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Abbaye Saint-Maurice (Clohars-Carnoët)

Dossier IA29000634 réalisé en 2001

Fiche

  • Intérieur de l'ancienne salle capitulaire
    Intérieur de l'ancienne salle capitulaire
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • cloître
    • salle capitulaire
    • logis abbatial
    • église
    • chapelle
    • orangerie
    • grange
    • puits
    • jardin d'agrément
    • verger
    • portail
    • moulin
    • étang
    • vivier
    • fontaine
    • bâtiment conventuel

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1160-1200 : Conan IV, duc de Bretagne, donne aux cisterciens de Langonnet des terres situées aux bords de la Laïta, en lisière de la forêt de Carnoët, pour établir, par les soins de Maurice, abbé de Langonnet, une abbaye dédiée à Notre-Dame qui prendra dès le 13e siècle le vocable de son fondateur connu pour ses miracles opérés en basse Bretagne.

Vers 1250 : Pas de traces architecturales du premier établissement. Jardins, vergers, étang et vivier sont mentionnés, d´après Abgrall, dans un document de 1225 retranscrit en 1658. Construction de la salle capitulaire et probablement du chartrier, encore en place. La salle capitulaire sert, comme le choeur de l´église, de lieu de sépulture.

Début 15e siècle : Reconstruction du choeur de l´église par Guillaume de Keresper. Des vestiges de cette époque (baie, niche) semblent être en place dans le parement sud de la nef (ruinée).

Fin 16e siècle : D´après Abgrall, réparation de certains bâtiments (non précisés) par Pierre du Vieux Chastel. En 1600, l´ensemble est en bon état.

1636 : Dubuisson-Aubenay mentionne, dans son "Itinéraire de Bretagne", la sépulture de Maurice, premier abbé, inhumé dans l´église : " Son tombeau est élevé et resserré dans la paroy boréale du sanctuaire de l´église. Et dans le chapitre du cloistre, il y a une autre tombe fort élevée en pierre dur avec ces mots CARIOU ABBAS qui fut le 6e abbé, mort en 1295 ".

1681-1727 : Sous Pierre-Guillaume de la Vieuxville, abbé commendataire et évêque de Saint-Brieuc entre 1721 et 1727, reconstruction, en 1685, de l´élévation ouest de l´église et probablement de la partie sud des bâtiments conventuels, tout en conservant la salle capitulaire et le chartrier, englobée dans le nouveau chantier. Construction ou reconstruction du logis abbatial.

1737 : Plan de l´abbaye dressé par Gannepon ; la copie faite par Joseph Bigot au milieu du 19e siècle (original non retrouvé) n´est elle-même connue que par une copie de qualité médiocre. Elle reflète néanmoins la structure de l´ensemble (église, cloître, communs, grange, logis abbatial) telle qu´elle perdurera jusqu´au 19e siècle.

Milieu ou 2e moitié 18e siècle : construction de l´orangerie et peut-être des communs (ateliers ?) au nord de la clôture, connus par une photographie.

1790 : Vente comme Bien National. L´ensemble est composé de bâtiments conventuels (église avec clocher et trois cloches, cuisine, caves à vin et à cidre, chambres d´hôtes, réfectoire, infirmerie, salles, chambres et dortoirs au rez-de-chaussée et à l´étage, bibliothèque avec environ 1000 ouvrages), du logis abbatial associé à une métairie, de communs abritant ateliers, logements, four à pain, pressoir, remise, écurie, d´un pavillon de jardin et d´une orangerie. Dans l´inventaire des biens de l´abbaye figurent, d´après Abgrall, un certain nombre de pièces d´orfèvrerie (ciboire, boîte aux saintes huiles, calices, chandeliers, croix, crosse et bénitier), ainsi que les reliques du saint fondateur conservées dans un reliquaire (actuellement église paroissiale de Clohars-Carnoët). Ruine de l´église.

1823 : Les bâtiments figurent, peu modifiés dans leur emprise au sol par rapport au schéma de 1737, sur le plan cadastral.

