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Ancien hôtel Richelot, puis hôtel de Courcy, actuellement conseil régional, 9 rue Jean-Baptiste-Martenot (Rennes)

Dossier IA35022167 inclus dans Ancien faubourg de Paris réalisé en 1998

Fiche

  • Vue générale
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  • Parties constituantes

    • bureau d'études
    • cour
    • jardin
    • portail
    • remise
    • fontaine

Dossiers de synthèse

Vers 1830, Louis-Guy Richelot, architecte de la Ville, utilise des terrains occupés par des maisons du XVIIIe siècle rue de Bel Air, au commencement de l'actuelle rue de Paris, pour se faire bâtir un hôtel particulier où il réside jusqu’en 1842. Après divers locataires et propriétaires, la famille de La Goublaye de Nantois en 1885 y fait d'importantes transformations et des travaux de décoration en 1885 ; puis, la famille de Courcy le cède à l’État en 1950 qui y installe des services administratifs. Le Conseil régional en fait l’acquisition en 1983 et entreprend une restauration complète. C’est dans un environnement en pleine mutation – Charles Millardet venait de construire les escaliers monumentaux du jardin de la Motte, aujourd’hui déplacés au Thabor, rue de Paris – que Richelot conçoit une villa néo-classique, véritable maison des champs adossée au Thabor et entourée de jardins. Le rez-de-chaussée du corps principal, en saillie, suggère l’idée d’un socle architectural pour l’étage, en retrait, et dont la loggia d'ordre ionique répond au péristyle d'entrée en dorique dépouillé ; l’absence d’ordre d’architecture au troisième niveau et le large fronton concourent à l’effet monumental de la façade couronnée par un belvédère sur le toit, masquant les cheminées, et rythmée par la balustrade et l’entablement en parallèles continues. À l’arrière, l’escalier d’honneur et l’accès au jardin sont combinés pour racheter la déclivité du terrain ; le premier étage y devient un rez-de-chaussée surélevé, largement ouvert par un vestibule haut sur le volume simple et lumineux de la cage d’escalier prenant naissance dans l’obscurité du vestibule bas.

Dans son état originel, conservé jusqu’au dernier quart du XIXe siècle, l’hôtel, précédé par une cour en hémicycle fermée par un mur aveugle, semble émerger telle une imposante fabrique posée sur un socle. En 1886, les communs sont transformés en ailes continues autour de la cour ouvrant, sur la rue, par un système complexe de grilles et de piliers ; à cette date, le décor intérieur d’origine de l’hôtel fut profondément modifié par l’atelier Jobbé-Duval (mise en couleur de la cage d’escalier, moulures dorées, frise au sommet des murs, plafonds colorés et blasons dans les pièces d’apparat) et le sol du vestibule fut enrichi d’un pavement de mosaïque de marbre par l’atelier Odorico. Ces éléments décoratifs sont fréquents à la fin du XIXe siècle dans les demeures de Rennes ainsi qu'à la Cathédrale Saint-Pierre. Au contraire, le décor voulu par Richelot était d’une grande discrétion ; il en reste des éléments significatifs dans les trois salles communiquant en enfilade au premier étage : trumeaux de glace et ornements en plâtre moulé appliqués comme des camées dans le salon central, chapiteaux à l’égyptienne dans le salon Ouest. La restauration du bâtiment, entreprise considérable et délicate,fut menée à bien entre 1984 et 1986 par la Société Armoricaine de Restauration et par l’atelier Jobbé-Duval pour la décoration ; cette demeure d’architecte a retrouvé sa place monumentale dans le tissu urbain de Rennes.

(Jean-Jacques Rioult, 2019)

Destinations hôtel de région
Parties constituantes non étudiées bureau d'études, cour, jardin, portail, remise, fontaine
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : 9 rue Jean-Baptiste-Martenot
Cadastre : 1842 B 514 à 518 ; 1980 BH 126

Hôtel construit pour lui-même, entre 1826 et 1830, par l'architecte Louis-Guy Richelot qui y tient son cabinet et sa résidence jusqu'en 1842. Transformations et ajouts réalisés en 1885 pour la famille de La Goublaye de Nantois, sous la direction de l'architecte Frédéric Jobbé-Duval pour les décors intérieurs avec pavements de mosaïque de l'atelier Odorico.

