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Ancien presbytère (Javené)

Dossier IA00006865 inclus dans Le village de Javené réalisé en 2014

Fiche

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Dénominations presbytère
Aire d'étude et canton Fougères sud - Fougères Sud
Adresse Commune : Javené
Adresse : 15 rue de la Grande Marche
Cadastre : 1965 ZL 50

Historique rédigé à partir des recherches menées par Marcel Hodebert

Le bâtiment a été construit en 1728 par le recteur Pitteu ainsi qu'en témoigne l'inscription "1728 E. PITTEV. REC." portée sur le linteau de la porte.

François René Pitteu a été recteur de Javené de 1706 à 1736 ; c'est à lui que l'on doit la chaire et le baldaquin des fonts baptismaux de l'église.

Le presbytère est pillé par les Vendéens en novembre 1793. Après ce pillage, le bâtiment est dans un état déplorable si bien qu'en 1803, le recteur Julien Maigné loue une maison dans le bourg pour se loger. En 1835, des travaux sont réalisés à l'initiative du recteur Bordais : l'emplacement de la salle et de la cuisine est inversé, un corridor, une nouvelle cuisine, un salon et une petite chambre sur la grange sont également créés. De nouvelles ouvertures sont percées pour éclairer ces pièces. La façade actuelle témoigne encore en effet de ces percements du début du 19e siècle. En 1847, les toitures du presbytère et de la grange, auparavant couverte de bardeaux, sont refaites en ardoise. Un portail d'entrée est installé à l'est en 1861.

Cette même année 1861, l'abbé Bordais fournit des renseignements sur la paroisse de Javené à l'archevêque et décrit comme suit le presbytère :

«Le presbytère est exposé du levant au couchant, il est à 350 mètres de l’église. C’est une vieille maison fort commune. Les réparations qu’on y a faites depuis un certain temps, le rendent aussi bien qu’il peut être. Le rez-de-chaussée se compose d’une salle, d’un petit salon, d’une cuisine et d’un cellier ; au premier et seul étage, il y a trois chambres et deux cabinets. Toutes ces pièces sont plafonnées et planchéiées moins la salle qui est parquetée et la cuisine pavée en tuiles. La salle et la chambre du recteur sont boisées à hauteur d’appui ainsi que toutes les fenêtres des chambres, des cabinets et du salon ; toutes les cheminées sont aussi boisées moins celle de la cuisine. En un mot, tous les appartements tapissés sont assez propres pour la vieille maison, et surtout fort commodes. Au dessus est un vaste grenier mais dont le plancher est en mauvais état. Ce

presbytère, quoique peu élevé, n’est pas humide mais assez salubre. La preuve, c’est qu’on vit depuis longtemps pour l’ordinaire… ce qui est fort agréable, c’est qu’il est exempt de toutes servitudes. Il y a un puits, une vaste grange qui lui est accostée, une boulangerie avec four, une étable avec grenier à foin et une retraite à porc, une cour fermée où se trouvent tous les accessoires à distance convenable de la maison principale ; de plus, un jardin et un verger dans lequel se trouve une agréable charmille, le tout clos de haies de buis et d’épines taillées tous les ans. La cour entoure le presbytère au couchant et au nord et contient 13 ares 60 centiares. Le jardin qui est au pignon méridional du presbytère est de 19 ares 40 centiares. Le verger a 23 ares 70 centiares et se trouve au couchant du jardin. On peut dire que le sol de ces deux pièces, ainsi que celui de la cour, est de bonne qualité et très fertile. Le presbytère est assuré et la commune paye la pension du vicaire au moyen d’une imposition extraordinaire».

En 1867, un nouveau recteur, Jean-Marie Gratien, s'installe à Javené. il entreprend des travaux importants de transformation du presbytère qu'il décrit de la manière suivante dans le Livre de Paroisse :

« Dès le commencement de septembre (1867), commencement de travaux pour la transformation du jardin. D’abord suppression d’une haie vive en buis partant de l’angle sud-ouest de la maison pour aller rejoindre perpendiculairement l’extrémité nord de la haie actuelle qui sépare le jardin du verger. Suppression d’une murette surmontée d’une claire-voie vermoulue partant de l’angle sud-ouest de la grange pour aboutir perpendiculairement au milieu de la haie disparue. Dégagement complet de la cour jusqu’au portail en if. Vallonnement du terrain que l’on dispose en parallélogramme fermé d’un côté par une ligne d’arbres verts, de l’autre par un triple cordon de pommiers nains et traversé par une allée sinueuse.

En octobre et novembre, continuation des travaux : dégagement du presbytère du côté du chemin. On y arrivait par un portail massif qui s’élevait à l’entrée d’un parterre clos et étroit vis-à-vis la porte du levant. Le portail est abattu ainsi qu’un bout de haie en buis qui partait de l’angle Sud-Est du presbytère se réunir à angle droit à une autre longue haie semblable, laquelle suivait à peu près parallèlement la route vicinale tout en laissant vague une portion assez considérable de terrain. Cette haie très large tombe comme les autres et permet de reculer les bornes du jardin jusqu’à la voie publique. Les limites sont marquées par une haie en épines renforcée en une certaine étendue d’un rideau d’arbres verts. Un nouveau portail formé de deux piliers soutenant une claire-voie s’élève vers le milieu de la haie d’épines pour s’ouvrir sur le jardin et conduire obliquement à la maison.