1849 - 1860 : Joseph Bigot, architecte diocésain, dessine en 1849 une baie à réseau gothique, peut-être un vestige provenant de l´église ruinée. Disparition du cloître et des autres parties conventuelles. Acquisition par Léon Lorois (1837-1909), député du Finistère en 1877, et son épouse, Marie Conte de La Maisonfort (1848-1899), qui transforment les anciens bâtiments conventuels (aile sud) en lieu de résidence. Une chapelle domestique est aménagée à l´étage, au-dessus du bras sud de l´ancienne église abbatiale. Les débuts des travaux restent difficiles à cerner. Les architectes Bigot, père et fils, y interviennent probablement depuis 1860. Il se peut que les travaux soient confiés, dans un premier temps, à Joseph Bigot auquel incombe de restructurer l´ensemble. Les bâtiments annexes hors clôture abritent une exploitation agricole.

1882-1885 : Travaux d´aménagement secondaires exécutés par Gustave Bigot (rajout d´une cuisine au sud ouest) ; les croquis montrent que les travaux se greffent sur un bâtiment du 18e siècle, par ailleurs connu par des photographies dont certaines figurent également l´intérieur de la demeure (couloirs, salles, chapelle). Consolidation de l´ancienne salle capitulaire, augmentation de l´épaisseur murale, à l´extérieur, entre les baies, et réfection des joints en ciment. Aménagement d´un jardin au sud. Mise en place d´un portail en fer forgé aux initiales de Lorois. Le moulin à marée figure sur les vues de cette époque.

1919 : Le domaine appartient à la famille de Rodellec du Porzic, héritiers de Léon Lorois. Abgrall note la qualité des jardins et l´excellence des potagers et vergers ; l´auteur compare la salle capitulaire, « toute fraîche, toute pimpante, toute neuve », à celles de Langonnet et du Relecq.

1940-1945 : Réquisitionné par l´armée allemande, le château est incendié lors des combats de Lorient.

1953 : Disparition des corps de bâtiments ruinés, à l´exception de la salle capitulaire, de l´ancien logis abbatial, de l´orangerie et d´une partie des communs.

1956 : L´ancienne salle capitulaire est inscrite à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques.

1964 : Le site comprenant la rive droite de la Laïta aux abords de l´ancienne abbaye est inscrit.

1991 : Le domaine de 120 hectares devient propriété du Conservatoire du Littoral.

1995 : L'ensemble des immeubles bâtis et non bâtis composant l'ancienne abbaye Saint-Maurice, y compris les sols archéologiques et les allées d'accès, mur d'enceinte, portails, douves et étang, est inscrit à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques.

1995-2002 : Restauration progressive des bâtiments (à l´exception de l´ancienne procure, en voie de disparition), des clôtures et des espaces végétaux.

Genrede cisterciens
VocablesNotre-Dame, Saint-Maurice
Parties constituantes non étudiéescloître, salle capitulaire, logis abbatial, église, chapelle, orangerie, grange, puits, jardin d'agrément, verger, portail, moulin, étang, vivier, fontaine, bâtiment conventuel
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonQuimperlé - Quimperlé
HydrographiesLaïta la
AdresseCommune : Clohars-Carnoët
Lieu-dit : Saint-Maurice
Cadastre : 1823 B2 ; 1981 B2 388-408

Fondation vers 1160 par le duc de Bretagne, Conan IV. Pas de traces architecturales du premier établissement, à l´exception de l´ancienne salle capitulaire construite vers 1250. Jardins, vergers, étang et vivier attestés en 1225. Reconstruction du choeur de l´église au début du 15e siècle. Réparation de certains bâtiments à la fin du 16e siècle. Grande campagne de reconstruction entre 1681 et 1727 (façade ouest de l´église, bâtiments conventuels, logis abbatial). Anciens communs et orangerie milieu ou 2e moitié du 18e siècle. Vente en 1790, disparition de l´église et dégradation des bâtiments. Entre 1850 et 1885, transformation des bâtiments conventuels en château et aménagement des jardins par Léon Lorois, député du Finistère. Château incendié en 1945 et détruit en 1953. Depuis 1991, le domaine de 120 hectares est propriété du Conservatoire du Littoral et des espaces lacustres ; il assure l´accueil, la restauration des bâtiments et la mise en valeur des espaces végétaux.

