Logo ={0} - Retour à l'accueil

Ancienne abbaye de cisterciens, Le Relecq (Plounéour-Ménez)

Dossier IA29002939 réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Genrede cisterciens
Vocablesnotre Dame
Parties constituantes non étudiéesjardin, étang, moulin, maison, cour, fontaine, regard
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonParc Naturel Régional d'Armorique - Saint-Thégonnec
HydrographiesRelec ruisseau du
AdresseCommune : Plounéour-Ménez
Lieu-dit : le Relecq

L´abbaye cistercienne est fondée en 1132. De l´ensemble des bâtiments conventuels, seule l´église dédiée à Notre-Dame, la sacristie et quelques vestiges de l'ancienne salle capitulaire subsistent en élévation. L´église conserve des éléments importants du 12e siècle (plan en croix latine, nef centrale séparées des bas-côtés par des arcades et colonnes à chapiteaux portant un décor sculpté géométrique). Les chapelles absidiales ont été modifiées au 13e siècle et percées de nouvelles baies ; l´ancienne salle capitulaire et vraisemblablement le cloître remontaient à cette époque. La pierre sculptée, posée à gauche de la porte ouest, fiigure, présentée par deux lions, des armoiries qui pourraient être celles de l'abbé Guillaume Poulart mort en 1384. Jusqu'au 14e siècle, l'édifice était, probablement dans sa totalité, voûté en pierre dont une partie, au moins le mur sud du bras sud du transept et peut-être le bas-côté sud, s'effondre. Des modifications notables ont eu lieu sous l´abbatiat de Guillaume Le Golès (ou Goalès, ou Le Goalès de Mézaubran), en charge de l´abbaye entre 1462 et 1472 dont le percement de nouvelles baies dans le bas-côté sud. Chevet, pignon du bras sud et baies sud refaits à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. Cinq verrières au sud ainsi que la maîtresse-vitre du choeur portaient les armoiries Le Goalès. L´ancienne salle capitulaire abritait sa tombe. L'aménagement hydraulique du site remonte au moins au 16e siècle (étang, chaussée et moulin au nord-ouest). En 1641, un seul moulin à eau est attesté. L'époque de l'aménagement du second étang au sud-ouest n'est pas connu mais il est mentionné dans un procès-verbal de 1774. Entre 1680 et 1694, le prieur de l´abbaye, Jean-Baptiste Moreau, est à l'origine d'importants travaux : dans la partie nord du transept de l´église, il fait supprimer une chapelle afin de mettre en place, en 1691, un escalier monumental en pierre donnant accès au dortoir des moines (une inscription en latin témoigne de ces travaux). A cette époque remonteraient également, selon les archives, la réfection partielle de la charpente, la mise en place de lambris et d´un orgue, la restauration de deux côtés du cloître ruiné, la reconstruction du dortoir et la mise en place d´un escalier entre celui-ci et le cloître, des aménagements intérieurs du réfectoire et du logement abbatial, tout comme la construction des piliers du jardin et d´un « pavillon soutenu par huit piliers de pierre de taille », les adductions d´eau, la mise en place de canalisations et l'érection, en 1682, d'une fontaine (disparue) située dans le jardin d'agrément, à l'emplacement d'anciens communs médiévaux arrasés (dont un moulin). En 1713, un incendie détruit, d'après les archives, le logis abbatial du 14e siècle qui abritait une pièce pourvue d'un plafond décoré appelée « chambre dorée ». En 1765, l´église est endommagée par des intempéries. L´ingénieur Jacques François Piou propose, en 1783, un projet de reconstruction suivant un plan circulaire (non réalisé). On conserve l´édifice ancien, amputé, à l´ouest, de deux travées. La façade occidentale est mise en place en 1785 d´après le projet de Piou. A cette époque remontent également la fontaine (avec remploi, en soubassement, d'éléments provenant vraisemblablement de l'ancien cloître) et, surtout, les bâtiments (métairie, communs) entourant la cour à l'ouest et au sud. Un regard couvert (sorte de puits percé à l'aplomb d'une conduite d'eau pour assurer l'entretien de celle-ci), situé au nord-ouest de l'étang, dans le prolongement de la chaussée, porte la date de 1777. En 1786, l'ingénieur Pierre Joachim Besnard et Louis Loarer, architecte à Morlaix, évaluent les réparations à faire dans l´abbaye. L´inventaire dressé en 1790 témoigne de l´aspect des bâtiments, en partie en mauvais état, notamment le cloître. En 1794, l´abbaye est vendue comme Bien National au profit d´André Le Hénaff, commerçant à Morlaix. Après sa remise en état, l´église est restituée au culte. Le colombier figure encore sur le cadastre de 1837. La toiture de l'église est refaite en 1876. Joseph Bigot signale, en 1884, dans une chapelle près du choeur, des traces de peintures murales figurant la Vierge à l'Enfant entourée d'abbés. En 1894, les enduits intérieurs sont suprimés et les lambris du choeur et du transept refaits. En 1902, un incendie ravage les anciens bâtiments conventuels connus par des dessins et des photographies ; les ruines disparaissent en 1909. Vers 1911 est bâti un logis au nord-ouest de l'ancien cloître, vraisemblablement à l'emplacement de l'ancien réfectoire disparu, avec remploi d'une pierre provenant de l'ancienne hôtellerie et portant la date de 1693 ainsi que le monogramme M. P. (Moreau prieur). Mutilée, la statue de la Vierge placée sur la corniche de l'élévation ouest de l'église semble provenir d'un calvaire et pourrait être une création de l'atelier du sculpteur Roland Doré actif dans la première moitié du 17e siècle. Propriété du département du Finistère, le site est géré, depuis 2006, par l'Établissement Public de Coopération Culturelle " Chemins du Patrimoine en Finistère ". Des fouilles effectuées entre 2001 et 2006 par le service départemental de l'archéologie (Ronan Pérennec) ont révélé, outre la mise à jour des fondations d'origine dans la partie sud de l'église, l'existence de communs et d'un moulin à eau médiévaux à l'ouest du cloître, de traces de reconstructions tardives à l'intérieur de l'ancien cloître ainsi que plusieurs systèmes complexes de drainages et d'aménagements hydrauliques remontant à diverses périodes.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates1693, daté par source, porte la date
1774, daté par source
1777, daté par source
1785, daté par source
Auteur(s)Auteur : Besnard Pierre Joachim ingénieur attribution par source
Auteur : Loarer Louis architecte attribution par source
Auteur : Piou Jacques François ingénieur attribution par source
Auteur : Doré Roland? sculpteur attribution par source
Personnalité : Le Goalès de Mézaubran Guillaume commanditaire attribution par source
Personnalité : Moreau Jean-Baptiste commanditaire attribution par source

