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Ancienne abbaye dite de Landévennec (Landévennec)

Dossier IA29004732 réalisé en 2011

Fiche

Appellations dite de Landévennec
Destinations musée
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional d'Armorique - Crozon
Adresse Commune : Landévennec

Site occupé dès la fin du 5e début 6e siècle. Plusieurs périodes de constructions et de modifications jusqu'au 17e siècle. Vendue comme bien national, l'abbaye, abandonnée, sert de carrière avant de devenir jardin d'agrément au cours du 19e siècle. L'ancienne abbaye est actuellement intégrée à un musée de site.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Auteur(s) Personnalité : Du Vieux-Châtel Jean, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Robert Plouvier, architecte, attribution par travaux historiques
Personnalité : David, ingénieur, attribution par travaux historiques
Personnalité : Chalus Louis de, propriétaire, attribution par travaux historiques
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1992/05/26
Précisions sur la protection

Vestiges de l'abbaye et sol des parcelles correspondantes, à l'exclusion des bâtiments de communs (cad. A 1159 à 1161).

Annexes

  • Ronan Pérennec. Abbaye de Landévennec.

    Landévennec est la fondation monastique la plus anciennement attestée en Basse Bretagne, et fut l´un des pôles religieux les plus importants de la région. Son dynamisme est attesté par une production scripturaire carolingienne de qualité, l´absorption de petits monastères, la diffusion du culte du saint, et de ses reliques, mais aussi des liens très étroits avec les seigneurs de Châteaulin, les comtes de Cornouaille, voire les ducs de Bretagne.

    L´abbaye fournit aussi un témoignage indirect de la migration des Bretons, de l´île de Bretagne jusqu´en Armorique. Elle aurait été, selon la Vie écrite par l´abbé Wrdisten vers 870-880, fondée par un fils d´émigrés, Guénolé, au fond de la rade de Brest, à l´embouchure de l´Aulne. Archéologiquement, le premier établissement est daté de la fin du 5e début 6e siècle. Les premières occupations consistaient en un cimetière s´organisant autour d´un oratoire, initialement séparé de l´habitat monastique. A la fin du 6e siècle, un bâtiment s´est agrégé au lieu de culte. Il est complété en 662 par une seconde longère sur poteaux plantés, qui regroupe les activités culinaires. Tous les bâtiments sont réédifiés sur un plan identique vers 750, a minima sur solins maçonnés, voire intégralement en pierre. Petit à petit le monastère se structure donc, à l´intérieur d´une clôture.

    En 818, peu après le synode d´Aix La Chapelle, l´abbaye, jusque là régie par une règle scottique, devient bénédictine. Le changement d´observance se traduit aussitôt dans l´architecture : une nouvelle église, à chevet plat tripartite, est construite. Elle est complétée au cours du 9e siècle par un porche, et par une galerie de circulation qui permettait l´intégration des deux églises en un même complexe. Dans la seconde moitié du 9e siècle, les bâtiments conventuels sont reconstruits, sous la forme de deux ailes orthonormées desservies par une colonnade préfigurant le cloître. A la même époque, le monastère est fortifié, par crainte des Vikings. La présence même de cet ensemble entièrement maçonné à la mode romaine, en pierre et chaux, et non en bois, est plus qu´inhabituelle. Ce caractère est renforcé par sa position géographique excentrée dans l´empire. Le moindre des paradoxes est que ce soit précisément à cet endroit que l´on puisse voir apparaître les prototypes du cloître et de la salle capitulaire.

    En 913, les Normands détruisent l´abbaye. Les moines s´exilent, comme le reste des élites bretonnes. Ils ne reviendront que vers 950. Bâtiments délabrés et fortifications sont alors restaurés.

    En 1025, la colonnade est en partie reconstruite en bois dans sa partie sud. Les édifices carolingiens restent toujours la base des bâtiments conventuels, mais un programme de travaux ambitieux a débuté. La muraille défensive, désormais inutile, est supprimée et transformée en carrière. En 1030-1040, la nef de l´église romane est déjà construite. Elle augmente considérablement vers l´ouest l´abbatiale du 9e siècle. Le nouvel édifice, de plan en croix latine, comporte désormais un transept et un chevet à déambulatoire et absidioles. Est-il terminé quand vers 1050 une aile nouvellement construite ferme à l´ouest une cour délimitée sur quatre côtés par une colonnade de bois ? La transition s´est alors opérée entre une vaste cour bordée par deux galeries, et une cour plus resserrée, à quatre galeries.

    Au 12e siècle, les travaux sont plus limités. On en retiendra surtout la transformation des chapelles du transept sud. La petite église qui avait succédé à l´oratoire, amputée de sa partie orientale, devient une sacristie voûtée. Un édicule donnant sur le chœur de l´abbatiale lui est accolé. Vraisemblablement construit par un abbé de ce nom, il est connu sous l´appellation de « tombeau de Gradlon », ou de « tombeau du roi Gradlon ».

