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Ancien couvent Saint-François (Landéan)

Dossier IA35131047 réalisé en 2013

Fiche

La fondation, dans la forêt de Fougères, du couvent ou plutôt de l’ermitage de Saint-François, remonte à l’année 1441, sous le règne du duc Jean V qui avait investi son fils aîné de la propriété de cette forêt.

Celui-ci qui, deux ans plus tard, à la mort de son père, devint le duc François Ier, fit don le 24 janvier 1441 à quelques religieux de l'Ordre de Saint-François d'Assise dont le frère Guillaume Vaurouillon, bachelier en théologie, et le Frère Jacques des Lieux, maître en théologie, de trois journaux de terre en la forêt, au lieu appelé le « Pas au meunier », et il leur permit d’y établir un « hermitage » afin d’y « user et finir leurs jours » pour le salut de leur âme.

Jean V confirma la donation le 29 janvier suivant approuvée par l’évêque le 8 février 1441, elle fut à nouveau confirmée par le donateur ; de plus, à la demande du frère Vaurouillon (ou Baurouillon, ou Vauroulon) et de ses frères, le duc François Ier, « féru de très-singulière et fervente dévotion... au bon saint, monseigneur saint François, leur donna congé de bâtir une petite chapelle, et pour ce faire, de prendre du bois dans la forêt >>.

Ce n’est que plus tard (3 juin 1494) que par Lettres patentes du roi Charles VIII, l’autorisation fut accordée de transformer l'hermitage en «Couvent », c'est-à-dire de constituer une maison régulièrement organisée selon les règles franciscaines, avec un enclos, pourvue d’une certaine autonomie, et capable de former des novices et d’admettre à la profession.

On peut supposer que les disciples de saint François d'Assise, ainsi venus dans la forêt de Fougères, étaient un essaim du Couvent des Cordeliers existant à Rennes depuis le 13e siècle. Ces religieux étaient appelés indifféremment Cordeliers, Frères mineurs ou Franciscains. Leur Ordre remontait à 1209.

En pleine forêt de Fougères, près d'un étang, il ne reste presque plus rien du couvent de Saint-François, quelques ruines autour d'une ferme remaniée et d'un reste de bâtiment annexe. Tout le grand bâtiment a été totalement ruiné dès 1914 et maintenant les seuls vestiges sont à l'entrée un pan du portail de granite ainsi que la petite maison conciergerie. Du couvent même la chapelle dont il restait de beaux vestiges a été totalement liquidée vers 1950. On voit cependant un bâtiment annexe en assez bon état et une partie de la ferme. Le pignon nord ouest est plus récent que le vieux bâtiment qu'il prolonge mais son appareillage est curieux. L'intérieur a été vidé de son contenu, il ne reste donc rien de l'ancien plan. La charpente ancienne est belle comme on peut le constater sur les photographies prises en 1968.

Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Fougères Nord
Adresse Commune : Landéan
Lieu-dit : Les Saint-François

En 1440, quelques religieux de l'ordre de Saint-François-d'Assise fondent le couvent des Cordeliers sur le territoire de la paroisse de Landéan. Les bâtiments, le cloître, la chapelle, les enclos et le cimetière sont encore visibles en 1930 ; il n'en subsiste qu'un bâtiment, avec quelques ouvertures décorées. À l'intérieur, un escalier à volée droite dessert les deux étages. La voûte de l'escalier du 17e siècle est en berceau sur doubleaux. Cet escalier rappelle en plus petit celui de l'abbaye de Rillé de Fougères, construit au début du 18e siècle. Peut-être sont-ils la création du même maître d'œuvre. Le dernier bâtiment du couvent Saint-François est désormais le siège d'une exploitation agricole.

Le chanoine Guillotin de Corson, dans son Pouillé du diocèse de Rennes, dit que les bâtiments actuels du couvent de Saint-François peuvent remonter au 15e siècle.

L'ensemble du couvent actuel parait dater de la fin du 17e siècle ; à cette époque on dut procéder à de grands remaniements, à une réfection presque complète.