Ces travaux importants modifient surtout le front sud de l' hôtel sur la rue de Paris. alors remplacé par une grille continue dont le nouveau tracé distingue l’entrée principale de celle qui dessert la petite cour des écuries et des remises à voitures au sud est.

Sur le corps principal lui-même, le portique de quatre colonnes à l'étage est alors fermé par une structure métallique pour servir de jardin d'hiver, selon la mode de la fin du 19e siècle.

A l'intérieur, le grand escalier de l'hôtel est alors enrichi par un décor de stucs qui en habille les colonnes, de dessus de portes en plâtre modelé et le plafond peint d'une allégorie illustrant le triomphe de la Vérité sur le Temps par Gaston Jobbé-Duval, frère de l'architecte.

Le Conseil Régional fait l'acquisition de l’hôtel en en 1983 et entreprend une restauration complète confiée à la Société Armoricaine de Restauration qui restitue au portique de l'étage du corps principal son aspect originel.

Au cours de ces travaux une large ouverture en arc est crée dans l'aile ouest des communs pour permettre un accès à une salle semi enterrée devant accueillir l'Assemblée régionale ainsi qu'au parking installé au nord de l’hôtel dans une partie des jardins. La salle des assemblées construite en 1986, œuvre de l'architecte Bertrand Tessier, est accompagnée d'une fontaine-mur d'eau et d'une sculpture conçues par l'artiste Martha Pan.

Auteur(s) Auteur : Richelot Louis, architecte, auteur commanditaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Jobbé-Duval Frédéric, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Jobbé-Duval Gaston, peintre, signature
Auteur : Tessier Bertrand, architecte, attribution par source
Auteur : Pan Martha, sculpteur, attribution par source

Hôtel entre cour et jardin à étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé, étage carré et étage attique, construit en moellons de schiste enduits. Elévation sur rue à 5 travées, les 3 travées centrales couronnées par un fronton triangulaire, et porche-loggia. Anciens communs sur les côtés ouest et est de la cour.

Murs schiste
enduit
moellon
Toit ardoise
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Typologies hôtel entre cour et jardin, style néoclassique

Données complémentaire architecture Rennes

HYPO type pavillon
NOTA style néo-classique
SCLE1 1840 vers
IMPA parcelle sur rue
CBATI isolé
IMBATI entre cour et jardin
PASSAGE Non
ESPAL cour antérieure
ESPAP jardin en fond de parcelle
IAUT unicum
ICHR unicum
IESP unicum aire d'étude
ICONTX intégré
ITOPO dénivelé
POS sans objet
SEL sélection requise
Statut de la propriété propriété publique, Propriété du Conseil régional de Bretagne depuis 1983.
Protections inscrit MH, 1973/12/19
Précisions sur la protection

Façades et toitures ; escalier intérieur avec sa cage ; quatre pièces avec décor de gypserie (vestibule d' entrée au rez-de-chaussée, pièce centrale et pièce de droite au premier étage, pièce centrale au deuxième étage) (cad. BH 126) : inscription par arrêté du 19 décembre 1973.

Références documentaires

Documents figurés
  • [1842]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section B, dite du Palais, 2e feuille, dessin, Jouchel du Ranquin, Roger, Viel, Ferré et Simon géomètres, 1842 (A. D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • CARNE (Gwenaëlle de). In Rennes, embellir la ville. La mise en valeur d'un quartier résidentiel à la limite du centre ancien : Sévigné, étude réalisée avec le concours du ministère de la Culture et la Ville de Rennes. Paris : L'Art en province, 1987.

    p. 55, 144
  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p. 244-246

Liens web