Au commencement de cette année 1868, le conseil de fabrique reconnaissant l’impossibilité de bâtir un presbytère neuf, et d’un autre côté, l’insuffisance et la vétusté du presbytère actuel, arrêta que l’on commencerait immédiatement à le transformer de manière à pouvoir tout à la fois l’embellir et l’agrandir. Appel à la générosité des principaux propriétaires de Javené. La plupart accordent des arbres, plusieurs de magnifiques chênes, d’autres des châtaigniers. Les travaux finirent en septembre 1869. Le presbytère est modifié ainsi qu’il suit :

"La façade Ouest, plate et sombre comme la plus humble ferme, n’offrait auparavant à l’étage qu’une meurtrière et une petite fenêtre carrée, s’élève en deux frontons avec tourelle, galerie et deux portes balconnes. La façade Est, parée d’ouverture rares et irrégulières sur un toit démesurément rabattu, s’éclaire et se régularise à l’aide de trois fenêtres neuves (dont une simulée) et d’une corniche coupée à distance égale par trois petits frontons ornementés. Une imitation de granit sur cette façade et de briques sur la façade opposée, plus un épais enduit sur le pignon Sud rajeunissent complètement l’extérieur auparavant si triste du presbytère.

Les changements à l’intérieur sont plus considérables encore. La suppression d’un vieil escalier remplacé par celui de la tourelle, la suppression d’un corridor obscur qui conduisait à la chambre de M. le vicaire, (double opération qui n’était possible que par la construction de la tourelle et de la galerie) permettent : 1°) de construire une petite pièce au rez-de-chaussée pour la bonne ; 2) de prendre un cabinet à l’étage sur l’emplacement d’une volée de l’ancien escalier ; 3) de partager la chambre du milieu en deux pièces dont un grand cabinet et une chambre très régulière ; 4) de faire du couloir galetas sis sur la grande un appartement convenable dont le palier contigu à celui de la tourelle forme cabinet et alcôve.

En outre, la chambre, dite auparavant du milieu et maintenant de la galerie, était dépourvu de cheminée. On lui en a fait une en brique dont la tête légère et élégante s’harmonise avec le genre de la construction. Toutes les autres têtes de cheminée sont réparées et prennent une forme agréable. De nombreux travaux de menuiserie et particulièrement des placards sont exécutés à l’intérieur pour faciliter l’ameublement. La grange elle-même (diminuée de l’espace laissé pour un tambour) est revêtue en dehors, à sa façade Sud, d’un solide enduit et de traverses peintes de manière à présenter à l’œil une annexe digne du presbytère. On y adosse une petite serre dont la commodité est fort sensible."

En 1920, le bâtiment est vendu suite à la construction d'un nouveau presbytère en 1901. M. Leguérinel s'en porte acquéreur pour la somme de 42.000 francs.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 1ère moitié 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1728, porte la date

Le bâtiment est situé en bordure de la route entre Javené et Fougères, dans la partie Nord du bourg.

Les murs sont construits en petit appareil irrégulier de schiste alors que les encadrement des ouvertures et les chaînages d'angles sont réalisés en granite. Dans les parties remaniées, la brique et le ciment ont été utilisés en façade postérieure.

Le bâtiment possède une façade principale à l'est, il présente un plan rectangulaire à un étage sous comble à deux versants. Une tourelle d'escalier demi hors œuvre à pans coupés s'élève en façade postérieure. Elle se trouve dans l'angle formé par le bâtiment principal et l'étable en retour d'équerre à gauche de la façade postérieure.

Le bâtiment comprend un rez-de-chaussée, un étage et un comble.

La façade antérieure Est témoigne d'un ordonnancement irrégulier : une porte et quatre fenêtres au rez-de-chaussée, six fenêtres à l'étage et trois lucarnes au niveau des combles.

Les baies de la façade est s'organisent, du sud au nord, de la manière suivante :

Rez-de-chaussée : fenêtre à linteau monolithe avec petite accolade, piédroits et linteau moulurés en cavet. Porte à piédroits en cavet et linteau monolithe aux angles arrondis, portant l'inscription : 1728 / E. PITTEV. REC. Fenêtre surmontée d'un arc de décharge.

Premier étage : fenêtre à appui saillant mouluré : écu martelé et moulure torsadée. L'ouverture de la travée axiale est obturée, ainsi que la fenêtre de la lucarne.

Combles : lucarne axiale à large pignon : fenêtre obturée.

La façade postérieure ouest a été très remaniée (abondance de brique et de ciment, tourelle d'escalier).

Les pignons nord et sud sont aveugles ou comprennent des ouvertures modernes.

Le toit à deux versants est couvert d'ardoise. La charpente à fermes a été très remaniée ; sur les entraits, repose le plancher de l'étage (faux entraits par endroits, chevillage de bois).

Le rez-de-chaussée est composé d'une salle qui possède une cheminée adossée, appareillée en granite, avec linteau monolithe et consoles en talon. L'accès à l'étage se fait par un escalier en bois récent dans la tourelle et l'étage a été aménagé (cloisons modernes, faux plafonds).

Murs granite pierre de taille
schiste moellon
brique
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
pignon couvert
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

Périodiques
  • Bulletin et Mémoires du Club Javenéen d'Histoire Locale