La toiture à la Mansard, ainsi que le fronton du pavillon qui regarde la ferme, indiquent bien cette période. Enfin l’inventaire des titres signale des marchés passés par les Cordeliers le 1er juin 1692 et le 5 novembre de la même année avec des charpentiers et des tailleurs de pierres pour « causes de réfections et réparations de leur couvent ». — En 1648, les Cordeliers s’étaient déjà fait donner du bois nécessaire « aux réparations de la maison ». — De plus, en 1678 un emprunt fait par les Cordeliers, de petite importance il est vrai, 600 livres, mais qui ne fut remboursé qu’en 1700.

Le produit de la vente de l’hôtel Saint-Pierre n’aurait-il pas été utilisé pour la réfection du couvent? Par ailleurs, il est visible qu’il a été opéré des remaniements, au cours du 19e siècle, et peut-être à la fin du 18e siècle. Le 21 mai 1791, M. Le Harivel, devenu propriétaire, avait demandé au District et il en avait obtenu l’autorisation, de procéder à la démolition d’une partie de l’immeuble qui, disait-il, était en très mauvais état et lui paraissait inutile pour «une habitation commode ». Le reste devait être réparé.

Période(s) Secondaire : 19e siècle

La description du couvent Saint-François par Emile Pautrel au début du 20e siècle nous permet de connaître ce site.

D'après ses écrits, le pignon de l'église avait été entièrement reconstruit, avec remploi de quelques matériaux anciens, parmi lesquels on peut citer l’appareillage de la grande porte qui semble être du 15e siècle et deux écussons martelés dont le cordon de l'Ordre de Saint-Michel. Par contre un autre écusson placé au milieu du pignon était plus récent. La rose et le rampant du pignon, lequel se terminait par une élégante croix étaient récents aussi. La face intérieure de ce pignon était restée inachevée. Alors que les autres murs étaient recouverts d’un enduit, celui-là était resté brut ; on voyait même encore les trous de boulins.

Le reste de l’église paraissait appartenir au 15e siècle ; les fenêtres (quatre étaient percées dans la côtière Sud ; elles sont de dimensions inégales ; deux sont murées), de style flamboyant, sont à un seul meneau, à l’exception de celle du chevet qui en compte deux. Cette dernière fenêtre est d’un dessin très pur et très élégant ; elle est vraiment remarquable.

A l’intérieur, sur un jambage de fenêtre, dans la côtière Nord, se voit un écusson ancien gravé dans l’ébrasement des pierres de l’appareillage ; c’est très probablement l’écusson des Chauvel de la Fontaine (La Chèze). L’écusson est gravé sur une pierre de l’appareillage d’une fenêtre qui paraît remonter au 15e siècle ou au début du 16e siècle ; mais l’écusson a pu être sculpté après la construction de la fenêtre), d’argent à 3 branches de chêne englantées de sable, posées en fasces. Un autel de la chapelle était dédié à la Sainte Vierge.

Vers 1925, la chapelle désaffectée est divisée en deux étages par un plancher sur la moitié de sa longueur ; à l’étage supérieur avait été aménagé un petit oratoire. On voyait jadis dans cet oratoire des stalles d’un certain mérite qui paraissaient être du 16e siècle. Elles ont été vendues depuis. La charpente, assez remarquable, paraît contemporaine de celle de l’église abbatiale de Paimpont.

Une des curiosités de la chapelle consiste dans la présence de cinq à six pots acoustiques encastrés dans un des murs. De ces pots acoustiques destinés à éviter les résonances désagréables, on ne connaît actuellement que bien peu d’exemples encore en place.

Vers le chevet, au rez-de-chaussée, une petite manivelle pourrait, selon la remarque de M. le chanoine Mathurin, avoir servi à actionner un rideau pour masquer une fenêtre ou même peut-être pour isoler le choeur, ainsi que l’on fait dans quelques ordres religieux, pendant la célébration de l’office.

Façade sur la Cour.

