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Ancien écart de Tu-es-Roc (Erquy)

Dossier IA22004219 inclus dans La ville d'Erquy réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

Appellations Tieuroc
Parties constituantes non étudiées maison, rue, lavoir, sémaphore, carrière
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
Adresse Commune : Erquy
Lieu-dit : Tu-es-Roc
Cadastre : 1785 ; 1810 AD ; 1846 A ; 1987 AE ; A4

La graphie de Tu-Es-Roc a beaucoup évolué depuis le Moyen Age : Turvot (1393), Trueroc (1477), Tieurot (16ème et 17ème siècles), puis Tu-Es-Roc au 19ème siècle, qui signifie « maison dans le rocher », rappelant l´ouverture des carrières dans les rochers bordant la Garenne et dominant ce hameau. En 1420, on dénombrait seulement une dizaine de familles de condition modeste. Puis quelques nobles s'installèrent, en bénéficiant des afféagements. En 1583, on dénombrait 25 maisons. En 1789, le hameau était aussi peuplé que le bourg. On y dénombrait 34 maisons et 7 fournils. Ce hameau fut habité par des constructeurs de navires au 18ème siècle puis par des carriers et des marins au 19ème et dans la 1ère moitié du 20ème siècle. Le hameau de Tu-Es-Roc a conservé une certaine homogénéité architecturale, avec de nombreux éléments décoratifs et de construction, qui témoignent du savoir-faire des artisans carriers du grès. Au 19ème siècle, l´ouverture des premières carrières mixte la population des ouvriers carriers, des petits paysans et des marins Terre-Neuvas dans ce quartier, qui présente encore aujourd´hui un habitat très homogène. Toutes les maisons du haut touchaient à la Garenne par leurs courtils de derrière. On y accédait par de nombreuses venelles, qui existent encore aujourd´hui. La rangée d´en bas, moins fournie, laissait pénétrer dans la rue trois chemins ou « devises », permettant aux habitants de gagner le port ou le bourg (Basse-Rue, rue de la Brêche). Ces deux rangées de maisons sont séparées par la rue des Terre-Neuvas. Le calvaire au bas de la Basse-Rue a été érigé en souvenir d´une mission de sauvetage en 1893. Le premier abri du canot de sauvetage fut édifié au quartier de la Chaussée. La ferme de la Basse-Rue à la fin du 18ème siècle comptait 3 ha. C´était la seule ferme proche du bourg avant 1930. La plupart des maisons récentes ont été construites par les maçons-carriers au 19ème siècle, avec une certaine homogénéité architecturale : rez-de-chaussée, un étage avec gerbières, jardinet devant. L´intérêt patrimonial de cet ancien quartier mérite d´être souligné.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

L'intérêt patrimonial de ce hameau ancien est dû à l'homogénéité des constructions qui le composent. Cet ensemble mériterait une mesure de protection particulière (ZPPAUP). A noter : - La maison Deguen-Dutemple (n° 32), datée d´avant le 18ème siècle, elle appartenait à cette époque à un navigant. C´est la seule maison de Tu Es Roc qui a conservé la meilleure part de son aspect original. - La maison Dobet-Gour (n° 17). Située le long d´une venelle encore visible de nos jours, elle appartenait au 18ème siècle à un constructeur de navires. Son fils la passa sans doute un jour au blanc de chaux, car il fut connu sous le nom de « sieur de la maison blanche ». Elle se trouve à proximité de la Basse-Rue, qui mène au bourg et qui doit son nom à la présence à proximité d´un ruisseau. - Les Costières d´en bas (n° 2-3) : ce sont les premières maisons de la rue des Terre-neuvas, bâties à la fin du 15ème siècle. - La maison du Beau-Soleil (n°1), construite au bord d´une garenne menant à la Garenne, appelée rue de la Pierre Levée car le passage était bordé par des pierres disposées en palis le long du talus. Entre le 15ème et le 17ème siècle, cette maison a appartenu à la même famille.

Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • Architecture générale du hameau de Tu Es Roc

    Architecture générale du hameau de Tu Es Roc

    Toutes les maisons du haut de Tu Es Roc touchaient à la Garenne, vaste étendue de landes, par leur courtil de derrière, que de nombreuses habitations ont conservés avec leur jardin devant. Ces maisons étaient souvent habitées par des carriers. Les premières carrières ouvrirent dans les rochers bordant la Garenne au cours du 19ème siècle. On y accédait par de nombreuses venelles étroites, dont il reste encore aujourd'hui des témoignages, avec leur circuit dallé d'évacuation des eaux de pluie. L'ensemble du village se composait de plusieurs tenues féodales qui sont devenues des "lieux dits". D'ouest en est : la tenue du Hamel au haut de la "devise", chemin montant de la Conninière, la tenue du Doué-Mahé, la tenue des Pendants de Tu Es Roc, double rang de maisons s'entrejoignant autour de la fontaine (aujourd'hui murée, on peut encore voir sa niche). La rangée d'en bas, moins fournie, laissait pénétrer dans la rue trois chemins ou "devises", permettant aux habitants de Tu Es Roc de gagner le port ou le bourg (aujourd'hui rue de Tu Es Roc, Basse-Rue, rue de la Brèche). Ces deux rangées de maisons sont séparées par la rue des Terre-Neuvas, habitée presque exclusivement par des marins de Grande pêche, jusque la 1ère moitié du 20ème siècle. Enfin la tenue des "Fougières". A l'extrémité est de la rue de TU Es Roc, une sente longeait par l'intérieur la clôture de pierre de la Garenne et gagnait les Hôpitaux par les Rochettes, la Pouillouse, les Rochers Morieux. Il existait entre Tu Es Roc, les Hôpitaux et Lanruen, fiefs proches de la seigneurie de Lamballe, de nombreux réseaux de relations familiales. La plupart des habitants de Tu Es Roc avaient maison à Lanruen ou aux Hôpitaux et réciproquement.

    Toutes les maisons de ce hameau sont de construction traditionnelle, même si la plupart ont été reconstruites au cours du 19ème siècle. Le matériau principal de construction est le grès et le poudingue d'Erquy. Les toitures sont en ardoise avec des pentes traditionnelles et les lucarnes sont simples ou "en gerbière" (pour éviter le ruissellement).

    On peut remarquer certaines constructions en grès rose :

    - une soue à cochon, 43 rue des Terre-Neuvas,

    - l'ancienne cour et l'habitat des marins, impasse Tu Es Roc,

    - un double escalier rue Hamel,

    - la Maison Deguen-Dutemple au n° 32 rue des Terre-Neuvas, datée d'avant le 18ème siècle, qui a conservé son aspect original, maison de marin,

    - la maison Dobet-Gour (n°17), située le long d'une venelle, où on accédait par un double escalier en pierre. Elle appartenait au 18ème siècle à un constructeur de navires Mathurin Dobet. Elle se trouve à proximité de la Basse-Rue, qui doit son nom à la présence d'un ruisseau, à proximité.

    - les Costières d'en haut de la famille Beaubra (n° 2-3-4) ; ce sont les premières maisons de la rue des Terre-Neuvas, bâties à la fin du 15ème siècle.

    - Les Costières d'en Bas (n° 2-3), appartenant à des maîtres de barques au 18ème siècle,

    - la maison du Beau Soleil (n°1), construite au bord d'une venelle menant à la Garenne, appelée rue de la Pierre Levée car le passage était bordé par des pierres de clôture. Entre le 15ème et le 17ème siècle, cette maison a appartenu à la même famille Garrouët : seigneurs des Longuerai,

    - le Noirmont, belle demeure de style malouinière, construite en 1840 par le maire Le Mordant de Langourian. Elle se trouve au choeur d'un amphithéâtre boisé de 5 ha ; les pins maritimes ont été cultivés à la ferme de la Basse-Rue, selon le témoignage de Patrick de la Bourdonnaye, son propriétaire actuel. Le matériau de construction est le granite, importé de l'Île Grande.

    Synthèse d'après l'ouvrage et le témoignage oral de Jean-Pierre Le Gal La Salle "Histoire d'Erquy sous l'Ancien Régime", 1991.

  • Témoignage de Mme et M. Bouguet de Tu es Roc :

    le quartier était composé de petits pêcheurs (doris), de Terre-neuvas, de marins au cabotage, de carriers et de petits cultivateurs ...