    Au 13e siècle l´insécurité renaît, du fait de raids anglais. Une nouvelle fortification est édifiée, qui enserre au plus près les bâtiments monastiques. Dotée de murailles avec chemin de ronde et tours régulièrement réparties, l´abbaye prend des allures de château-fort. A l´intérieur de cet écrin, les édifices, à l´exception de l´église, sont construits de façon somptuaire : pour le cloître par exemple, les moines n´ont pas hésité à importer du calcaire de Normandie ou d´Aquitaine.

    Au 15e siècle, la suppression des tours de la muraille est compensée par la création d´une douve. Les constructions de cette époque concernent la totalité des édifices claustraux. Le cloître est intégralement rebâti en granit. A la fin 15e-début 16e siècle, le dernier abbé régulier, Jean du Vieux-Châtel, continue les travaux de ses prédécesseurs, en s´intéressant à l´église. Il y perce des baies, notamment celles du chevet, et fait construire une grande chapelle orientée dans le bras nord de transept.

    Du clocher, refait en 1548, il subsiste un pilier, au nord de la croisée.

    Les mauristes, à partir de 1638, entreprennent une nouvelle reconstruction des bâtiments, après les dégâts des guerres de la Ligue et des abbés commendataires. Cette campagne est la seule qui soit documentée, notamment grâce aux plans de l´architecte Robert Plouvier entre 1651 et 1655. Le cloître est agrandi sur l´emplacement du réfectoire et de la cuisine, déplacés à l´est. Le système de fortifications arasé au 16e siècle laisse la place à des jardins. Cette disposition nouvelle des lieux ne subira plus que des modifications de détail (construction d´une longère occidentale), et des réparations et entretien d´ensemble effectués, à la veille de la Révolution, par l´ingénieur des Ponts et Chaussées David.

    Après la vente comme Bien national, le monastère a servi de carrière de matériaux, jusqu´à l´achat du domaine, fin 1875, par Louis de Chalus. Il transforma l´église en jardin d´agrément, intervint ponctuellement sur des maçonneries, notamment certains piliers de l´église. Bien que reconstruits à l´identique, la sculpture de leurs bases (grappe de raisin, ancre de marine, etc.) témoigne de cette intervention.

    Depuis 1978, les fouilles menées par l´Université de Rennes 2 (Annie Bardel) et le Conseil Général du Finistère (Ronan Pérennec), ont permis de reconstituer une histoire particulièrement riche, souvent inédite, se confondant fréquemment avec celle de la région. Les vestiges mis au jour, illustrant les différents bâtis superposés, ont fait l´objet de plusieurs campagnes de restaurations menées par les Monuments Historiques. Les ruines sont accessibles au public dans le cadre d´un musée de site. Sa partie couverte, conçue en 1989 par les architectes Mostini et Tromeur, accueille des expositions permanentes et temporaires.

    Ronan Pérennec, archéologue, service départemental d'Archéologie, Conseil Général du Finistère.

  • 20102910636NUCB : Archives départementales du Finistère, Quimper, 3 P 105.

    20102910637NUCB : Archives de l'évêché, Quimper, 8 L 78.

    20092906873VAB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère, Carte postale : LANDEVENNEC 3201.

    20092906872VAB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère, Carte postale : LANDEVENNEC 3200.

    20092906869VAB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère, Carte postale : LANDEVENNEC 3196.

    20092906871VAB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère, Carte postale : LANDEVENNEC 3199.

    20092906874VAB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère, Carte postale : LANDEVENNEC 3202.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. Série 3 P 105. Tableau d´assemblage et cadastre parcellaire, 1831.

  • Archives de l'évêché, Quimper (Fonds Bigot, 8 L).

Bibliographie
  • BARDEL, Annie, PERENNEC, Ronan. Le site archéologique de l´abbaye de Landévennec.Dans : Bulletin et mémoires de la société archéologique et historique d´Ille-et-Vilaine, tome CIX. Rennes : 2005.

    p 33-62
  • CAMBRY, Jacques. Voyage en Finistère ou états des lieux de ce département en 1794 et 1795. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1999.

    pp. 285, 291
  • SIMON, Marc L'abbaye de Landévennec, de saint Guénolé à nos jours . Edition Ouest-France, 1985.

    p. 148, p.153
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p. 161 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Landévennec : aux origines de la Bretagne. 485-1985. XVe centenaire de la fondation de l´abbaye. Catalogue d´exposition. Jean-Pierre Gestin, Erwan Le Bris du Rest (dir.). Daoulas : 1985.

  • Bretagne, dictionnaire guide du patrimoine. PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Paris, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2002.

    p. 302
  • Dictionnaire d'Histoire de la Bretagne. Ed. Skol Vreizh. Morlaix, 2008.

    p. 432

Liens web