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Ancienne abbaye de dominicains dite « La Retraite », 28 rue du Bourgneuf (Quimperlé)

Dossier IA29000484 réalisé en 2001

Fiche

Genrede soeurs du Sacré-Coeur
Vocablessaint Jacques, saint Joseph
Destinationsmaison de retraite
Parties constituantes non étudiéesportail, chapelle, logement, jardin, colombier
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonQuimperlé - Quimperlé
HydrographiesLaïta la
AdresseCommune : Quimperlé
Adresse : 28 rue du
Bourgneuf
Cadastre : 1981 AP 91

L´abbaye de dominicains, à l´origine du faubourg du Bourgneuf situé alors dans le diocèse de Vannes, est située au bord de la route liant Quimperlé à Hennebont. Elle est fondée vers 1263-1266 par Jean 1er, duc de Bretagne et son épouse, Blanche de Champagne, en même temps que leur résidence de chasse située aux bords de la Laïta et de la forêt de Carnoët. L´abbaye sera progressivement dotée de tous les privilèges seigneuriaux dont celui d´une foire installée au faubourg depuis 1434. De cette abbaye, rien ne subsiste, à l´exception de deux pans de murs et d´une niche crédence, vestiges de l´ancienne église dédiée à saint Jacques. Le portail nord, avec porte piétonne et porte cochère, semble dater des environs de 1483, époque d´un renouveau architectural initié par le prieur Guillaume de Botderu qui fait reconstruire un corps de logis abritant des appartements, une salle de justice et une bibliothèque. Datant également de cette époque, une pièce majeure de la sculpture bretonne, une mise au tombeau aujourd´hui conservée dans l´église Sainte-Croix, provient de l´abbaye. Botderu est peut-être également à l´origine de la reconstruction ou de la réparation de l´église ; ruinée dès la fin du 16e siècle, elle fera l´objet d´un plan hypothétique levé par l´architecte diocésain Joseph Bigot en 1884. En 1624, on signale la présence d´une « salle et d´une chambre des ducs » alors que le cloître, la bibliothèque et la salle capitulaire seraient à reconstruire. En 1636, Dubuisson-Aubenay signale la présence de plusieurs verrières placées dans le réfectoire, les plus anciennes portant les armoiries de Bretagne et de Navarre, une autre, datée 1635, celles du prieur Yves Pinsard ; dans l´église, on voit une verrière timbrée aux armes des seigneurs de Quimerc´h ainsi que plusieurs sépultures dont celle, « sous tombe plate gravée », de Jean de Montfort, prétendant au trône ducal, mort à Hennebont en 1345. Dubuisson-Aubenay signale également « des salles et chambres de la vieille peinture et habitation des ducs de Bretagne » ainsi que des jardins et vergers de qualité, dans un environnement boisé. En 1906, on a signalé la présence d´un pavement de carreaux en terre cuite vernissée provenant de l´ancienne église abbatiale, carreaux semblables à ceux mis à jour dans l´ancienne résidence ducale de Carnoët (même commune). Les bâtiments abbatiaux ont été reconstruits entre 1636 et 1645 (dates portées sur les escaliers), à l´initiative d´Yves Pinsard, prieur de l´abbaye. Un grand nombre d´objets de valeur (meubles, vêtements liturgiques, pièces d´orfèvrerie, livres) disparaissent à la fin du 17e siècle. Les bâtiments figurent, représentés d´une manière schématique, sur deux documents datant respectivement de 1731 et du milieu du 18e siècle, date probable du rajout des ailes est et ouest en retour d´équerre. Y figurent également, hormis l´église et les bâtiments conventuels, des jardins, des vergers, un colombier, une digue en ruines ainsi qu´une cale donnant accès à la rivière et aux quais du port. L´ancienne porterie, reconstruite en 1753, a été remaniée à l´époque contemporaine. L´abbaye et ses dépendances sont vendus comme bien national en 1793, l´église est rasée. Acquis en 1808 par les soeurs du Sacré-Coeur, les bâtiments serviront d´asile aux femmes démunies. Dans la seconde moitié du 19e siècle, l´aile ouest en retour d´équerre est transformée, d´après les plans de l´architecte Joseph Bigot, en chapelle dédiée à saint Joseph ; elle sera transformée à son tour en logement, suite à la construction, en 1935, d´une nouvelle chapelle de plan centré qui se greffe sur le bâtiment existant. L´ensemble des bâtiments a été profondément remanié à l´époque contemporaine.

