L'activité papetière s'arrête à la fin du 19e siècle. Au cours du 20e siècle, plusieurs activités s'y succèdent : fabrication de barreaux de chaises, cirage, tanin, peinture, accumulateurs de voitures. Cette dernière activité avait été favorisée par la proximité de la mine de plomb de la Touche, mais elle cesse en 1951. A partir de 1964, l'un des bâtiments devient une maison d'habitation. Zacharie Roussin est né en 1827 aux Grands moulins. Ses ancêtres étaient maîtres papetiers. En 1847, il obtient le premier prix de l'école de médecine et de pharmacie de Rennes. En 1858, il est nommé professeur agrégé de chimie et de toxicologie. En 1861, ses premiers travaux amènent une révolution dans l'industrie de la teinturerie.

Le moulin de Guémain est situé près d'un ancien gué romain, sur la route de Corseul à Jublains ; il tient son nom de Main Ier, comte de Bretagne chargé d'arrêter les invasions normandes. En 1750, c'est un moulin à foulons. Il serait un héritage de Julien Barbe affermé à son frère Pierre Barbe pour 70 livres par an. Il reste dans la famille Barbe jusqu'à la fin du 19e siècle. En 1888, il est la propriété de Monsieur Jolivet, maire de la commune.

Le moulin de Brais était utilisé pour fabriquer du papier. Les eaux de la Minette et du Couesnon étaient favorables à la production de papier car à faible teneur en chaux. En 1730, on y fabrique 200 rames de papier par an. En 1776, les propriétaires Gringoin et Luchet y fabriquent 3000 rames par an qu'ils vendent à Caen, Nantes et Rennes. Au milieu du 19e siècle, y sont installés un meunier et une papetière. Le meunier, monsieur Esnault, construit un nouveau moulin au milieu 19e siècle. En 1875, 5 à 6 ouvriers travaillent au moulin. A cette époque, la chute d'une partie du rocher de Brais endommage une annexe de la papeterie et un petit magasin. En 1972, le moulin est converti en pisciculture. Le bâtiment a depuis été transformé en crêperie-bar.

Le moulin du Pont Brard est le seul moulin de la commune situé sur la Minette. Il produisait 140 rames de papier par an. Au 18e siècle, Gilles Morel y fabrique du papier pour emballer des fils. La production passe à 300 rames par an ce qui est faible mais cela est dû à cette époque à l'arrêt de la fabrication pendant six mois à cause des crues ou du manque d'eau. Au 19e siècle, la fabrication du carton se développe, mais, en 1880, l'activité papetière est stoppée. En 1891, on y installe une roue système Sagebien destinée à fournir de l'énergie servant à la laverie de la mine de Brais. Ensuite, il servira à l'alimentation en eau des cités ouvrières. Le moulin n'existe plus, seule la maison ayant servi au contremaître de la mine a été restaurée et agrandie.

Le moulin de Guémorin abritait également une ancienne papeterie, il a été converti rapidement pour la mouture des grains. Au 19e siècle, Jules Ferré y est meunier. Le moulin arrête de fonctionner vers 1965, sa dernière activité était le sarrasin. Le moulin porte une inscription : "Fougerai 1817" et "Julien Ferré". Une écurie attenante a été rénovée et sert maintenant d'habitation.

La mine de Brais :

Elle couvre une superficie de 17 hectares. A l'origine de l'exploitation, la découverte par M. Le Bigre, entrepreneur des routes à Romazy, d'un affleurement de plomb d'argent et d'autres métaux à la Touche. Le filon est orienté nord-sud, il s'étend sur plus de 2 kilomètres. Les minerais de la Touche et de Pontpéan sont identiques sur le plan géologique ; M. Eloy, directeur de Pontpéan, est donc choisi comme directeur de la Touche. La Compagnie de la Dyr est propriétaire de la mine de la Touche de 1945 à 1951, elle possède aussi celle de Trémuson. La fermeture de la mine de Trémusson donne lieu à des mutations de personnel vers le site de la Touche.

Il existe trois puits principaux, le puits central a été creusé en 1890 puis en 1900-1907. De ce puits, partent des galeries boisées en chêne de deux mètres de haut environ et 1,70 m de large. Jusqu'en 1927, le chevalement du puits est en bois, ensuite il est remplacé par un chevalement métallique de 14 mètres de haut.

