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Ancien couvent d'ursulines, actuellement collège Jules Ferry (Quimperlé)

Dossier IA29000485 réalisé en 2001

Fiche

Á rapprocher de

Genre d'ursulines
Vocables Notre-Dame, saint Joseph
Destinations collège
Parties constituantes non étudiées cour, jardin, chapelle
Dénominations couvent, collège
Aire d'étude et canton Quimperlé - Quimperlé
Adresse Commune : Quimperlé
Adresse : avenue Jules Ferry
Cadastre : 1981 AS 222

En 1652, les ursulines de Tréguier, par lettres patentes de Louis XIV, avec le consentement de l´évêque de Cornouaille, de l´abbé de Sainte-Croix et de la communauté de la ville, sont autorisées à fonder un établissement. La communauté s´installe d´abord en basse ville, dans le quartier du Gorréquer. Dans un vaste périmètre à la limite de la haute ville, Claude de Kerouartz, première supérieure, fait l´acquisition, en 1665, de la métairie de Bel Air en vue d´établir la communauté qui se destine à l´instruction et l´éducation des filles. Sous Claude de Kerouartz, le chantier, favorisé par l´apport financier de familles locales influentes (Penfeunteunyo, Lohéac), débute en 1667 (église Notre-Dame, premiers murs de clôture). En 1674 (date regravée), les bâtiments conventuels sont achevés, tout comme l´église dont l´élévation nord, modifiée plus tard, était sans doute couronnée d´un simple fronton triangulaire dont subsistent des traces sous forme d´amorce d´un pignon découvert. Le coût de cette campagne de construction aurait dépassé 60 500 livres. Dans la chapelle, le lambris de couvrement reçoit un décor peint qui sera détruit par un incendie en 1683. La nef de l´église communiquait, à l´ouest, avec le choeur des religieuses, à l´est avec une chapelle dédiée à saint Joseph. Aménagé dans un angle, un escalier en vis donnait accès à un oratoire (appelé haut choeur) qui permettait d´assister aux offices depuis les cellules de l´étage ; cette disposition figure encore sur le relevé fait par l´architecte Bigot en 1865. En 1683, un incendie ravage la totalité des parties supérieures du bâtiment nouvellement construit. Un procès verbal indique non seulement l´étendue du sinistre mais permet aussi d´entrevoir certaines caractéristiques architecturales et fonctionnelles des espaces (voir annexe 1). Une campagne de reconstruction, en grande partie à l´identique, avec reprises visibles au niveau des combles, a lieu entre 1684 et 1689 : reconstruction probable du pignon de l´église et mise en place d´un nouveau clocher à dôme (disparu) qui figure sur le dessin de Robien de 1737 ; l´ancien clocheton est ne semble pas avoir été rebâti. Entre 1688 et 1690, construction, dans le sud-est de l´enclos, de la chapelle Notre-Dame du Grand Pouvoir ; l´édifice qui figure sur le cadastre de 1825 et le plan de Troalen de 1924, a disparu au début des années 1930. Entre 1711 et 1716, mise en place d´un portail d´entrée au nord et d´une seconde clôture à l´ouest. Les travaux sont exécutés par Mathieu Mahé, maître-maçon, également actif au cloître de l´abbaye Sainte-Croix ; ces éléments figurent encore sur des photographies anciennes. En 1720, construction, pour plus de 37 000 livres, de l´aile ouest (cloître, réfectoire, dortoirs), du pavillon sud-ouest, d´un escalier et d´une courte aile en retour d'équerre à trois travées représentée sur le dessin de Robien exécuté en 1737. Entre 1733 et 1789, plusieurs parties de la ferme de Bel Air, logements, laiterie, écuries, étables et porcheries, ont été construits ou reconstruits (le logis en 1733, la buanderie en 1761, le pressoir à cidre en 1767, la boulangerie en 1789). En 1789, le domaine (bâtiments conventuels, jardins potagers, jardins d´agrément, vergers, dépendances agricoles) couvre une surface d´environ 15 hectares. Expulsion des religieuses et vente comme bien national en 1792. Retour de la congrégation et reprise de l´enseignement à partir de 1803. Le plan cadastral de 1824 reflète l´ensemble de l´emprise foncière et d´un plan-masse sans doute peu différent de l´état antérieur à la Révolution. Un petit cimetière jouxte le chœur des religieuses au nord. Les bâtiments de service sont toujours regroupés autour de la métairie de Bel Air. En 1827, réfection de la charpente et de la toiture de l´église et mise en place du lambris peint actuellement en place (voir dossier). En 1846, fermeture du cloître par des baies vitrées. En 1851, commande de 4000 tuiles en terre cuite acheminées depuis Nantes par voie maritime. En 1856, mise en place des fausses voûtes en plâtre du cloître par Brévini père, plâtrier et entrepreneur de Quimperlé. En 1865, construction de l´aile sud (cloître, réfectoire, salles de classe, dortoirs) d´après les plans de l´architecte diocésain Joseph Bigot dont le projet initial prévoyait la fermeture totale du cloître ; le granite provient de carrières de Baye et de Pont-Aven. Entre 1868-1869, travaux dans l´église : carrelage, restauration des peintures du lambris de couvrement, dorure et peinture des autels, mise en place de retables, commande de verrières auprès de l´atelier du Carmel du Mans. En 1880, agrandissement des baies du chœur des religieuses, travaux exécutés par l´entrepreneur Le Naour de Quimper. En 1888, hors du cloître, rajout d´une aile perpendiculaire au sud-est (salles de classe, dortoirs), d´après les plans du chanoine Jean-Marie Abgrall. En 1895, prolongeant l´aile est en retour d´équerre, construction d´un corps de bâtiment de quatre niveaux, de style néoclassique, d´après les plans de Jules Loire, architecte et maire de Lorient ; les travaux sont réalisés par l´entrepreneur Alphonse Gourier de Quimperlé. En 1907, suite à la loi de séparation des Églises et de l´État, départ des ursulines et installation d´une école primaire supérieure de jeunes filles. Dès 1907, un projet visant à diviser en lots les anciennes terres dépendantes de la ferme de Bel Air voit le jour, base d´un nouveau quartier à proximité de la gare et de la place Saint-Michel. Mais ce n´est qu´après 1920, suite à la démolition de la ferme de Bel Air et à la mise en place d´un réseau de voies desservant le futur quartier résidentiel, que le domaine est progressivement loti et proposé à la vente. Entre 1925 et 1935, le secteur est urbanisé suivant les plans de Troalen, ingénieur de travaux publics ; au nord, l´enceinte est alors partiellement supprimée, tout comme l´ancienne allée d´accès qui disparaît lors du percement de la rue Jules Ferry. Entre 1941 et 1944, sous l´occupation allemande, les bâtiments réquisitionnés servent de caserne et de siège de la Gestapo (voir dossier graffiti). Ils retrouvent, en 1946, leur fonction d´établissement scolaire public et abritent aujourd´hui le collège Jules Ferry. L´ancienne église conventuelle, propriété de la commune, sert depuis 1996 de lieu d´exposition. En 2002, un projet de restauration, de restructuration et d´agrandissement de l´établissement scolaire, propriété du département, est en cours de réalisation.