La partie inférieure doit appartenir au 15e siècle. La façade a par ailleurs visiblement été remaniée. Elle comportait six frontons à l’étage mansardé ; au premier étage six petites fenêtres devaient probablement éclairer un long couloir ; au rez-de-chaussée trois portes en anse de panier, avec chanfreins abattus en gorge et relevés en contre-pointe au milieu de l’arcade ont bien le même aspect que certaines portes des grosses tours du château de Fougères, lesquelles sont du 15e siècle. M. le chanoine Mathurin, curé-doyen de Saint-Sulpice, pense que cette façade devait vraisemblablement être précédée d’un cloître. Un mur dont on voit encore les traces au ras du sol, parallèlement à la façade, devait supporter les colonnes. Un grand nombre de pierres moulurées, toutes semblables, dont quelques-unes servent aujourd’hui de socles aux poteaux d’un hangar de la ferme, doivent provenir de ce cloître disparu.

Il est probable que la galerie couverte qui courait le long de la façade devait aux deux extrémités se retourner perpendiculairement, d’une part contre la chapelle, et d’autre part le long d’un bâtiment disparu, démoli par M. Madiot qui le remplaça par un élégant pavillon beaucoup moins long. Le cloître devait ainsi avoir une certaine ampleur ; il se prolongeait peut-être jusqu’au mur qui fermait la cour.

Façade sur l’étang.

L’aspect de la façade sur l’étang peut faire illusion sur la date de sa construction : les chanfreins en gorge des petites fenêtres des cellules du premier étage, la forme en anse de panier des voûtes des ouvertures du rez-de-chaussée pourraient porter à croire à l’ancienneté de la façade. Mais si l’on considère la toiture à la Mansard qui implique pour le moins un remaniement au 17e siècle ; si l’on porte attention au caractère d’unité de la façade qui semble faite d’un seul jet ; si l’on considère l’excessive simplicité de l’appareillage des ouvertures du rez-de-chaussée où l’on n’aperçoit ni moulure ni chanfrein, sauf à la porte du milieu dont l’arête est abattue en gorge ; si l’on remarque encore que la gorge de cette porte ne se relève pas en contre-pointe au milieu du cintre, et que la rose ovale qui la surmonte n’est même pas chanfreinée, bien qu’elle appartienne au même appareillage ; si l’on examine enfin la couleur de certaines pierres qui semblent relativement neuves ; si l’on pense à tout cela on devient hésitant ; on n’ose plus attribuer une date ancienne à cette façade.

Et si l’on se rappelle qu’à la fin du 17e siècle et au début du 18e les ouvertures en anse de panier sont fréquentes ; et qu’à Fougères notamment elles furent à cette époque en grande vogue, on est amené à supposer que toute la façade est de la fin du 18e siècle ; avec cette restriction cependant que les fenêtres du premier étage, en partie tout au moins, furent construites avec des pierres de remploi provenant d’un édifice plus ancien. La façade a d’ailleurs belle apparence avec ses six frontons, ses treize petites fenêtres carrées qui aéraient les cellules des moines, et les onze fenêtres et les deux portes du rez-de-chaussée, voûtées, comme nous l’avons dit, en anse de panier. A une extrémité, le chevet droit de la chapelle fait une légère saillie sur le grand corps de logis. A l’autre extrémité le pignon d’un pavillon paraissant ancien formait également saillie. Dans ce pignon ont été pratiquées des ouvertures relativement modernes.

Les alentours.

La cour d’honneur du couvent, dans laquelle se trouvait le cloître, et à laquelle on accédait par une avenue, était fermée par un haut portail qui lui aussi paraît être du 17e ou du 18e siècle.

Au bout de l’avenue une petite maison pouvait servir de loge au Frère portier. Un oratoire de dimensions fort restreintes se trouvait au bord du chemin dans la direction du moulin ; il était encastré dans le mur de l’enclos, et sa façade était ouverte, défendue seulement par des barreaux de bois. Un autel était surmonté de la statue de saint François d’Assise. Il devait y avoir aussi une statuette de la Vierge, car cet oratoire est parfois appelé : « Chapelle de Bon-Secours ».

Murs granite
Toit ardoise
Couvertures
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.