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Anciens chantiers navals, la Banche (Binic fusionnée en Binic-Etables-sur-Mer en 2016)

Dossier IA22007879 réalisé en 2007
Dénominations usine de construction navale
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Adresse Commune : Binic-Etables-sur-Mer
Lieu-dit : la Banche
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Binic

Les chantiers navals Les premiers chantiers navals qui alimentaient la flottille de grande pêche et de cabotage avec les baraques des calfats et des menuisiers s'abritaient au pied de la falaise (actuel quai Jean Bart), des forges également, dés la 16ème siècle, alors que les navires en réparation, venaient s'échouer, à grande marée, en amont, dans les marécages situés derrière la chaussée de la Banche. Tout au long du 19ème siècle, les chantiers navals sont installés sur la Banche et utilisent la vieille cale de construction pour construire et lancer les navires. Louis Minier dirigeait le chantier naval de la Banche en cette fin du 19ème siècle, relayé ensuite par Chevert et Ollivier. En 1848, un mur de soutènement est réalisé autour de la cale de construction. Pendant la 2ème décennie du 20ème siècle, la construction navale décline en même temps que la grande pêche et en raison de la guerre, pour redémarrer ensuite avec la commande d'une dizaine de navires pour l'armement binicais et d'autres armements. En 1920, Le chantier de construction navale de Binic emploie 81 ouvriers et construit cette même année 3 bateaux, totalisant 678 tonneaux (sources : statistiques des pêches ISTPM), alors qur Paimpol dispose pour ses 2 chantiers de seulement 15 ouvriers. Les navires de pêche, de plaisance et de cabotage viennent en carénage et en réparation dans le port-refuge de Binic. Le chantier Chevert se modernise en 1913 avec l'acquisition de 2 scies à ruban et d'une machine à vapeur de 25 chevaux, pour le cintrage du bois. Il faut 3 mois pour construire un caboteur de 200 tonneaux ou une goélette islandaise de 250 tonneaux. Les voiles sont réalisées dans les ateliers paimpolais (Dauphin). Le chantier emploie une quarantaine d'ouvriers pendant le 1er quart du 20ème siècle. Le navire "La Mascotte", goélette islandaise de l'armement Le Suavé-Galerne, de 33 m de long, est lancée le 12 février 1910. Le Chevert et Ollivier, associés jusqu'à la guerre, se séparent ensuite. Ollivier reste seul directeur du chantier jusqu'en 1919. Le chantier naval binicais est alors repris par Renoux et Sarcey, qui disposent d'un autre chantier au Légué. Ils construisent des navires en tous genres, autant pour la pêche et le cabotage que pour la plaisance : des goélettes de 150 à 200 t, des chalutiers de 30 à 40 t.. Le chantier posséde une scierie à vapeur, une fabrique de poulies, une forge, un atelier de galvanisation, un magasin de voilerie et gréements, ainsi qu'un atelier de réparations navales. Le vieux chantier est détruit en 1951. Les deux derniers charpentiers sont Lionnais et Jean-Louis Royer. Les deux derniers navires construits à Binic sont des trois-mâts-goélettes : en 1923, la "Flora" pour un armateur malouin Perrigault, et en 1924, le "Lieutenant-Boyau", qui devait couler en Islande le 12 mars 1935 (d'après les recherches historiques de Christian Querré et de Philippe Leribaux). Entre 1920 et 1922, les armateurs de Binic, avec l'appui de la commune et de la Chambre de commerce souhaitent réaliser un gril de carénage, afin de pouvoir redoubler les nombreux navires qui viennent en réparations dans le port. L'ouvrage en projet serait construit contre le parement ouest de l'éperon qui s'avance à l'entrée du vieux port : une plateforme sur laquelle reposeraient des tins. Cependant, l'administration refuse d'accorder la concession nécessaire à cet établissement (AD 22, S Suppl. 90).

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle

Les chantiers navals étaient en plein air sur la Banche et disposaient d'ateliers, hangars en bois à proximité de la cale de construction.

États conservations détruit
Techniques menuiserie
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Annexes

  • Les artisanats maritimes sur la Banche à la fin du 19ème siècle : premiers conflits d'usage

    De 1860 à 1922, Paimpol produisit la majorité des goélettes islandaises, alors que Binic fournissait des navires Terreneuviers avec le chantier Chevert. En 1893 ces quatre chantiers lancent 32 bâtiments (morutiers et divers) et débutent la construction de 25 autres voiliers ; en 1903, les entreprises locales mettent à l'eau 51 navires dont 16 goélettes et seulement un trois mâts. Les chantiers construisent à ciel ouvert sur la cale située au pied de l'estacade. Les ateliers (cabanes en bois) se trouvent sur la Banche.

    En 1889, le constructeur Yves Minier obtient l'autorisation de construire une goélette sur la cale de construction. En 1881, quelques concessions sont accordées à différents artisans sur la Banche, pour installer leurs ateliers : Louis Minier (constructeur), Le Ny et Morgère (forgerons), Le Chapelier (tanneurs), et à des armateurs pour dépôt de bois et autres matériaux (Benier, Le Suavé, Charbonnel, Le Pomelec, Mordelet, Verry Carfantan.