Période(s)Principale : milieu 13e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Secondaire : 1er quart 15e siècle
Secondaire : 4e quart 16e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates1685, daté par travaux historiques
1885, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Bigot Gustave architecte attribution par source
Auteur : Bigot Joseph architecte diocésain attribution par source
Personnalité : Keresper Guillaume de commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Vieux Chastel Pierre de commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Vieuxville Pierre Guillaume de commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Lorois Léon commanditaire attribution par travaux historiques

L'ancien ensemble monastique, en majorité disparu, peut être schématiquement restitué grâce à la documentation qui confirme des dispositions courantes pour un établissement cistercien. Murs en moellon de schiste et de granite, à l'exception de la façade de l'église, en pierre de taille de granite. Fontaine couverte d'une couverture en granite.Toitures en ardoise, à l'exception de la grange, en chaume. Ancienne salle capitulaire à deux vaisseaux couverts de voûtes d´ogives ; les chapiteaux à corbeilles ornées de crochets feuillagés sont portés par des piliers cylindriques. L'ancien bâtiment conventuel, couvert d'un toit à croupe brisée, présentait des élévations ordonnancées à travées. Aménagement de jardins en terrasses entre l'ancien logis abbatial et l'ancienne orangerie. L'escalier de l'ancien logis abbatial, en vis sans jour, est en maçonnerie dans la partie inférieure, en bois dans la partie supérieure. Puits circulaire en granite avec superstructure en fer.

Mursschiste
granite
moellon
pierre de taille
Toitardoise, chaume, granite en couverture
Étages1 étage carré, comble à surcroît, étage de comble
Couvrementsvoûte d'arêtes
Élévations extérieuresélévation ordonnancée, jardin en terrasses
Couverturestoit à deux pans
croupe brisée
pignon découvert
noue
Escaliersescalier en vis sans jour en charpente, en maçonnerie
Énergiesénergie hydraulique
États conservationsvestiges, désaffecté, restauré

Parmi les quatre abbayes cisterciennes de Cornouaille (Coatmalouen, Bon-Repos, Langonnet), Carnoët forme la limite occidentale des installations de cet ordre monastique en Bretagne. Si la beauté du site est restée intacte, il n´en va pas de même pour les bâtiments qui ont connu, au cours des siècles, des phases de création, d´abandon ou de réhabilitation successives, en évoluant d´un lieu monastique et agricole vers une demeure de notable. Le lieu a retrouvé, depuis 1991, une vocation nouvelle au sein d´un domaine de 120 hectares géré et animé par le Conservatoire du Littoral qui accueille le public dans l´ancienne orangerie. Vestige insolite dans un cadre de verdure, l´ancienne salle capitulaire (vers 1250) montre une telle parenté avec celle, contemporaine, de Langonnet (Morbihan) que l'attribution à un même atelier paraît probable. Empreinte du style de l´Ile-de-France introduit par les ducs et les ecclésiastiques, il s´agit d´une réalisation majeure du premier art gothique en Bretagne qu'il convient également de comparer à la salle capitulaire de l´abbaye de l´Épau au Mans (Sarthe). Entre 1650 et 1730, l´abbaye connaît une période de prospérité dont témoigne la façade occidentale de l´église reconstruite en 1685. Fidèle à la conception architecturale introduite dans le cadre de la Réforme catholique, elle se compare aux chapelles des ursulines du Faouët ou de Quimperlé ou encore à l'ancien couvent-hôpital de Guingamp.