Période(s) Principale : 2e moitié 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle
Dates 1674, porte la date
Auteur(s) Auteur : Bigot Joseph, architecte diocésain, attribution par travaux historiques
Auteur : Brevini, entrepreneur, attribution par travaux historiques
Auteur : Gourier Alphonse, entrepreneur, attribution par travaux historiques
Auteur : Loire Jules, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Mahé Mathieu, maître maçon, attribution par travaux historiques
Auteur : Le Naour, entrepreneur, attribution par travaux historiques
Personnalité : Kerouartz Claude de, commanditaire, attribution par source

Les bâtiments conventuels du 17e siècle, construits suivant un plan en U, sont cantonnés, aux extrémités est et ouest, de deux pavillons. Deux courtes ailes en retour d´équerre abritent les deux cages d´escalier de la première campagne de construction.Tous les corps de bâtiment comptent un étage carré et un étage de comble. L´aile est et la partie est de l´aile nord, bâties sur un terrain en déclivité, possèdent un étage de soubassement ; celui situé dans l´aile nord, également accès principal de l´ancien couvent, abrite les anciens parloirs (actuellement caves et pièces de service). La chapelle qui s´élève, en retour d´équerre, au nord des bâtiments conventuels, communiquait, à l´origine, avec le cloître situé au sud (baies bouchées). Disparue, l´ancienne chapelle latérale est, formant faux-transept, figure sur une photographie ancienne. L´ancien choeur des religieuses est séparé de la nef par un arc diaphragme qui était, au début du 20e siècle, muni d´un remplage en bois, d´une grille à claire-voie et de volets ; l´arc conserve les vestiges d´un décor peint (décor floral). S´ouvrant sur un préau planté, le cloître à trois galeries est couvert de fausses voûtes d´arête en plâtre. Un pilier sud du cloître porte l´inscription « IHS divine providence fondement et soutien de ce monastère 1720 ». D´autres piliers (sud et est) portent les dates 1865 et 1895 et les noms de personnages vénérés (Joseph, Joachim, Anna, Ursule, Charles, Ignace, Roch, Louis de Gonzague, Angèle, Antoine, Corentin).