    Les fermes étaient peu nombreuses : le Portuais, la Basse-rue, le Pussuet et à côté de l'école religieuse. Entre Basse-Rue et la rue Saint-Jean, tout était en champs de blés et en pacage pour les vaches, les moutons et les chevaux. La fête de Tu Es Roc, c'était la fête de la bruyère, où se plaisait à simuler le maire. On décorait les maisons. On triait les pierres pour bâtir les murets avec les rejets. En 1930, les grandes carrières étaient épuisées.

    Témoignage de Emilienne Lefèvre. Son père était Terre-Neuvas, en février après le pardon, c'était la fête religieuse le matin et la fête profane l'après-midi. Les femmes n'allaient pas aux carrières, sauf Mme Lefèvre, à la mort de son mari.

  • Inventaire des marins : rue des Terre-Neuvas, au village de Tu Es Roc

    Dans la cour impasse de Tu Es Roc :

    - au n° 14 : la maison avec une seule pièce à vivre de la "Mère Loise" Launay.

    - au n° 12 : Prosper Launay (propriétaire d'un canot de pêche du type "Aleth"), le père, marin à Terre-Neuve.

    - au n° 10 : Louis David, patron de doris à Terre-Neuve.

    - au n° 8 : Joseph Druel, dit "Duret".

    - au n° 6 : Léon Trévilly, patron de doris.

    - au n° 1 : José Martin et son fils adoptif, noyés tous deux à Terre-Neuve pendant la campagne de 1927-28.

    - au n° 2 : Joseph Laurent, marin de commerce.

    Rue Le Hamel :

    - au n°2 : Yves Laurent (Prosper), dit "Lipaou" ("grosses lèvres"), second capitaine à Terre-Neuve.

    - au n° 4 : Henri Pays, avant de doris à Terre-Neuve en 1923, père de Raymond Pays, à bord de "La Magicienne", patron Joseph Druel (3 mâts de Granville).

    - au n° 3 : Constant de la Motte, patron de doris.

    - au n° 5 : Constant Le Cam, patron de doris (avec Contativi, lui aussi patron de - de l'autre côté de la rue (à babord) : Corentin Mignon, patron de doris.

    Dans la rue des Terre-Neuvas :

    - au n° 3 bis : Rollier Pierre, patron du canot SNSM "La Marie", patron de la bisquine "Le Va toujours", à De Kerjégu, propriétaire du château de Bien-Assis

    - au ° 7 : Raymond Pays et juste avant : Voisine, patron de doris, le "mari à la Gouriotte", marchande de poissons à Erquy, noyé à Terre-Neuve, lors de son premier voyage.

    - au n° 9 : Constant Rollier, marin à Islande (les marins Terre-Neuvas considéraient les Islandais comme des paysans parce qu'ils pêchaient du bord).

    - au n° 13 : Joseph Le Maître, patron de doris.

    - au n° 8 : un café.

    - au n° 17 : Jean Bidon, "Islandais", marin à Islande.

    - au n° 17 bis, Pierre Le Duc, marin à Terre-Neuve.

    - au n° 19 : Jaumet, marin à Terre-Neuve.

    - au n° 21 : Depagne, dit "Paletot", marin à Terre-Neuve.

    - au n° 10 : Cormier Joseph, patron de doris.

    - au n° 25 : Joseph et Francis Bertin (fils), dont le fils fut noyé à Terre-Neuve.

    Témoignage de Raymond Pays.

  • Les clôtures de la Garenne :

    Les alignements de pierres plates, levées dans les talus, bordant le chemin de Tu Es Roc au moulin de la Garenne, ou limitant la propriété de l'ancienne carrière de l'entrepreneur Bourdon, seraient une partie de la clôture de l'ancienne Garenne du comte de Penthièvre ou de l'un des afféagements consentis à des vassaux à l'époque médiévale. Le comte possédait d'autres enclos à connils (à lapins), situés à "la Conninière du Nermont", à la "Heussaye" et à "Cavet". Au 15ème siècle, les comtes de Penthièvre chassaient au faucon sur leur garenne. Leurs oiseaux de proie étaient gardés par un gentilhomme (le sire de Panjamet) dans une "fauconnerie" située entre le Pussouër et la Ville Bourse.

  • 20042208171NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 1 E 494.

    20042208197NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 1 E 494.

    20042208175NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 1 E 494.

    20042208234NUCB : Mairie d'Erquy

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : Plan terrier du Penthièvre, 1785, 1 E 494.