Période(s)Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 2e moitié 13e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Dates1636, porte la date
1645, daté par source
1753, daté par source
Auteur(s)Auteur : Bigot Joseph architecte diocésain attribution par travaux historiques
Personnalité : Bretagne Jean 1er duc de commanditaire attribution par source
Personnalité : Champagne Blanche de commanditaire attribution par source
Personnalité : Pinsard Yves commanditaire attribution par source
Personnalité : Botderu Guillaume de commanditaire attribution par source

Accessible depuis le nord, des bâtiments d´entrée englobent un portail à porte cochère et porte piétonne. Trois corps de bâtiments formant un plan en U s´ouvrent sur une cour au nord, sur des jardins au sud et à l´ouest, en descendant jusqu´à la rivière de la Laïta. Deux escaliers tournants à retours desservant les ailes est et ouest. Tour-lanterne à dôme coiffant la chapelle.

Mursgranite
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Plansplan régulier en U
Étages2 étages carrés
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
dôme polygonal
noue
croupe
Escaliersescalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
États conservationsvestiges

Les documents anciens laissent entrevoir certains aspects architecturaux de cette abbaye dont l´origine est liée aussi bien aux libéralités de la maison ducale qu´au développement que connaît la ville à partir de la fin du 13e siècle, phénomène qui favorisait l´implantation des frères prêcheurs. Les niches crédence en arc brisé se comparent à celles, contemporaines, aménagées dans la nef de l´église paroissiale Notre-Dame. Ce n´est qu´en 1643 que le quartier sera lié à la basse ville par un pont traversant l´Ellé, liaison conflictuelle tant la concurrence était vive entre deux abbayes voisines et qui se disputaient le pouvoir urbain. Bien que profondément marqué par des modifications successives, le site conserve non seulement la trame de cette évolution spatiale mais aussi l´essentiel de son emprise foncière ancienne, notamment les vergers et les jardins d´agrément touchant, au sud et à l´ouest, la rivière de la Laïta. Quant à la reconstruction des bâtiments conventuels achevée au milieu du 17e siècle, elle correspond à une période d´intense activité architecturale que connaît alors la ville, devançant de peu d´autres grands chantiers religieux comme les couvents d´ursulines et de capucins ou l´abbaye Sainte-Croix.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH partiellement, 1932/06/03
Précisions sur la protection

Portail d'entrée inscrit MH.

Annexes

  • 20042903187NUCA : Archives départementales du Finistère, 20 H 19.

    20042903188NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 292.

    20002900418X : Archives départementales du Finistère, 1 Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.N. Finistère, N IV. Plan géométrique de la forêt royale de Carnoët, par Jean-Baptiste Robert, géomètre, 1731.

  • A.D. Finistère, 20 H 19. Dessin du faubourg du Bourgneuf et de l´abbaye de dominicains. Vers 1750.

  • A.D. Finistère, 3 P 292. Cadastre de 1824, section F.

  • A.D. Finistère, 1 Fi. Cartes postales.

  • A.E. Quimper. Fonds Bigot, 8 L. 19e siècle.

    .
Bibliographie
  • DUBUISSON-AUBENAY. Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Recueil d´actes, de chroniques et de documents inédits, t. IX. D´après le manuscrit original, avec notes et éclaircissements, par L. Maître et P. de Berthou, Nantes, 1898.

    p. 99-102
  • PEYRON, P., ABGRALL, J.-M. Notices sur les paroisses de l´évêché de Quimper et de Léon. Dans : Bulletin diocésain d´histoire et d´archéologie, t. 2, 1906.

    p. 236-238
  • KERVRAN, Marcel. D´Anaurot à Quimperlé. 1500 ans d´histoire. 3e édition, Bannalec, 1995.

    p. 92-104
  • Le Patrimoine des Communes, le Finistère. Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France).

    p. 1350
  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Finistère. Collection Images du Patrimoine n° 217, Rennes, 2002.

    p. 64

Liens web