La recherche et la préparation des secteurs minéralisés ont eu lieu entre 1879 et 1886. Le rendement évolue, il passe de 1/3 de tonne de minerai brut par homme et par jour en 1900 environ à 5 tonnes de minerai brut pour 2 hommes par jour en 1948.

En 1890, on construit les premières laveries en bois, en 1929, des secondes laveries sont construites puis dotées d'ateliers de flottation en 1948. Les laveries étaient à flanc de coteau en gradins.

En 1929, la mine est reliée au réseau général d'électricité de Rennes qui lui fournit du courant à haute tension transformé en 220 V par deux transformateurs.

Les effectifs sont les suivants, en 1892, 57 employés, en 1906, 343 et en 1951, 76 employés. Il y a très peu de femmes, elles travaillent principalement aux laveries, de plus, la main d'oeuvre est locale ou agricole. En 1950, 75 % des ouvriers habitent la cité dans laquelle les logements sont gratuits.

En 1939-1940, des logements libres de la mine ont accueilli des réfugiés espagnols.

Les maisons à boutique :

Les quelques maisons à boutiques du village se trouvent majoritairement autour de l'église.

Il existait en 1931, un maréchal-ferrant, des maçons, des carriers, des forgerons, menuisiers, un boulanger, 2 épiciers, 2 bouchers, 10 couturières, 3 garagistes, un sabotier.

Le premier bureau de poste fut ouvert en 1906 dans les locaux actuels. Le bureau de poste a été acheté par la commune en 1947 car auparavant, il existait un bail avec Madame Jolivet, propriétaire des murs.

En 1836, 3 débitants de cidre sont installés dans le bourg.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations moulin, magasin de commerce, immeuble de bureaux, mine
Adresse Commune : Vieux-Vy-sur-Couesnon
Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Décompte des œuvres repérées 10
étudiées 0

Annexes

  • La production de papier à Vieux-Vy-sur-Couesnon :

Références documentaires

Documents figurés
  • Vieux-Vy-sur-Couesnon (I.-et-V.). Les Rochers et la Vallée d'Orange. Carte postale, E. Mary-Rousselière, édit., Rennes [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Vieux-Vy-sur-Couesnon (I.-et-V.). Vallée du Couesnon et Moulin d'Oranges. Carte postale, J. Sorel, éditeur, Rennes [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • VIEUX-VY-sur-COUESNON (I.-et-V.). Le Moulin de Bray sur le Couesnon. Carte postale, E. Mary-Rousselière, édit., Rennes-Cliché Havard [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • VIEUX-VY-sur-COUESNON (I.-et-V.). Machine élévatoire et Rochers de la Mine d'argent. Carte postale, Havard, phot.-édit., à Saint-Aubin-du-Cormier [1908] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Vieux-Vy-sur-Couesnon (I.-et-V.). Ancienne Papeterie, aujourd'hui Moulin à tan. Carte postale, Rennes [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Collection particulière de cartes postales anciennes, Madame Legros.

  • VIEUX-VY-sur-COUESNON (I.-et-V.). Vue extérieure de la Mine d'Argent. Carte postale, Cliché Havard - E. Mary-Rousselière, édit., Rennes [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • VIEUX-VY-sur-COUESNON (I.-et-V.). Rochers de la Mine d'Argent. Machinerie pour l'élévation de l'eau. Carte postale, Cliché Havard - E. Mary-Rousselière, édit., Rennes [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • VIEUX-VY-SUR-COUESNON. LA VALLEE AU MOULIN DU PONT. Carte postale, [s. d. ] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

Bibliographie
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    p. 312-316 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
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  • GASNIER, Marina. Le patrimoine industriel en Ille et Vilaine (19e-20e siècles). De l'inventaire à l'histoire. Thèse : Hist. de l'art : Rennes 2, Université de Haute Bretagne : 2001.

  • GASNIER, Marina, INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE, Comission régionale Bretagne. Patrimoine industriel d'Ille-et-Vilaine. Editions du Patrimoine, 2002, (Indicateurs du patrimoine).

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

    p. 1402-1409
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p. 966
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  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • DUVAL, Jacques. Les moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle - les papetiers et leurs filigranes en Pays de Fougères. L'harmattan. Paris, 2006. 314p.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1