Statut de la propriétépropriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablessalle capitulaire
Protectionsinscrit MH, 1956/05/02
inscrit MH, 1995/08/08
Précisions sur la protection

Ancienne salle capitulaire inscrite en 1956. Site inscrit en 1964 (rive droite de la Laïta, section A, parcelles 421-425, 1168, section B, parcelles 385-416, 504-526). Inscription de l'ensemble des immeubles bâtis et non bâtis composant l'ancienne abbaye Saint-Maurice, y compris les sols archéologiques et les allées d'accès, mur d'enceinte, portails, douves et étang en 1995.

Annexes

  • 20022901209NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 101.

    20022901210NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 101.

    20022901211NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 101.

    20002900405X : Archives départementales du Finistère, 1Fi.

    20022901212NUC : Musée Trochu, 78550 Maulette

    20002900411X : Archives départementales du Finistère, 1Fi.

    20022901215NUCA : Archives de l'Evêché, Quimper, 8L.

    20022901216NUCA : Archives de l'Evêché, Quimper, 8L.

    20022901217NUC : Musée Trochu, 78550 Maulette

    20022901218NUC : Musée Trochu, 78550 Maulette

    20022901219NUC : Musée Trochu, 78550 Maulette

    20022901220NUCA : Musée Trochu, 78550 Maulette

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère (3 P 101). Tableau d'assemblage de 1823 , échelle 1/10 000. De Foresta, préfet, Andouy, maire, Dessaux et Azémar, géomètres.

  • A.D. Finistère (3 P 101). Extrait du cadastre de 1823, section B2 dite de Saint-Maurice , échelle 1/2500. De Foresta, préfet, Andouy, maire, Dessaux et Azémar, géomètres.

  • A.D. Finistère (3 P 101). Extrait du cadastre de 1823, section B3 dite de Saint-Maurice , échelle 1/2500. De Foresta, préfet, Andouy, maire, Dessaux et Azémar, géomètres.

  • A.D. Finistère (7 H 70). Inventaire des titres et pièces provenant de l'abbaye de N.-D. ou de St. Maurice, par C. Le Goyat, 1849.

  • A.D. Finistère, 1 Fi (cartes postales).

  • A.E. Quimper, 8 L, fonds Bigot.

Bibliographie
  • DUBUISSON-AUBENAY. Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Recueil d'actes, d´actes, de chroniques et de documents inédits, t. IX. D´après le manuscrit original, avec notes et éclaircissements, par L. Maître et P. de Berthou, Nantes, 1868.

    p. 98
  • ABGRALL, Jean-Marie. Excursion archéologique à Quimperlé et Saint-Maurice. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, tome XLVI, 1919, p. 3-19.

  • PEYRON, Paul, ABGRALL, Jean-Marie. Clohars-Carnoët. Diocèse de Quimper et de Léon. Notices sur les paroisses. Quimper, 1906-1919.

    p. 242-265
  • MUSSAT, André. Arts et cultures de Bretagne. Un millénaire. Paris, 1979.

    p. 53-54
  • DUFIEF, André. Les cisterciens en Bretagne, XIIe - XIIIe siècles. Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1997.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Artistes, artisans, ingénieurs en Bretagne. A.P.I.B. (Association pour l´Inventaire de Bretagne), Bruz, 1998.

    notice 08523
  • CASSARD, Jean-Christophe. L'autre saint de Quimperlé : Maurice de Carnoët. dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère , tome CXXVIII, 1999, p. 321-333.

  • CROIX, Alain, VEILLARD, Jean-Yves (dir.). Dictionnaire du patrimoine breton. Illustration sur CD, article Laïta , estampe anonyme, début 19e siècle ? (Musée de Bretagne, Rennes). Rennes, 2000.

  • QUAGHEBEUR, Joëlle. La Cornouaille du 9e au 12e siècle. Mémoire, pouvoirs, noblesse. Société archéologique du Finistère, Quimper, 2001, p. 329-340.

  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Images du Patrimoine , n° 217, Rennes, 2002.

    p. 25-27

Liens web