Murs granite
enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Plans plan régulier en U
Étages sous-sol, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
toit en pavillon
flèche polygonale
noue
pignon découvert
Escaliers escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie

Les parties construites dans la seconde moitié du 17e siècle partagent, avec les autres établissements d´ursulines en Bretagne, une même conception architecturale issue de la Réforme catholique et largement promue par les jésuites. Elément fort, l´église s´ouvrait vers la ville, alors que le vaste espace conventuel, clos de murs, en était symboliquement et matériellement séparé. L´église présente des analogies évidentes avec celle - contemporaine - des ursulines du Faouët (Morbihan) alors que le cloître se compare à celui, contemporain, de l´abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Malgré un certain nombre d´agrandissements et de modifications, l´ensemble a conservé sa structure d´origine, des éléments intérieurs intéressants (cheminée, escaliers, charpente) et, ce qui est rare, sa vocation première d´enseignement. Les interventions des architectes Joseph Bigot et Jules Loire ainsi que celle du chanoine Abgrall à la fin du 19e siècle aboutissent à un doublement des constructions existantes et font de l´ancien couvent d´ursulines un des plus grands établissements scolaires du sud du département. Certaines pièces dont la conservation s´impose, gardent la mémoire d´un usage temporaire durant la Seconde Guerre mondiale.

Statut de la propriété propriété du département
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1927/05/21
inscrit MH, 1986/05/14

Annexes

  • Etat après l´incendie de 1683

    « Dans un pavillon du côté levant à trois stages ou il y avait des voûtes au premier étage, tout a été incendié et brûlé et il n´y reste que des murailles (...) ; dans l´aile droit du bâtiment du côté de l´orient, à quatre étages de hauteur, tout a été pareillement incendié et (...) n´est resté que murailles sans portes, fenêtres ni couvertures (...). Dans cet endroit de bâtiment, il y avait le grand parloir, la classe, les greniers, la cuisine et huit chambres de religieuses (...). Dans le corps de bâtiment jusqu´à l´église du côté du nord contenant quatre étages, il y avait six parloirs, les tours de la maison [il s´agit sans doute de ce dispositif tournant en bois aménagé dans l´épaisseur d´un mur destiné à déposer les enfants abandonnés], la sacristie, la chapelle Saint Joseph, le haut choeur, douze chambres et des greniers ou étaient les provisions de la maison (...), lesquels bâtiments étaient entièrement brûlés sans aucune porte, fenêtre, charpente ni couverture et qu´il n´y est resté que les murailles endommagées (...). L´église est entièrement consumée sans autre reste que les murailles (...) ; sur ladite église, il y avait un dôme à trois étages avec une pyramide garnie de plomb, sur le précédent bâtiment, il y avait un autre dôme et une cloche lesquelles dômes et cloche ont été tous consumés (...). La couverture du cloître est entièrement perdue et défaite comme aussi plusieurs lambris qui y étaient (...). La couverture du choeur [des religieuses] jusqu´au dernier dôme qui est resté, a été entièrement démoli pour arrêter le feu (...). La plus grande partie des meubles que l´on a pu sauver ont été entièrement cassés et brisés pour avoir été jetés par l´abondance du peuple qui vint pour arrêter le feu. »

    A.D. Finistère, 39 H 5.

  • 20042903283NUCA : Archives nationales, IV Finistère.

    20042903284NUCA : Bibliothèque municipales de Rennes

    20042903285NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 292.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère, 39 H 5-6.Titres de propriété et constituts, 1652-1785.

  • A.D. Finistère, 100 J 813. Inventaire de 1792.

  • A.D. Finistère, 3 P 292. Cadastre de 1824, section F.

  • A.E. Quimper. Fonds Bigot, 8 L. 19e siècle.

  • A.C. Quimperlé. Plan d´aménagement et d´embellissement de la ville de Quimperlé, 1924-1925 par M. Troalen, ingénieur des travaux publics de l´Etat.

Bibliographie
  • AUDRAN (F.). Fondation des ursulines de Quimperlé et état du couvent en 1717. Dans : Société archéologique du Finistère , 1878-1879.

    p. 34-44
  • LETENNEUR, Véronique. Le couvents des ursulines de Quimperlé. Mém. maîtrise : Histoire de l´Art : Rennes, Université de Haute Bretagne : 1992 [inédit ; dactylographié].

  • PROVOST, Georges. Les couvents des ursulines dans les diocèses de Quimper et de Léon aux 17e et 18e siècles. Mém. maîtrise : Hist. : Rennes, Université de Haute Bretagne : 1986 [inédit ; dactylographié].

  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Finistère. Collection Images du Patrimoine n° 217, Rennes, 2002.

    p. 66

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