    Cependant, en 1884, la commune de Binic obtient que la plage de Binic soit dégagée de toute occupation étrangère à l'industrie des bains, soit en concédant à un industriel l'exploitation des bains "à la lame", soit en affermant, c'est à dire en consentant des autorisations à des particuliers pour l'installation de cabines de bains. Mais des concessions sont cependant reconduites pour les artisans, sauf à l'encontre du carrier Joubaux. Les bâtiments de ces petites entreprises sont concédés sur la partie ouest de la Banche, au niveau de l'estacade (plan de 1884, AD 22, S art. 198).

    Les activités artisanales maritimes à Binic au 1er quart du 20ème siècle

    En 1909, Binic possédait encore deux constructeurs, alors que le quartier maritime de Binic était sur le point d'être supprimé. A Paimpol, à la même époque (1904), les chantiers de Kérity lançait 10 goélettes et 3 dundees de plus de 100 tonneaux bruts pour chaque bateau.

    En 1913, le chantier naval de Binic s'équipait de 2 scies à ruban et d'une machine à vapeur. Il employait encore en 1919, 40 ouvriers. Il y avait 3 forges à Binic dans le 1er quart du 20ème siècle : celles d'Antoine et de Jean-Louis Morgère, installées du côté sud du vieux port et celle de Pascot, située quai Jean-Bart. Les corderies avaient presque disparu à cette époque, hormis celle de M. Goinguené (ancienne corderie Marie), à la Ville-Cadio, qui n'employait plus en 1919 que deux ouvriers et un tourneur, contrairement à celle de Pordic qui fournissaient toute la côte. La culture du chanvre avait disparu et les derniers cordiers le faisait venir du Trégor (d'après les recherches de C. Querré).

    En 1922, les principaux chantiers de construction se trouvaient à Paimpol et à Binic. Le tonnage global des navires construits en 1920 était de 1333 tonneaux, soit 700 tonneaux par an, dont 522 tonneaux pour le port de Binic. En 1920, l'unique chantier de construction navale de Binic employait 81 ouvriers (en tout avec celui du Légué) et construisait 3 bateaux pour un tonnage de 678 tonneaux. Les deux chantiers paimpolais comptaient seulement 15 ouvriers. En 1931, le trafic du port était nul. Il faudra attendre le renouveau du port par la plaisance et la construction du bassin à flot en 1931-33, pour que les chantiers locaux retrouvent une activité de construction navale et d'entretien.

    Le déclin de la maritimité binicaise

    Cependant, l'activité maritime binicaise déclinait avec pour conséquence la fermeture du bureau d'enregistrement en 1922 et la suppression du quartier maritime de Binic, rattaché entre celui de Paimpol et de St-Brieuc en 1925, avec un bureau transféré à Saint-Quay, malgré les réclamations du conseil municipal. A cette époque, Binic pouvait comptabiliser un millier d'inscrits maritimes et le Portrieux seulement 700. Il faut préciser que ces inscrits provenaient davantage du commerce au long cours que de la pêche. Ce mouvement décroissant de l'activité maritime se poursuivit jusque la seconde guerre mondiale. En 1959, la pêche artisanale était quasiment nulle : 5 bateaux et 5 marins. Le seul trafic restait celui du sable et du maërl entre Paimpol et Binic. Cette situation était néanmoins commune à l'ensemble des ports des Côtes-du-Nord à cette époque.

    Le sursaut des pêches côtières et le renouveau du port par la plaisance

    Il fallut attendre les années 1960-70, pour que la pêche côtière retrouve un second souffle avec la coquille Saint-Jacques, et que Binic devienne l'un des principaux ports de débarquement de la baie de Saint-Brieuc.

    En 1966, le quartier de Saint-Brieuc, les petites entreprises de construction navale se consacraient à la plaisance, à la pêche locale et à l'ostréiculture.

    En 1986, Binic se plaçait en seconde position derrière Erquy, avec 719 tonnes de produits débarqués et en 3ème position derrière Erquy et le Légué pour le chiffre d'affaires. Vingt ans plus tard, la pêche côtière professionnelle avait déserté Binic pour le nouveau port d'Erquy.

    Binic se consacrait uniquement à la plaisance.

  • 20072206524NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206383NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206382NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206521NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206523NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206376NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 90.

    20072206522NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. Art. 198.

    20072206369NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206373NUCB : Collection particulière

    20072206296NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206295NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206297NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206306NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi. Fonds Joël.

    20072206372NUCB : Collection particulière

    20072206371NUCB : Collection particulière

    20072206370NUCB : Collection particulière

    20072206298NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206231NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206368NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S Suppl. 90. Construction d'un gril de carénage, 1920-22.

Bibliographie
  • QUERRE, Christian, LERIBAUX, Philippe. Souvenirs de Binic (1900-1960). Binic : éditions du Dahin, 2004.

    p. 193-197
  • QUERRE, Christian. Binic, port du Goëlo. Binic : Editions Dahin, 1987.

    p. 255