Traduction de l'inscription en latin gravée sur une pierre encastrée dans le le mur nord du bras du transept nord : "Aux frais du monastère et par les soins du curé et archimandrite Jean-Baptiste [Moreau] sont réparés, agrandis et décorés les bâtiments en mauvais état, 1691".

Toitardoise
Plansplan en croix latine, jardin régulier
Couvrementslambris de couvrement
Couverturestoit à longs pans
noue
États conservationsvestiges, envahi par la végétation, inégal suivant les parties
Techniquessculpture
Précision représentations

Chapiteaux à décors géométriques (nef, bras du transept) ; armoiries Poulart (pierre déposée devant l'élévation ouest).

L'église conserve des parties importantes du 12e siècle (plan partiel, piles, chapiteaux). De l'ancienne salle capitulaire subsistent des éléments du 13e siècle (nervures, culots) identiques à ceux des salles capitulaires de Langonnet (Morbihan) et de Saint-Maurice à Clohars-Carnoët (Finistère), abbayes cisterciennes contemporaines. La fontaine se compare à celle de Landerneau réalisée en 1696 puis remaniée en 1771. La qualité du site ainsi que l'importance des vestiges architecturaux et des aménagements hydrauliques anciens encore en place confère à l'ancienne abbaye du Relec un statut patrimonial majeur. Toutefois, la poursuite des recherches archéologiques et architecturales s'avère indispensable afin de compléter notre connaissance sur un bâti encore en partie inexploré. Village du Relec et ses abords : site classé (arrêté du 09/01/1973).

Statut de la propriétépropriété d'un établissement public départemental
Intérêt de l'œuvreà signaler, à étudier
Éléments remarquablesnef
Sites de protectionsite classé
Protectionsclassé MH, 1914/03/27
Précisions sur la protection

Ancienne église abbatiale : classée MH le 27 mars 1914.

Annexes

  • 20052904403NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 203.

    20052904478NUCA : Archives départementales du Finistère, 2 Fi 202.

    20052904404NUCA : Archives départementales du Finistère

    20052904479NUCA : Archives départementales du Finistère, 2 Fi 202.

    20052904405NUCA : Archives départementales du Finistère

    20052904480NUCA : Archives départementales du Finistère, 2 Fi 202.

    20052904406NUCA : Archives départementales du Finistère, 34 J 58.

    20052904481NUCA : Archives départementales du Finistère, 34 J 58.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère, 3 P 203. Tableau d'assemblage, 1837.

  • A.D. Finistère, 3 P 203. Cadastre de 1837, section G 1.

  • A.D. Finistère, albums Abgrall (vers 1900).

  • A.D. Finistère, 2 Fi 202. Cartes postales et photographies.

  • A.D. Finistère, 34 J 58. Fonds Le Guennec.

  • A.D. Ille-et-Vilaine, B (Eaux et Forêts), liasse 212.

Bibliographie
  • BIGOT, Joseph. Les cloîtres du Finistère. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. XI, Quimper, 1884.

    p. 245-249
  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Artistes, artisans, ingénieurs en Bretagne. A.P.I.B. (Association pour l´Inventaire de Bretagne), Bruz, 1998.

    notice 07189
  • CASTEL, Yves-Pascal, DANIEL, Tanguy, THOMAS, Georges-Michel. Artistes en Bretagne. Dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l´Ancien Régime. Quimper : Société archéologique du Finistère, 1987.

  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p. 299-301 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • DILASSER, Maurice, LE TARREAU, Mathieu. Le Relecq et son église abbatiale. Châteaulin, 1978.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

    p. 343
  • PERENNEC, Ronan. Chronique des fouilles médiévales en France. Dans : Archéologie médiévale , 2002.

  • PERENNEC, Ronan. Abbaye du Relec. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CXXXII, Quimper, 2003, p. 48-49.

  • PERENNEC, Ronan. Abbaye du Relec. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CXXXIII, Quimper, 2004, p. 16-17.

  • PERENNEC, Ronan. Abbaye du Relec. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CXXXIV, Quimper, 2005.

    p. 79-80
  • PERENNEC, Ronan. Abbaye du Relec. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, Quimper, 2007 (à paraître).

  • PERENNES, Henri. Une vieille abbaye bretonne. Notre-Dame du Relec en Plounéour-Ménez. Quimper, 1932.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère. Douarnenez : Ar-Men - Le Chasse-Marée, 1990.

    p. 170
  • TAYLOR, NODIER, CAILLEUX. Voyages pittoresques dans l'ancienne France. Bretagne. Paris, 1846.

Liens web